‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 2 sur 48 · B. — MÉDECINE ET THÉRAPEÜTIQUE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

B. — MÉDECINE ET THÉRAPEÜTIQUE EXPÉRIMENTALE

1“ Le sang des animaux mccinés contre une infection 'peut, lorsque il est transfusé à un animal sensible, lui conférer une immunité plus ou moins complète {Comptes rendus, 5 novembre 188,8).

Cette note du 5 novembre, en collaboration avec J. Héricourt, constitue l’expérience fondamentale de l’hématolhérapie.

Peu de temps après (7 juin 1890), M. Bouchard montrait que le traitement par le sérum était identique au traitement par le sang, et les admirables travaux de Behring et de Roux établissaient que la sérothérapie est puissamment efficace dans la diphthérie, puisque elle abaisse la mortalité de 45 p. 100 à

C’est donc à Behring et à Roux que revient l’honneur d’avoir appliqué la sérothérapie à la diphthérie; mais je crois avoir le droit de revendiquer, sans que d’ailleurs personne le conteste, la découverte du principe général de la méthode ; injection du sang dun animal vacciné contre une maladie infectieuse comme traitement de cette maladie infectieuse;

De fait, la première injection séroltiérapique qui ait été pratiquée sur l’homme a été faite par nous le 6 décembre 1890 (Voyez plus loin 10 00)32, p. 47).

2“ Mes études de toxicologie et de thérapeutique expérimentale ont fourni des notions nouvelles au traitement de diverses maladies. Il est évident, en effet, que les progrès de la thérapeutique sont intimement liés ii l’étude physiologique des médicaments.

A. J ai introduit dans la thérapeutique un médicament nouveau, le chloralose (en collahoration avec M. Hanriot). Outre ses

propriétés hypnotiques précieuses, qui en font un médicament devenu usuel, le chloralose peut reuiplacer le curare dans les investigations physiologiques; car il abolit la sensibilité à la douleur, en respectant les propriétés réflexes de la moelle épinière (1893-1894).

B. J’ai pu prouver (en collaboration avec R. Moutard-Martin), que tous les sucres sont des substances diurétiques, et que le lait doit ses propriétés diurétiques au sucre qu’il contient. Ce fait a reçu depuis près de vingt ans de nombreuses applications thérapeutiques. L’usage du lactose comme diurétique est devenu général (1880-1884).

C. J’ai démontré que, si l'on élimine plus ou moins complètement de l’alimentation le chlorure de sodium, on contraint l’organisme a fixer les sels médicamenteux introduits dans le sang par l’alimentation.

L’application de ce principe conduit à une conclusion pratique très importante. Les malades atteints d’épilepsie doivent absorber des doses énormes de bromure de potassium (10 à Ib grammes par jour) pour que leurs accès soient arrêtés. Mais J’ai prouvé, en collaboration avec E. Toulouse, que, ni on les soumet il un régime alimentaire tel qu’ils n’ingèrent plus que 2 ou 3 grammes de chlorure de sodium par jour, la dose thérapeutique efficace de bromure de potassium peut être abaissée à 1 et 2 grammes seulement par vingt-quatre heures. A cette faible dose le bromure de potassium est inoffensif, et cependant extrêmement efficace, si simultanément on abaisse le taux des chlorures alimentaires (1898-1900).

3° En étudiant expérimentalement les différents traitements de la tuberculose, de 188'8 à 1900, j’ai constaté, avec J. Héricourt, que le traitement le plus efficace était l’alimentation par la viande crue (1899-1900).

J’ai pu donner, en experimenlant sur des chiens,la démonstration des trois lois suivantes, qui n’avaient jamais été soupçonnées ni formulées :

1” Le principe actif (au point de vue thérapeutique) de la viande est contenu dans le sérum musculaire.

2“ La viande crue n’agit ni par une digestibilité plus grande, ni par la suralimentation, mais à cause des*principes toniques ou antitoxiques qu’elle contient, principes qui sont détruits par la

3“Les quantités de viande crue ou de sérum musculaire, nécessaires pour une action thérapeutique efficace, doivent etre au moins de 20 grammes par kilogramme d’animal.

J’ai appelé zomothérapie cette nouvelle méthode thérapeutique de la tuberculose. Elle est de date trop récente (nov. 1899) pour qu’on puisse affirmer son efficacité dans la thérapeutique humaine, mais son action dans le traitement de la tuberculose expérimentale du chien est tellement puissante qu’on peut résolument prévoir son adaptation au Irailcment de la tuberculose chez l’homme.

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