‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 4 sur 48 · Propriétés chimiques chez l'homme i · texte numérisé non relu

Propriétés chimiques chez l'homme i

H physiologiques du suc

gastrique

Ce mémoire contient les recherches sut le suc gastrique présentées dans les cinq notes qui précèdent. J’ai eu la bonne fortune de pouvoir faire mes expériences sur un malade que M. Verneuil avait opéré de la gastrotomie pour uu rétrécissement infranchissable de l’œsophage. Grèce aux conseils de M. Berthelot, [dans le laboratoire de qui ce travail a été fait, j’ai pu résoudre un certain nombre de problèmes relatifs à la digestion stomacale.

Mon travail a obtenu le prix de physiologie expérimentale, en l’année 1879. Voici comment s’exprimait, à celte occasion, M. Ch. Robin, rapporteur.

<1 Les recherches de M. Cliarles Ricliet sur le suc gastrique comptent parmi les plus précises qui aient été faites depuis longtemps sur cet important liquide. Les méthodes et les procédés de l’analyse chimique, dans ce qu’elle a de plus délicat, ont été appliqués par lui avec une grande sagacité. Il en a perfectionné plusieurs... Il parait évident pour votre Commission ' que M. Richet a fixé la science sur une question souvent discutée depuis longtemps, et jusqu’à ces dernières années, celle de la nature de l’acide qui donne au suc gastrique la propriété de rougir le tournesol, de gonfler et rendre hydratables,les viandes, les fécules. Cet acide est l’acide chlorhydrique, mais combiné à la leucine.

« Une fois fixé sur ce point, des expériences proprement

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dites d’une part, des analyses chimiques de l’autre, Ingénieusement poursuivies dans les cas les plus divers, jusque sur les poissons, les crustacés et les mollusques, ont conduit M. Richet à éclairer nombre de points encore obscurs sur les manières d’agir du suc gastrique...

«... Dans toutes ces recherches se retrouve un caractère scientifique remarquable : aussi, parmi tous les travaux soumis h votre examen, votre commission a fixé son choix sur celui de M. Richet. »

La plupart des faits contenus dans ce mémoire déjà ancien sont adoptés aujourd’hui définitivement par presque tous les physiologistes et les médecins. Un des plus importants me paraît être celui-ci, qui est devenu presque banal è présent, et qui, en 1877, était nouveau, c’est que la nature du suc gastrique se modifie pendant la digestion : le suc gastrique pur contient de l’acide chlorhydrique, tandis que, s’il est mélangé aux divers aliments, par suite des fermentations actives qui s’opèrent dans l’estomac, il se fait des acides organiques (lactique, sarcolactique, butyrique, acétique, etc.) qui concourent à donner une plus grande acidité à la masse alimentaire intrastomacale.

Un autre fait de grand intérêt, démontré par la méthode des coefficients de partage de M. Berthelet, c’est que l’acide chlorhydrique de l’estomac n’est pas i l’état de liberté, mais à l’état de combinaison avec des matières organiques (leucine, peptones et acides amidés) ; ou plutôt qu’il y a, à côté d’une petite quantité d’acide chlorhydrique libre, de l’acide chlorhydrique combiné aux matières organiques.

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