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Exposé des travaux scientifiques de M. Eugène Caventou à l'appui de sa candidature à l'Académie impériale de médecine, section de pharmacie

Thèse soutenue à l’École supérieure de pharmacie le 18 août 1849 pour obtenir le diplôme de pharmacien de l re classe.

Le sujet de cette thèse a pour but l’étude chimique de l’écorce du cail-cèdra, arbre originaire du Sénégal et surnommé par les habitants du pays Quinquina du Sénégal. En poursuivant ce travail, l’auteur espérait rencontrer un succédané des quinquinas dont la

pénurie était si grande à cette époque, que l’on craignait de voir disparaître ce précieux médicament. On indique dans ce premier aperçu analytique les principales substances qui entrent dans la composition de l’écorce du caïl-cédra, et en particulier la substance amère, principe neutre de nature résinoïde, désignée sous le nom de cail-cèdrin.

2° Étude chimique du Caïl-cédra

Mémoire inséré dans le Journal de Pharmacie, T. xxxih, 1858.

Ce mémoire est consacré à l’étude complète de l’écorce de caïlcédra et de son principe amer. En voici les conclusions :

1° L’écorce de caïl-cédra renferme un principe amer qui paraît représenter les vertus fébrifuges de l’écorce ; en effet, essayé à l’Hôtel-Dieu par le docteur Moutard-Martin, il a paru posséder des propriétés fébrifuges réelles; mais il existe en si faible quantité (0,80 centigr. environ par kilogr.) que son exploitation serait impossible et son prix plus élevé que celui du sulfate de quinine, en admettant qu’il possédât un pouvoir antipériodique égal à celui de ce dernier, ce que l’expérience n’a pas encore démontré.

2° Le caïl-cédrin peut être remplacé par l’extrait aqueux du caïlcédra.

3° Des essais nombreux faits à l’hôpital de Gorée prouvent que cet extrait a produit quelques guérisons, mais il a surtout rendu des services comme adjuvant du sulfate de quinine.

4° L auteur a proposé l’emploi d’un extrait alcoolique, obtenu en traitant 1 extrait aqueux par l’alcool à 26°; après l’évaporation de 1 alcool, il reste un extrait concentré d’un beau rouge, amer et as-

tringent, qui ne doit renfermer que les substances actives de l’écorce, et dont l’efficacité doit être beaucoup plus grande que celle de l’extrait aqueux.

Le caïl-cedrin ne contient pas d’azote, l’analyse a donné les résultats suivants :

Carbone. 64,9

Hydrogène. 7,6

Oxigène.. 27,5

L’écorce de caïl-cedra contient en outre une grande quantité de matière colorante rouge, soluble dans l’eau et une très-faible quantité d’une huile essentielle, concrète douée d’une odeur aromatique particulière assez agréable.

3® Mémoire sur le Carapa touloucouna

Inséré dans le Répertoire de Pharmacie, T. xv, 1859.

Ce mémoire contient un résumé d’histoire naturelle concernant les végétaux divers qui constituent la famille des cédrelacées, ainsi que les caractères qui doivent servir à distinguer le carapa de la Guyane de celui du Sénégal.

L’auteur donne ensuite l’analyse chimique de l’écorce du carapa touloucouna , originaire du Sénégal; il prouve qu’elle doit son amertume à un principe amer de même nature que le caïlcédrin, auquel il a donné le nom de touloucounin. Ce principe amer, d’apparence résineuse, diffère du caïl-cédrin par son insolubilité dans l’éther et par la propriété remarquable de former, lorsqu’il est légèrement humecté, une magnifique couleur bleue sous 1 influence

de quelques acides, mais principalement de l’acide sulfurique monohydraté.

Le touloucounin ne contient pas d’azote l’analyse a donné les résultats suivants :

Carbone. 60,58

Hydrogène . .. 6,94

Oxygène. 32,48

L’auteur a en outre étudié les autres matières qui entrent dans la composition de cette écorce, et en particulier une matière colorante rouge insoluble, analogue au rouge cinchonique, dont elle diffère cependant par la manière dont elle se comporte avec l’émétique et la colle animale.

4° Étude sur l’écorce de Garapa de la Guyane

Mémoire inséré dans la Revue coloniale de 1860. ‘

Ce mémoire renferme l’analyse de l’écorce du carapa guyanensis. L’auteur fait voir qu’elle contient un principe amer, neutre, incristallisable, ayant une grande analogie avec les principes amers des écorces du caïl-cédra et du carapa du Sénégal, dont cependant il doit être distingué par des propriétés particulières indiquées dans le mémoire. Ainsi le principe amer ne possède pas la propriété de bleuir avec les acides, comme le fait le touloucounin.

On sait que Pétroz et Robinet ont publié, il y a fort longtemps, 1 analyse d’une écorce de carapa de la Guyane ; mais il est plus probable que ces chimistes ont eu entre les mains une variété de quinquina. Dans une partie de son mémoire qui n’a pas été publiée, mais qui se trouve déposée dans les archives du minis-

tère de la marine, l’auteur appuie cette opinion sur les faits suivants :

1° Le peu de ressemblance des écorces;

2° La différence dans les résultats analytiques ;

3° La propriété remarquable que possèdent seules, jusqu’à présent, les écorces de quinquina, de dégager de magnifiques vapeurs pourprées lorsqu’on les chauffe dans un tube, propriété signalée par Pétroz et M. Robinet comme appartenant à l’écorce qu’ils ont analysée, et que l’auteur n’a point retrouvée dans celle qui fait l’objet de ce mémoire.

5° Étude sur les vins de l’Algérie, en collaboration avec M. le Professeur Bouchardat.

Mémoire publié dans le Recueil de la Société impériale et centrale d'agriculture de France, 1861.

Ce travail, fait en collaboration avec M. le professeur Bouchardat, indique pour chaque vin la densité, la quantité d’alcool, d’eau, d’extrait, de crème de tartre, et l’acidité représentée par un poids d’acide sulfurique saturant exactement la quantité d’oxyde de potassium nécessaire pour neutraliser le vin lui-même. Les auteurs ont cherché à constater la présence de la glycérine et de l’acide succinique dans les extraits des vins d’Algérie. On sait, par les belles expériences de M. Pasteur, que ces deux corps sont, avec l’alcool et l’acide carbonique, des produits constants de la fermentation du sucre.

Voici comme exemple de la marche des opérations suivie dans

cette étude, l’analyse d’un vin blanc récolté à Médeah, en 1858. Tous les chiffres indiqués se rapportent au litre.

Vin blanc (1858)

Densité,. 1014,0

Alcool en volume. *27* cc -

Acidité du vin, poids de l’acide sulfurique correspondant. 4,96 gram.

Pour neutraliser 10 cc de vin, il a fallu de solution titrée de potasse caustique :

1° 54,5 divisions.

Ce qui correspond, en poids, pour la moyenne, à 0,04968 grammes d’acide monohydraté, et donne pour le litre, 4,968 grammes.

Alcool en poids. 100,s r 96

Extrait du vin par litre. 54,e r 40

Eau. 844, gr 64

Crème de tartre. l, gr 254

Pour neutraliser la potasse dissoute dans 82 cc , il a fallu pour 10 cc de cette solution :

1° 14,5 divisions 2° 15,0 —

Ce qui correspond, en poids, pour la moyenne, à 0,15686 de potasse contenue dans les cendres de l’extrait. 0, 15686 de potasse correspondent à 0,62722 de crème de tartre, soit 1,25444 par litre.

La saveur de ce vin est à la fois sucrée, aromatique et acide; il est probable qu’il a été mal gouverné, mais qu’il provient d’un bon cépage qui peut fournir un excellent vin.

de la solution d’acide sulfurique titré.

On a analysé à 1 aide de ce procédé 19 échantillons de vins rouges et blancs, récoltés par différents producteurs de l’Algérie, en 1858, 1859 et 1860, voici le résumé de quelques analyses.

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