‹ Exposé des travaux scientifiques de M. Eugène Caventou à l'appui de sa candidature à l'Académie impériale de médecine, section de pharmacieChapitre 2 sur 5 · EL-ACHOUR · texte numérisé non relu

EL-ACHOUR

Densité.

Alcool en volume.

Acidité du vin. — Poids de l’acide sulfurique correspondant....

Alcool en poids.

COMPOSITION

EN MILLIÈMES

Extrait...

2le=,40

Eau.

Crème de tartre.

ls=,24

Conclusions. — 1° Vins ordinaires. — La production des vins ordinaires a une très-grande importance pour 1 Algérie, qui importe annuellement plus de 300,000 hectolitres de vin et 20,000 hectolitres d’eau-de-vie.

Sous ce rapport, l’Algérie peut arriver à se suffire à elle-même, mais les plus grandes difficultés ne consistent pas dans l’extension

à donner aux vignobles ; les plus sérieuses se rapportent à la conduite des vins.

2° Vins de liqueur. — Les vins de liqueur de l’Algérie ont fait concevoir de grandes espérances; ils ont en effet pour eux le climat; ils contiennent, le plus souvent, plus de 15 pour 100 d’alcool, principe éminemment favorable à leur conservation, aussi sont-ils beaucoup plus faciles à gouverner. Il suffit, pour que la production prenne une grande extension, d’obtenir des cépages des contrées qui les produisent, et d’imiter les procédés de fabrication consacrés par le temps.

Les auteurs ont fait suivre ces conclusions de quelques conseils propres à obtenir de l’amélioration dans la fabrication des vins de l’Algérie.

6° Sur la composition de 40 échantillons des vins de l’Algérie ayant figuré à l’Exposition de Londres de 1862.

Mémoire inséré dans le Recueil de la Société impériale et centrale d'agricutture de France, année 1863.

Ces analyses ont été faites dans les mêmes conditions que celles des vins précédents (page 8). L’auteur donne pour chaque vin :

1° La densité à la température de 15 à 20 degrés ; 2° la quantité d’alcool en poids et en volume ; 3° le poids de l’extrait ; 4° la quantité d’eau ; 5° la quantité approximative de crème de tartre ; 6° l’acidité du vin rapportée à celle de l’acide sulfurique, comme terme de comparaison.

Voici, du reste, 1 expose succint des procédés suivis pour faire les analyses.

1° Densité.

La densité a été prise avec l’appareil de Gay-Lussac, à la température de 15 à 20 degrés.

2° Acidité du vin.

L’acidité du vin n’est pas facile à préciser, car elle est due à plusieurs acides, tels que l’aeide tartrique, l’acide acétique, peutêtre l’acide malique; n’existe-t-il pas aussi un peu d’acide succinique? Soit que l’on choisisse l’un ou l’autre de ces acides pour type, on ne peut arriver à des chiffres exacts, leur capacité de saturation étant différente : il faudrait donc connaître, pour représenter l’acidité d’un vin, la quantité exacte de chaque acide contenu dans le vin; mais cette détermination, ordinairement longue et difficile, n’est pas nécessaire quand on ne fait pas une analyse de tous les éléments qui constituent un vin. Il suffit de rapporter l’acidité du vin à la capacité de saturation d’un acide connu, l’acide sulfurique par exemple, c’est ce qui a été fait.

Ainsi, dans les chiffres donnés plus bas, en indiquant, par exemple, 4gr. 34 c. d’acide sulfurique, cela signifie que 1 litre de vin analysé, est acide.comme le seraient 4 gr. 34 c. d’acide sulfurique monohydraté, étendu de la quantité d’eau nécessaire pour avoir le volume de 1 litre.

Pour faire cette opération, on a pris 10 centimètres cubes de vin qui ont été neutralisés exactement, en y versant goutte à goutte une solution titrée de potasse caustique, à l’aide d’une burette graduée dont chaque division représente 1/10 de centimètre cube. Comme on s’était rendu compte, par des essais préalables, de la quantité d’acide sulfurique nécessaire pour neutraliser une division delà solution de potasse caustique, une simple multiplication suffisait pour trouver le poids d’acide sulfurique corres-

pondant à l’acidité de 1 litre de vin. En effet, si pour neutraliser 10 centimètres cubes d’un vin/ il est nécessaire d’employer 35 divisions de la solution de potasse caustique, il suffit de multiplier 0, 00124 par neuf, (0, 00124 étant le poids d’acide sulfurique nécessaire pour neutraliser une division de la solution de potasse caustique), le produit de cette multiplication qui est 0,0434, exprime le poids de l’acide sulfurique nécessaire pour représenter l’acidité de 10 centimètres cubes de vin; multipliant ce dernier chiffre par 100 on a le poids d’acide sulfurique correspondant à l’acidité de 1 litre de vin.

3° Alcool.

Pour connaître le volume d’alcool absolu contenu dans 1 litre de vin, on prend un volume déterminé de ce dernier, on en distille la moitié, puis le produit de la distillation est ramené au volume primitif en y ajoutant de l’eau distillée. Plongeant alors dans ce mélange le pèse-alcool de Gay-Lussac, on a évalué le volume pour 100 d’alcool absolu, en tenant compte de la température et en faisant les corrections nécessaires pour mesurer à 15 degrés centigrades le volume d’alcool contenu dans le mélange. En multipliant par 10 le chiffre obtenu, on a le volume d’alcool absolu existant dans un litre de vin. Ce volume étant connu, il est facile d’en

déduire son poids à l’aide de la formule y = D. Comme on sait que

la densité de 1 alcool est égale à 0, 795, en multipliant cette densité par le volume, on a le poids de l’alcool cherché.

4° Extrait du vin.

Le poids de l’extrait du vin a été calculé en prenant 1/2 litre de vin qui a été évaporé au bain-marie, dans une capsule de porcelaine, jusqu’à ce que la capsule, pesée de temps à autre, nè perde

plus de son poids. Comme la capsule avait été pesée vide, en déduisant son poids de celui de la capsule pleine, la différence donne [le poids de l’extrait contenu dans 1/2 litre de vin, partant du litre de vin.

5° L’eau.

Le poids de l’eau contenue dans un litre de vin s’obtient facilement une fois que l’on connaît le poids du volume d’alcool, celui de l’extrait et celui du litre de vin essayé. 11 suffit d’additionner les deux premiers poids ensemble et d’en retrancher la s % omme du poids du litre de vin, la différence donne la quantité d’eau qui y existe.

6° Crème de tartre.

La crème de tartre a été dosée en évaluant la quantité de potasse trouvée dans l’incinération de l’extrait de vin. Pour arriver à ce résultat, la potasse a été dissoute dans un volume déterminé d’eau distillée; puis, prenant 10 centimètres cubes de cette dissolution, on l’a neutralisée en y versant goutte à goutte une solution titrée d’acide sulfurique monohydraté à l’aide d’une burette graduée. Connaissant le poids d’acide sulfurique correspondant à chaque division de la burette, on a déduit, à l’aide d’une proportion, le poids de la potasse contenue dans 1 centijnètre cube. Pour connaître le poids total de la potasse, il n’y avait plus qu’à multiplier ce chiffre par le nombre de centimètres cubes d’eau distillée employés à dissoudre la potasse répandue dans les cendres de l’extrait.

Ayant évalué la potasse contenue dans l’extrait, on en déduit la quantité de crème de tartre, à l’aide d’une proportion.

7° Glycérine, acide succinique

Dans cet essai, on n’a pas cherché la glycérine dans chaque espèce

de vin séparément, on s’est contenté d’en constater la présence dans les extraits de quelques vins. Le procédé consiste à laver l’extrait de vin avec un mélange d’alcool et d’éther jusqu’à ce que l’extrait ne cède plus rien à ce dissolvant; la glycérine et l’acide succinique doivent se trouver ainsi séparés de l’extrait. On fait évaporer le mélange d’alcool et d’éther, et on neutralise le produit restant par de l’eau de chaux; on évapore de nouveau au bain-marie, ensuite sous la machine pneumatique, et, lorsque toute l’eau est évaporée, on reprend l’extrait liquide qui reste dans la capsule parle même mélange d’alcool et d’éther, qui dissout alors la glycérine et laisse le sel de chaux. On a opéré de la sorte sur les extraits provenant dé 4 litres de différents vins, et on a obtenu environ une vingtaine de grammes d’un liquide sirupeux, jaunâtre, se dissolvant bien dans l’eau et pas sant à la distillation dans le vide vers la température de 200 degrés environ.

L’analyse a donné les résultats suivants :

Expérience.

Carbone.. . 40,

Hydrogène. 8,96

Théorie.

Carbone. 39,13

Hydrogène. 8,69

Quoique les nombres donnés par l’expérience soient un peu élevés, ils ne laissent cependant pas de doute sur la nature du corps cherché.

L’acide succinique combiné à la chaux ne se dissout pas dans le mélange d’alcool et d’éther. Pour isoler cet acide, on dissout le sel de chaux dans l’eau et on y verse goutte à goutte de l’acide sulfurique étendu. Il se forme du sulfate de chaux qui se dépose, et l’acide succinique reste en dissolution dans l’eau, on filtre, puis on agite cette solution avec de l’éther, qui dissout l’acide ; on laisse reposer, on décante la couche éthérée et on l’abandonne à l’évaporation spontanée : l’acide succinique se dépose sous forme de cristaux.

Les chiffres donnés se rapportent tous au litre. Enfin des vins ayant paru sucrés d’une manière anormale, la présence du sucre a été constatée dans quelques uns d’entre eux, et les quantités de sucre trouvées, ont été indiquées au paragraphe spécial à chacun d’eux.

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