‹ Exposé des travaux scientifiques de M. Eugène Caventou à l'appui de sa candidature à l'Académie impériale de médecine, section de pharmacieChapitre 5 sur 5 · KOH · texte numérisé non relu

KOH

C 4 H 6 Br 2 butylène bibromé.

G 4 H 6 Br 2

plus

2Br —

C 4 H 6 Br 2 .Br 2 bromure de butylène bibromé.

2° La préparation du carbure d’hydrogène C 4 H 6 et de ses composés bromés :

Cet hydrocarbure a été obtenu par l’action de l’éthylate d’oxyde de sodium sur le butylène bromé

C 4 H 7 Br -f C2 ^|o = NaBr -f O + C 4 H 6 .

Cet hydrocarbure nouveau , qui appartient à la série C”H 2n — 2 , et auquel l’auteur donne le nom de crotonylène pour rappeler ses liens de parenté avec l’acide crotonique C 4 H 6 0 2 , se combine énergiquement avec le brome, en formant deux composés, l’un liquide, le dibromure C 4 H 6 Br 2 , l’autre solide, C 4 H 6 Br 4 .

De l’ensemble des quelques faits observés, il résulte que les bromures cristallisée ne possèdent pas de propriétés identiques et que, jusqu’à ce qu’une étude plus complète soit faite, il est permis de considérer ces composés comme isomériques entre eux, isomérie d’ailleurs trés-faible et dont on a maintenant un grand nombre d’exemples dans la science.

(Bulletin de la Soc. chimique , 1863.)

9° Note sur quelques bromures et sur un hydrogène carboné nouveau de la formule C n H 2n ~ 2 de la série hexylique.

Le but principal de ce travail a été d’obtenir l’hydrogène carboné C 6 H 10 homologue supérieur du crotonylène et du valérylène.

« Dans un intéressant travail sur les huiles de pétrole d’Amérique, MM. Pelouze et Cahours ont indiqué ces derniers comme renfermant une assez grande quantité d’hydrure d’hexyle. C’est à cette source que l’auteur a puisé les matériaux du travail dont il indique ici les premiers résultats.

« L’action de la solution alcoolique concentrée de potasse sur le bromure d’hexylène C 6 H 12 Br 2 est très-vive; il perd H Br, et après les rectifications convenables, on obtient l’hexylène bromé G e H 4l Br; c’est un liquide limpide, jaune ambré, d’une odeur peu agréable, et dont le point d’ébullition se trouve situé entre 135 et 140 degrés.

cf Si on met en contact 1 équivalent d’hexylène bromé et 2 équivalents de brome, la combinaison se fait avec une telle énergie, que l’hexylène bromé doit être mis dans de la glace, et le brome ajouté goutte à goutte. Il se forme, dans ce cas, du bromure d’hexylène monobromé Cfil^Br.Br 2 . C’est un liquide lourd, coloré par un peu de brome qu’on lui enlève en l’agitant avec une solution aqueuse faible de potasse. On peut le distiller dans le vide, il passe entre 125 et 135 degrés; peu coloré au moment de la distillation, il brunit promptement à 1 air, sans répandre de vapeurs acides.

cc La solution alcoolique concentrée de potasse agit avec une extrême énergie sur le bromure d’hexylène monobromé; il se dé-

pose une grande quantité de bromure de potassium, et, après rectifications, on obtient un liquide qui, distillé dans le vide, passe depuis 45 jusqu’à 83 degrés. Le brome combiné aux liquides passant vers 50 et vers 80 degrés dans le vide a été dosé, mais le premier contient encore un peu trop de brome pour répondre à la formule C 6 H 9 Br, et le second n’en contient pas assez pour que ce soit l’hexylène bibromé C 6 H 10 Br 2 . Quoique je n’aie pas eu assez de bromure d’hexylène monobromé à ma disposition pour isoler complètement et prouver de suite l’existence de ces deux corps bromés, je crois néanmoins pouvoir avancer, d’après mes dosages, que dans l’action de la potasse sur le bromure d’hexylène bromé C^H^Br.Br 2 , elle enlève tantôt H Br pour former l’hexylène bibromé C 6 H 10 Br 2 , tantôt deux fois HBr pour former le corps C 6 H 9 Br, ce que je me propose de confirmer prochainement.

« Quand on chauffe en vase clos, de 140 à 160 degrés, de l’hexylène bromé C 6 H H Br, et une solution alcoolique concentrée de potasse, cette dernière enlève encore H Br, et l’on obtient un hydrogène carboné nouveau, homologue supérieur de l’acétylène et répondant à la formule C 6 H 10 . C’est un liquide incolore, plus léger que l’eau, distillant entre 80 et 85 degrés. La densité de vapeur a été trouvée égale à 2,7938; la théorie indique 2,8372.

« On voit que cet hydrogène carboné, que j’appellerai hexoylène, est isomère avec le diallyle, ce dernier distillant à 59 degrés. Il sera intéressant de voir si cette isomérie se poursuivra jusqu au bout, et si les combinaisons dans lesquelles on pourra faire entrer l’hexoylène seront isomères ou identiques avec celles que M. Wurtz a obtenues avec le diallyle.

(.Extrait des comptes rendus , août 1864.)

10° Mémoire sur la cinchonine

En collaboration avec M. WII.LM.

ce Lorsqu’on ajoute goutte à goutte une solution saturée et froide de permanganate de potassium à une solution, également froide, de sulfate de cinchonine additionnée d’acide sulfurique, la décoloration est instantanée, et il se dépose de l’hydrate de peroxyde de manganèse. Cette réaction a été continuée jusqu’à ce que la décoloration du permanganate ne se produisît plus qu’après quelques minutes. Pour atteindre ce terme, il faut employer environ poids égaux de sulfate de cinchonine et de permanganate.

« Quelque soin qu’on prenne pour refroidir le mélange, il se produit toujours un dégagement d’acide carbonique vers le milieu de la réaction. Mais, dans les conditions où on a opéré, jamais on a pu observer la formation d’ammoniaque ou d’acide azotique.

« La réaction produite ne peut pas se formuler nettement, elle est trop complexe. Les principaux produits de la réaction sont : 1° un composé indifférent, s’unissant soit aux bases, soit aux acides, mais sans donner de composés bien définis, nommé cinchoténine; 2° un acide bien cristallisé désigné sous le nom d'acide carboxycinchonique; 3° une substance réduisant le tartrate cupropotassique.

« Mais, indépendamment de ces produits d’oxydation, on a obtenu une base particulière, différente de la cinchonine, dont la composition est exprimée par la formule C 20 H 26 Az 2 O ; elle diffère donc de la cinchonine par H 2 en plus, si l’on admet pour la cinchonine la formule C 20 H 24 Az 2 O généralement adoptée. C’est pour cette raison qu elle a ete désignée sous le nom d 'hydrocinchonine. Cette formule a été établie par une série d’analyses faites tant sur

la base libre que sur son chloroplatinate. En même temps, on a soumis à l’analyse la einchonine qui a servi de point de départ.

Hydrocinchonine. Cinchonine.

i. n. ni. ^i. nT" - ïîP

Carbone.... 77,48 77,27 77,42 77.70 77,75 77,79

Hydrogène... 8,60 8,30 8,22 7,74 7,82 7,69

« Cette base se distingue de la cinchonine en ce qu’elle n’est attaquée que lentement à froid par le permanganate. C’est ce qui permet de supposer qu’elle existe toute formée dans les écorces de quinquina. On soupçonnait depuis longtemps que la cinchonine pouvait être un mélange, et M. Hlasiwetz avait émis le premier cette idée, sans pouvoir la prouver, se basant surtout sur les divergences que présentent les analyses de cinchonine faites par les différents auteurs. Du reste, les propriétés de la cinchonine et de l’hydrocinchonine sont tellement rapprochées, qu’il n’a pas été possible d’en opérer la séparation par les moyens ordinaires. Il faut détruire la cinchonine pour mettre l’autre base en liberté. Il est remarquable de voir un composé plus hydrogéné que la cinchonine résister davantage aux agents d’oxydation.

« L’hydrocinchonine fond à 268 degrés (non corrigé) et la ôinchonine à 257 degrés. Elle dévie moins le plan de polarisation que la cinchonine : dans des conditions identiques elle déviait de + 10° 55', et la cinchonine, de -f 11° 48'; elle est insoluble dans l’eau. Un litre d’alcool à 90 centièmes en dissout, à 15 degrés, 7 gr. 25; à chaud, ils’en dissout beaucoup plus, qui se dépose par le refroidissement en petites aiguilles brillantes. Elle forme des sels bien cristallisés, solubles dans l’eau, à saveur amère. Son chloroplatinate, facilement soluble dans l’acide chlorhydrique, se dépose en cristaux assez volumineux, brillants; il renferme G 20 H 26 Az 2 O.Pt

« Cinchotènine. — C’est le produit d’oxydation le plus abondant. Elle renferme C ,8 H 20 Az 2 O 3 et se dépose de sa solution aqueuse bouillante en cristaux soyeux d’un blanc d’argent, peu solubles dans l’eau froide, et très-peu solubles dans l’alcool même bouillant. Elle est à peu près neutre aux réactifs colorés et se dissout aussi bien dans les acides que dans les alcalis; néanmoins elle est insoluble dans la potasse concentrée. Sa solution barytique l’abandonne complètement sous l’influence d’un courant d’acide carbonique.

« Elle est difficilement attaquée par le permanganate, même à chaud. Elle est dextrogyre, comme la cinchonine; elle a dévié le plan de polarisation de + 6°, 5', tandis que, dans les mêmes conditions, la cinchonine le déviait de +9 degrés. Elle forme un chloroplatinate cristallisé en longues aiguilles.

« Elle réduit à chaud la solution d’azotate d’argent, après y avoir produit un précipité blanc.

« Acide carboxycinchonique. — Ce composé, qui renferme C 21 H 14 Az 2 O 4 , résulte non-seulement d’une oxydation, mais d’une fixation de carbone; ce qui tend à le prouver, c’est que l’on n’observe point sa formation par une oxydation incomplète, elle paraît ne se produire qu’au moment où le dégagement d’acide carbonique est énergique; son rendement est très-faible. Cette fixation de carbone rappelle la formation d’acide benzoïque ou même d’acide phtalique réalisée récemment par M. Carius en oxydant la benzine.

« L’acide carboxycinchonique est assez soluble dans l’eau, surtout à chaud; il cristallise en prismes anhydres, durs et brillants. L’alcool fort en dissout environ 1,8 pour 100 à froid, et un peu plus de 3 pour 100 à l’ébullition.

cc C est un acide bibasique formant avec les alcalis et la baryte des sels très—solubles et cristallisant mal. Le sel barytique renferme C H l! Az ! 0‘Ba" ; le sel de cuivre C ï, H‘ 1 Az 2 O i Cu" forme un précipité d abord amorphe et vert pâle, mais devenant rapidement cristallin

et d’un bleu foncé. Le sel d’argent C 21 H 12 Az 2 0 4 Ag 2 forme un précipité cristallin très-stable.

« Cet acide se dissout également dans les acides chlorhydrique, sulfurique, etc., et forme avec le bichlorure de platine un cbloroplatinate cristallisé en larges lamelles jaune-orangé, peu solubles dans l’eau froide. Cette tendance basique rappelle la constitution des acides amidés.

« Quant à la matière réduisant la liqueur cupro-alcaline, elle n’a pas encore été isolée à l’état de pureté, mais on en poursuit l’étude; sa solution concentrée opère déjà la réduction à froid. C’est évidemment le produit d’une oxydation incomplète.

« Ces recherches sont continuées avec l’intention de. les étendre à la quinine, dans le but de déterminer la constitution de ces alcaloïdes. »

(26 juillet 1869.)

11° Sur un iodure double de mercure et de cuivre

En collaboration avec M. W1LLM.

Ce sel prend naissance, lorsqu’on ajoute une solution de sulfate de cuivre, à une solution d’iodure double de mercure et de potassium, il se forme un abondant précipité, brun clair ; par l’ébullition une grande quantité d’iode se dégage, et il se dépose peu à peu une poudre brune, qui devient d’un rouge magnifique par le refroidissement, et dont la couleur est plus foncée que celle du biiodure de mercure. Ce sel possède la propriété singulière de devenir brun-noir par la chaleur, et de reprendre la coloration rouge par le refroidissement ; il renferme de l’iode, du mercure et du cuivre. Traité par une solution bouillante d’iodure de potassium, le mercure est enlevé à l’état de biiodure, il reste du protoiodure de cuivre, le mercure paraît donc exister, dans cette réaction à l’état mercurique, et le cuivre à l’état de cuprosum ; mais si l’on traite le même sel par l’ammoniaque, une partie du mercure est éliminé à l’état métallique, et l’on obtient une nouvelle combinaison cristallisée en belles aiguilles bleues, contenant de l’iode, de l’ammoniaque, du cuivre et du mercure. Dans cette réaction le mercure à son tour, joue le rôle de mercurosum et le cuivre celui de cupricum ; ces sels sont à l’étude. La combinaison rouge d’iodure de cuivre et de mercure, paraît répondre à la formule HgCuT 4 .

(Présenté à la Société chimique. Janvier 1870.)

Indépendamment des travaux précédents, M. E. Caventou a rédigé pour le Dictionnaire de chimie pure et appliquée, publié sous la direction de M. A. Wurtz, membre de l’Institut, les articles sui¬

vants :

Acétylène.

Aconitine.

Alcaloïdes (généralités sur les Alcaloïdes naturels).

Allylène.

Anémonine.

Aricine.

Arnicine.

Atropine.

Baumes (généralités sur les).

Bdellium.

Berbérine.

Bétuline.

Brucine.

Caïl-Cédra.

Caïncétine.

Caïncique (acide).

Cantharidine.

Carapa.

Cascarilline.

Chloroforme

Cidre.

Cinchonicine.

Cinchonidine.

Cinchonine.

Cocaïne.

Codéine.

Colchicine.

Copahu.

Cotarnine.

Crotonylène.

Dambonite.

Daphnétine.

Daphnine.

Daturine.

Delphine.

Digitaline.

Elléborine.

Emétine.

Ergotine.

Franguline.

Fraxine.

Furfurol.

Gentianine.

Hélénine.

i Hélicine.

Hygrine.

Hyoscyamine.

Igasurine.

lgasurique (acide).

Ilicine.

Iodoforme.

Ipomique (acide).

Morphine.

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