PRÉFACE
Monsieur et cher Confrère,
Je n’ai guère d’autre titre, pour mettre une Préface en tête de votre livre sur les Médications thyroïdiennes, que celui d’avoir présenté, l’année dernière, à l’Académie,un rapport des plus élogieux sur votre ouvrage.
En me faisant l’honneur de me demander une Préface, peut-être aussi avez-vous eu la pensée que j’étais désigné à cette agréable tâche par la protestation que j’ai formulée à l’Académie et appuyée sur de nombreux exemples contre l’emploi intempestif àes produits thyroïdiens.
Vous insistez,sur tout dans votre ouvrage,surles bienfaits incontestables des médications thyroïdiennes danslesmaladies où la nutrition est compromise par l’insuffisance ou laviciation de la sécrétion ducorps thyroïde ; m’avez-vous réservé le soin de rappeler ici que ces médications sont inutiles, nuisibles, dangereuses même quand elles sont contre-indiquées? que les produits thyroïdiens ne devraient plus être délivrés au public sans ordonnance du médecin et méritent d’être classés parmi les médicaments actifs dont la vente doit être soumise à une sérieuse réglementation? C’était le vœu de l’Académie, vœu transmis en haut lieu depuis longtemps et qui reste aujourd’hui encore lettre morte. Les préparations thyroïdiennes continuent, en effet, à être débitées à tout venant, à toute
pie directe, indirecte et empirique, vous est encore plus personnelle et constitue le fond même de votre travail. C’est celle que le praticien consultera avec le plus de fruit, guidé et convaincu par la lecture de vos observations, rassuré sur les effets de la médication quand elle est judicieusement appliquée.
Vous nous en montrez les merveilleux effets dans les maladies où domine Vathyroïdie, c’est-à-dire dans toutes les formes de myxœdème, postopératoire, spontané, congénital ou endémique. Vous nous réconciliez même avec l’opothérapie thyroïdienne dans certaines formes du goitre exophtalmique, où beaucoup la redoutent et moi le tout premier.