‹ Exposé des travaux scientifiques du Dr Gabriel Gauthier, de Charolles, candidat au titre de membre correspondant national de l'Académie de médecine dans la première division, médecineChapitre 24 sur 30 · SECONDAIRES OD SYMPTOMATIQUES · texte numérisé non relu

SECONDAIRES OD SYMPTOMATIQUES

va guérir par un simple purgatif ou un vermifuge. En d’autres termes, on ne saurait, sous peine de confusion, appeler épilepsie les accidents épileptiformes qui ont pour point de départ une action réflexe quelconque, extrinsèque. La même distinction existe à propos de la danse de Saint-Guy et de certains mouvements choréiformes, de l’hystérie et de certains accidents hystériformes.

Nous sommes donc ainsi conduits par assimilation à distinguer un goitre exophtalmique-udwose, d’origine centrale,, intrinsèque, sine maleria, auquel il conviendrait de réserver tout spécialement le nom de maladie de Basedow ou de Graves et un goitre exophtalmique secondaire ou symptomatique, d’origine réflexe, extrinsèque, périphérique. 1

Cette distinction ne repose pas sur une simple vue de l’esprit, et nous prétendons qu’elle est cliniquement justifiée et absolument indispensable au point de vue du pronostic et du traitement. Il est évident, en effet, que le goitre exophtalmique-névrose comporte un pronostic et un traitement qui peuvent être déterminés d’avance et, à quelques nuances près, s’appliquer h tous les cas, tandis que le goitre exophtalmique-symptomatique ne comporte ni un pronostic, ni un traitement univoques, et dépend uniquement, à ces deux points de vue, de la maladie dont il est le reflet. Atlatâ causâ tollitur effectus.

Cette distinction n’a pas encore été, que nous sachions, nettement établie, et c’est à peine si on la pressent vaguement dans les nombreux documents qui ont été publiés sur ce sujet. Dans ces dernières années, l’attention a bien été attirée sur certains faits qui semblent établir une relation de cause à effet entre le développement de la maladie de Basedow et certaines lésions accessibles aux moyens chirurgicaux, mais ce n’est là qu’une des faces de la question que nous envisageons d’une façon plus générale, et ce qu’on appelle le goitre exophtalmique chirurgical n’est en somme qu’une des formes du goitre exophtalmique secondaire ou symptomatique.

■ Nous diviserons les lésions ou modifications d’organes

L’épilepsie, la chorée, symptomatiques de lésions cérébro-spinales, sont des faits connus depuis trop longtemps pour qu’on n’ait pas pensé qu’il en pouvait être de même de la névrose thyro-exophtalmique.

La question a été posée pour la première fois, h propos de l’observation tant de fois reproduite de Féréol (1), dans laquelle, en dehors des symptômes ordinaires du goître exophtalmique, on constatait du tremblement, de la parésie, de l’hyperalgésie et de l’hémianesthésie. «Peut-être, disait Féréol, existe-t-il une lésion primitive du cerveau, siégeant dans la région de la protubérance et du bulbe, et produisant, outre les phénomènes paralytiques, le complexus morbide

névrose. Vautre serait symptomatique tf altérations matérielles du système nerveux central (1). »

Il est vrai que M. Ballet est revenu plus tard sur cette première interprétation et a rattaché à l’hystérie mâle les troubles nerveux que présentait le basedowien de l’observation de Féréol (2).

Dans l 'ataxie locomotrice progressive, on rencontre très fréquemment les symptômes capitaux de la maladie de Basedow (Joffroy, Ballet, Barié). On n’a voulu voir là qu'une de ces associations morbides dont l’étude a fait de si grands progrès dans ces derniers temps et qui sont si fréquentes chez les héréditaires et les tarés (Joffroy, Ballet). Tel n’est pas notre avis. La lésion anatomo-pathologique du tabes dorsal ne siège pas seulement dans les cordons blancs postérieurs ; elle remonte souvent bien plus haut, envahissant les parties encéphaliques du système spinal postérieur, tels que le plancher du quatrième ventricule et les corps restiformes, c’est-à-dire le siège anatomique du goitre exophtalmique (Filehne, Mendel, Panas).

■Le 6 octobre, la malade est obligée de s’aliter, la parésie des quatre

Les symptômes, la marche, la terminaison de la maladie dont était atteinte M"' Por., ne permettaient, ce nous semble, aucune hésitation sur le diagnostic : tumeur cérébrale. A notre avis, le syndrome basedowien si net et si complet qui est apparu dans la période ultime fait aussi bien partie du cortège symptomatique de cette tumeur cérébrale que l’au-

lésion primitive (compression du nerf oculo-moteut commun gauche dans sa portion périphérique) ; nous le croyons, quoique M. Ballet ait fait de l’ophtalmoplégie externe un symptôme assez fréquent du goitre exophtalmique-névfôsèj. se rattachant h un trouble fonctionnel de quelques-uns des

rieure est généralement intact (Ballet) ; tandis que chez M” Por., le ptosis était presque complet.

Quant à la glycosurie qui est également notée dans cette observation, elle s’est produite apparemment de la même façon que le goitre exophtalmique, sous l'influence de l’irritation causée par la tumeur dans la région bulbo-protubérantielle, et ne doit pas être considérée, par conséquent, comme se rattachant directement au complexus base-

A noter encore dans cette observation l’absence d’antécédents nerveux personnels ou héréditaires, l’absence de l’émotivité qui, nous le répétons, est la grande dominante de l’étiologie du goitre exophtalmique idiopathique.

le la plus fréquente du goitre exophtalmique se-

Nous croyons donc que les goitreux ordinair particulièrement disposés, de par leurs lésions thj à devenir basedowiens ou plutôt pseudo-basedovri

Stocker (1) a publié deux cas de goître guéri à la suite de cautérisations nasales répétées.

Gottstein a publié un cas analogue.

Tout récemment, Muschold (2) a rapporté Tbistoiré d’une femme de 45 ans, chez laquelle un goître exophtalmique a guéri à la suite de la résection de la queue du cornet inférieur droit, tuméfiée au point d’obstruer la fosse nasale. '

Leflaive (3) a observé une femme chez laquelle une rhi- , nite chronique coïncidait avec les phénomènes basedowiens.

La guérison se produisit spontanément.

A côté de ces cas, il convient de placer une observation de ,4 Semar (4) et une autre de Semon (5), dans lesquelles le goître exophtalmique, d’ailleurs incomplet, se développa à la . suite d’une intervention chirurgicale sur les fosses nasales (6).

Tels sont les faits, en nombre restreint encore, k la vérité, mais suffisant pour permettre d’établir une relation incon- 1 testable entre des lésions intra-nasales et la production du 's goître exophtalmique. La connexion intime, — révélée dans tous ces cas par le résultat du traitement, — qui relie entre eux ces deux ordres de phénomènes, ne pouvant donc être ' mise en doute, il reste à déterminer par quel mécanisme pa- * thogénique elle arrive à se produire.

Il est entendu que, dans cette recherche de la causalité, Jj nous admettons la prédisposition, la diathèse nerveuse du : ’ ? i sujet, comme la condition nécessaire, la cause essentielle, j celle qui existe à la base de toute manifestation névropathique, et que par consépuent, ce n’est que la cause occa- ' sionnelle, provocatrice, des phénomènes que nous voulons établir.

(1) Stocker : Intem. Central, f. Laryng. Rhin., 1889.

(2) Muschold : Deutsche medicin. Woch., n° 5, 4 fév. 1892.

Jg Legjjv» : Le goître exophtalmique chirurgical. (Bull, de mld., . i

(4) Semar : Intem. Centralblatt fur Laryng. Rhin., 1890, Bd. VI.

(5) Semon : Intem. Cmtralblatt fur Laryng. Rhin., 1889. ||

(6) Voir encore sur ce sujet une revue de P. Tiesier : Annales de mld.,

le plus d’intensité ces modi parce que, grâce à leur situati

téroptose ou de néphroptose) peut s’expliquer de la façon

Le nerf pneumogastrique est le nerf moteur de l'intestin (1). Par conséquent, à l’atonie intestinale répond la paralysie des rameaux moteurs intestinaux de ce nerf. On sait, d’autre part, que le nerf vague forme, dans toutes ses ramifications, un complexus physiologique très impressionnable dont chaque partie ressent l’ébranlement communiqué à l’une d’elles ; il peut être comparé en cela à une corde sonore dont les vibrations perdent de leur netteté h la plus légère modification qui se produit dans la moindre parcelle de son étendue. L'état paralytique des rameaux intestinaux peut donc retentir sur le nerf vague tout entier, et donner naissance de la sorte aux phénomènes basedo-wiens qui sont, comme on sait, la conséquence de la paralysie du pneumogastrique (G. Sée).

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