‹ Exposé des travaux scientifiques du Dr Gabriel Gauthier, de Charolles, candidat au titre de membre correspondant national de l'Académie de médecine dans la première division, médecineChapitre 23 sur 30 · DANS LA MALADIE DE BASEDOW · texte numérisé non relu

DANS LA MALADIE DE BASEDOW

Le Dr Gabriel GAUTHIER

Le goitre exoplithalmique est appelé souvent aussi cachexie exophthalmique, parce que, dans le cours de la maladie, une véritable cachexie se manifeste : marasme, décoloration des tissus, oedème des extrémités inférieures, etc.; quelquefois même, de la leucocythémie — ou plutôt leucocytose — a été constatée. Cet état cachectique, dernière étape de la maladie, a été généralement attribuée aux troubles circulatoires et digestifs. On conçoit, en effet, que l’hématose s’accomplisse mal dans les capillaires généraux chez des malades qui ont habituellement de 120 à 150 pulsations par minute, et chez lesquels il existe une perturbation profonde des fonctions digestives, de l’assimilation en particulier. Mais nous croyons que, dans certaines circonstances, cette cachexie a encore une autre cause que nous n’avons trouvée mentionnée nulle part : nous voulons parler du rôle hématopoïétique de la glande thyroïde. C’est pourquoi nous préférerions de beaucoup, quand on parle de la maladie de Basedow, l’expression de cachexie thyroïdienne à celle de cachexie exophthalmique, qui semble indiquer entre les deux termes une relation de cause à effet qui n’existe nullement. Des trois phénomènes de la triade symptomatique (tachycardie, exophthalmie, tuméfaction thyroïdienne), l’exophthalmie est précisément le seul auquel, dans aucune théorie, on n’a fait jouer de rôle

nerfs du cou par la glande thyroïde hypertrophiée soit la cause primordiale du complexus symptomatique basedowién; nous disons simplement que les lésions du corps thyroïde

sibilité : les impressions tactiles sont ralenties, tandis que des sensations subjectives surviennent, douleurs occipitales,' fourmillements, élancements dans les membres; les malades ont une sensation de froid très pénible. — Des troubles trophiques apparaissent ; les poils deviennent secs, cassants, et tombent. Les menstrues disparaissent ; on a constaté quelque! fois l’atrophie de l’utérus. — Les désordres psychiques ont'

suies surrénales dans la maladie d’Addison. La fonction de la thyroïde est, en effet, avant tout, hématopoïétique, et c’est assurément en raison des notions encore indécises sur son

rôle histo-chimique, qu’on lui a attribué jusqu’ici des fonctions d’ordre mécanique d’une importance prépondérante, que, par exemple, on l’a appelée emphatiquement cœur cervical. Mais tous les travaux récents de physiologie tendent de plus en plus à mettre en relief cette fonction hématopoïétique de la thyroïde. D’après Schiff (1) et Rogowicz (2), cette glande détruirait une substance toxique de nature encore in¬

connue, qui se produirait continuellement dans l’organisme et s’y accumulerait en l’absence de la thyroïde ; Horsley prétend que c’est la muciDe quelle est chargée de détruire.

observation très instructive ; la voici, résumée :

Une dame de 60 ans s'était aperçu, dès l’âge de 30 ans, que son cou s’élargissait et que chacune de ses grossesses (au nombre de huit) donnait une nouvelle poussée à cette tuméfaction. En six ans, la tumeur avait acquis le volume

à» BuUtU» de VAcad. de mèd., 2- série, t. IX, p. 401,- et Société dé chirurgie, avril 1880. |

(8) Brfti’htmd^journal, 19 décembre 1874.

1882 C ° ntribu,<0n à l ’ itude du 9° t,r ‘ ^ophthelmique, thèae de Pari»,

Page 1