‹ Exposé des travaux scientifiques du Dr Gabriel Gauthier, de Charolles, candidat au titre de membre correspondant national de l'Académie de médecine dans la première division, médecineChapitre 7 sur 30 · MÉDICATION · texte numérisé non relu

MÉDICATION

THÉORIE DE LA MÉDICATION

son qui, en s’accumulant dans l’organisme à la suite de l’opération de la thyroïdectomie, provoque les phénomènes de la cachexie strumiprive. Ce poison est détruit ou neutralisé par le véritable produit de sécrétion de la glande thyroïde, lequel contient un ferment spécial (enzyme).

Le rôle physiologique du corps thyroïde consisterait donc à épurer l’organisme de la thyroprotéide contenue dans le

102 ÉTUDE GÉNÉRALE DES MÉDICATIONS THYROÏDIENNES 3 d’autant plus plausible qu’oflo est conforme aux connais- ; sances qu’on avait depuis longtemps de l’action presque spécifique de l’iode sur la thyroïde.

Ainsi donc, cette théorie antitoxique, telle qu’elle a été présentée par Notkine, puis complétée par la découverte de Baumann, peut être résumée de la façon suivante : la thyroprotéide, substance nuisible qui prend naissance dans l’organisme, subit, au sein même de la glande thyroïde, uû.e neutralisation ou une destruction par l’action dé la thyro-io-. dine, substance bienfaisante et de sécrétion thyroïdienne. A C’est sous cette forme synthétique quo, dans l’état actuel de nos connaissances sur ce sujet, l’action antitoxique des produits thyroïdiens doit, croyons-nous, être présentée. i Eh bien ! quand on y regarde de près, cette théorie antitoxique de la médication thyroïdienne est loin de satisfaire l’esprit et donne lieu à de nombreuses objections. Ce qu’on, ne saisit pas très bien dans cette théorie, c’est comment il se fait que la substance thyroïde en nature, qui contient par conséquent àla fois le produit toxiquo, thyroprotéidedoNotkinéï ’ etleproduitantitoxique,thyro-iodine de Baumann,reproduise, dans la médication thyroïdienne, les seuls effets du produit antitoxique.Que deviennent donc alors les effets do la thyroprotéide qui représente presque toute la matière colloïde, laquelle constitue presque en entier le suc thyroïdien naturel? Est-ce parce qu’il doit toujours y avoir dans une glandé,, thyroïde saino — comme sont naturellement celles qui servent à la préparation du suc — une prédominance du produit antitoxique, produit neutralisant, sur le produit toxique qui doit être neutralisé, et que le premier, étant de nature enzymaire, ne compte pas par sa quantité mais par sa simple présence, celle-ci fût-elle représentée.par une dose infinité-, simale ? L’explication pourrait être acceptée avec la théorie, telle que l’a formulée Notkine, c’est-à-dire en admettant l’exis-

plus puissant et qu’il n’y a pas dans toute la matière médicale une autre substance dont l’action curative soit plus évidente, plus prompte et plus sûre. Non seulement il fait disparaître complètement les accidents consécutifs à l’absence de la glande, mais encore il agit favorablement sur chacun des symptômes de la cachexie strumiprive, pris isolément et envisagé en dehors de cette cachexie.

Or, à bien considérer, tous ces symptômes relèvent moins

THÉORIE DE LA MÉDICATION

et aussi bien les fait disparaître quand ils sont formés. On a même traité avec succès par le suc thyroïdien la syphilis maligne, rebelle au traitement spécifique ioduré (Menziès) (1);

Nous croyons donc que l’iodothyrine a une influence directe sur le métabolisme, sans même qu’il soit besoin do l’intermédiaire du système nerveux pour expliquer son in-

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d’autres phénomènes morbides se raltachant, non plus, comme le rnyxœdème, à la suppression du corps thyroïde et à l’absence de sa sécrétion, mais au contraire à l’hypertrophie de l’organe et à l’exagération ou à l’adultération de sa sécrétion.

En un mot, comment se comporte la sécrétion thyroïdionne dans le goitre simple, dans le goitre exophtalmique, et aussi dans les cas où le corps thyroïde, à l’instar des autres glandes, sans présenter de lésions anatomiques apparentes, se trouve modifié dans sa fonction de sécrétion ?

Ces différentes questions seront passées en revue dans la seconde partie de ce livre, où sera traitée la « médication thyroïdienne dans les maladies ».

Mais, avant d’aborder cette deuxième partie, il est intéressant de passer uno revuo complémentaire de la médication paralhyroïdienne et de la médication hypophysaire.

MÉDICATION HYPOPHYSAIRE

lymphatiques, dans lesquels on retrouve, en effet, des bouchons de cette substance (Pisenti et Viola).

Pisenti (1) a même établi que la thyroïde et la pituitaire pouvaient être considérées comme ayant la même origine embryogénique. Jusqu’à lui on admettait sans conteste l’origine ectodermique de l’hypophyse, à l’encontre de celle du corps thyroïde, d’origine endodermique. Or, ce physiologiste a trouvé que dans l’hypophyse, abstraction faite de la partie nerveuse postérieure, la partie antérieure,épithéliale,pouvait se scinder elle-même en deux portions : l’une antérieure, la plus considérable et la plus vasculaire,avec de gros follicules remplis de matière colloïde; l’autre postérieure, où la structure folliculaire est moins apparente, les vaisseaux moins . nombreux, la matière colloïde absente. Pisenti rapproche ces données des découvertes embryologiques de Valenti et de Kupfer, qui assignent en effet à la portion épithéliale du corps pituitaire une double origine : l’une ectodermique (du bourgeon pharyngien des classiques), l’autre endodermique, aux dépens d’un diverticule de l’intestin primitif. Pisenti; fait provenir du bourgeon endodermique la partie antérieure, folliculaire, colloïde, sus-mentionnée, et ainsi s’expliquerait son analogie de structure et de fonctions avec le corps thyroïde. Cette analogie est d’autant plus manifeste que, chez l’adulte, seule la portion antérieure subsiste, la portion postérieure s’atrophiant.

D’après Marie, le corps pituitaire exerce sur le développement de l’organisme une influence semblable à celle du corps thyroïde ; mais son rôle dans le mouvement des échanges organiques semble porter en particulier sur la nutrition des systèmes osseux, musculaire et vasculaire.

Que, sous l’influence d’un état morbide, l’activité de l’hypophyse soit accrue, le développement de ces systèmes osseux

(i) Pisenti, Gazetta degli Ospedali, 1895, no 5o.

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