‹ Exposé des travaux scientifiques du Dr Henri de Rothschild, avec 6 planches et 1 figureChapitre 4 sur 13 · LE LAIT ET L’ALLAITEMENT · texte numérisé non relu

LE LAIT ET L’ALLAITEMENT

Notes sur l’hygiêne et la protection de ïenfance d'après des études faites à Berlin, Saint-Péterslourg, Moscou, Vienne et Budapest.

Paris, 1897, Masson & G', 176 p, 8° (avec plans).

Au moment où la pédiatrie, c’est-à-dire l’art d’élever les nourrissons et de soigner les enfants, allait se créer une véritable autonomie ; où l’on commençait à employer le lait stérilisé dans l’allaitement artificiel, et où l’on fondait à Paris des crèches et des dispensaires destinés à pourvoir à l’alimentation et à la protection du nourrisson dans les conditions les plus hygiéniques, le Ministre de l’Intérieur chargea l’auteur d’une mission officielle dans le but d’étudier en Allemagne, en Russie, en Autriche-Hongrie, l’organisation des maternités, des crèches, et de l’assistance donnée à la première enfance.

Deux villes sont visitées en Allemagne : Francfort-sur-le-Mein et Berlin. La première possède plusieurs établissements hospitaliers (crèche, hôpital pour enfants, maternités) dus à des fondations particulières ou à des libéralités de familles riches de la ville ; il y existe aussi des laiteries modèles où l’on modifie le lait suivant la méthode de Gaertner et celle de Backhaus. Les laits dits modifiés sont employés de préférence chez les enfants débiles ou malades.

Les établissements visités à Berlin sont :

1° L’hôpital des Enfants-Malades Empereur et Impératrice Frédéric : l’alimentation des nourrissons y est exclusivement artificielle; le lait employé est fourni stérilisé par une laiterie modèle, placée sous la surveillance du directeur de l’hôpital, le D' Baginsky;

2° La clinique de gynécologie et d’obstétrique du professeur Œlshausen, où les soins donnés aux nouveau-nés sont des plus sommaires;

3“ Le dépôt des Enfants-Assistés, où les nourrissons sont allaités artificiellement avec du lait stérilisé suivant la méthode de Soxhlet ;

4“ La clinique d’accouchement et la clinique des Enfants-Malades de l’hôpital de la Charité ;

5‘> La laiterie modèle du Parc Victoria.

Dans les divers établissements hospitaliers visités à Saint-Pétersbourg (maternité, service d’accouchements de l’Académie de médecine, hôpital des Enfants-Malades du prince d’Oldenbourg, hospice impérial des Enfants-Trouvés, hôpital des Enfants-Malades Élisabeth, où les nourrissons sont allaités au sein soit par leurs mères, soit par des nourrices attachées à l’établissement. Institut de clinique obstétricale et gynécologique, crèches) et à Moscou (hôpital des Enfants-Trouvés, maternités, hôpital Sainte-Olga, hôpital des Enfants Saint-Wladimir, cliniques), on a pu constater que, fondations impériales, cliniques universitaires ou œuvres de bienfaisance, tous sont bien construits et bien aménagés et que les progrès de la science médicale y ont pénétré avec une rapidité qui paraît surprenante pour un pays si longtemps fermé aux nouveautés venant de l’étranger.

Les cliniques obstétricales de Vienne sont généralement insuffisantes, parce que les locaux où elles sont installées sont trop exigus, mal disposés et mal aérés et que le personnel de sages-femmes et d’infirmières y est insuffisant et en partie peu stylé.

Rien de particulier à signaler à Budapest. Plusieurs établissements hospitaliers sont ou en construction ou sur le point d’ouvrir leurs portes, tel l’hôpital des Enfants-Malades Adèle Brody. Il y existe un hôpital polir enfants pauvres, fondé en 1803 ; c’est l’hôpital Stéphanie.

En résumé, les hôpitaux et hospices de Saint-Pétersbourg et de Mos-

tal des Hnfants-Malades Sainte-Olga, à Saint-Pétersbourg; clinique d’accouchements, fondée par M"' E. V. Paskhalort, à Moscou ; hôpital Adèle Brody, à Budapest ; maternité de Moscou ; en tout quatorze plans.

Quelques observations sur l’alimentation des mmveau-nés et de l'emploi raisonné du lait stérilisé.

Paris, 1897, O. Doin, 154 p. 8° (45 graph.).

Ce travail donne la statistique des nourrissons présentés à la Polyclinique H. de Rothschild, 82, rue de Picpus, depuis le 25 mars 1896, date de l’inauguration de cet établissement de bienfaisance, jusqu’au 31 décembre de la même année, les résultats obtenus grâce à la distribution de lait stérilisé aux mères nécessiteuses, ainsi que les réflexions qu’ont suggérées les obsert'ations faites sur l’emploi de ce dernier dans l’allaitement mixte ou artificiel.

La très grande mortalité par gastro-entérite des nourrissons élevés artificiellement est due, dans la majorité des cas :

1° A la mauvaise qualité du lait vendu dans les quartiers populeux et pauvres de Paris;

2° Au mode d’emploi du lait, qui, bien que nullement frelaté, peut être mal administré;

3“ Aux altérations spontanées du lait.

Sur le conseil de son maître, le D' Budin, l’auteur avait créé, rue de Picpus, une Consultation de nourrissons, analogue à celle qui existait déjà à la Maternité de Paris, dans le but non seulement de soigner les enfants malades, mais encore de donner aux mères du lait stérilisé, de leur apprendre à s’en servir et de prévenir par là les accidents gastrointestinaux que détermine trop souvent l’usage du lait non stérilisé.

Deux catégories d’enfants nécessiteux ont bénéficié de la distribution gratuite de lait stérilisé :

1“ Les enfants élevés artificiellement, c’est-à-dire au lait stérilisé, sans le sein de la mère;

2» Les enfants élevés au régime mixte, c’est-à-dire au sein insuffisant, complété par une certaine quantité de lait stérilisé.

Chaque jour, on stérilisait, à l’établissement même, les 70 litres de lait nécessaires à la distribution quotidienne. Les flacons dans lesquels on distribuait le lait avaient une contenance de 150, de 200 ou de 500 grammes.

La partie de l’ouvrage réservée aux statistiques montre que 412 enfants se sont présentés à la Consultation de i à 25 fois. A la suite de ce relevé statistique, sont rapportées les 45 observations les plus intéressantes, accompagnées de graphiques indiquant, pour chaque enfant, les pesées, l’accroissement du poids et les quantités de lait prises.

Elles ont donné lieu aux conclusions suivantes ;

« L’allaitement mixte et l’allaitement artificiel bien institués et bien dirigés sont capables de donner des résultats souvent aussi satisfaisants que l’allaitement au sein. Mais si l’allaitement au sein n’offre, pour ainsi dire, aucune difficulté, et n’exige aucune connaissance spéciale, il n’en est pas de même de l’allaitement mixte et de l’allaitement artificiel. Pour

mener à bien l’allaitement au biberon, partiel ou absolu, il ne s’agit pas seulement de faire usage du lait stérilisé du commerce ; il faut encore savoir choisir ce lait, en reconnaître les qualités et les imperfections, et ne l’employer que sous la direction d’un médecin expérimenté. Aussi, les consultations de nourrissons dans les classes pauvres sont-elles d’une utilité indiscutable. Le peu de frais qu’elles exigent permettra à la charité publique et privée d’en étendre rapidement les bienfaits. »

ni

L’allaitement mixte et l'allaitement artificiel.

Paris, 1898, Masson & O', 659 p. 8» (éofig.).

Lorsque l’allaitement au sein, qui doit toujours être préféré, se trouve insuffisant ou impossible, on est obligé d’avoir recours à d’autres modes d’allaitement, à l’allaitement mixte ou à l’allaitement artificiel. L’ouvrage expose la question de l’allaitement dans son ensemble.

Allaitement au sein. — De nombreux accidents, pouvant devenir très graves, n’ont d’autre cause qu’une alimentation mal dirigée, mal réglée.

Il faut en effet éviter la suralimentation et la sous-alimentation. De là, la nécessité de régler les tétées de l’enfant, au point de vue de leur nombre, de leur quantité, de leur augmentation progressive ; de là l’emploi incessant de la balance.

Parmi les causes qui peuvent empêcher l’allaitement au sein, il faut signaler la brièveté du mamelon, les gerçures et crevasses, l’agalactie primitive ou secondaire, la galactorrhée, certains états particuliers du lait. Parmi les causes générales, à noter : les affections aiguës contagieuses (rougeole, variole) ; les affections non contagieuses (fièvre typhoïde, paludisme); les affections chroniques (tuberculose, cancer, hydrargyrisme, saturnisme) ; les affections cardiaques, les maladies nerveuses, la débilité, la folie, l’albuminurie.

L'influence que la grossesse exerce sur le lait des femmes qui allaitent n’est, dans l’immense majorité des cas, nullement nocive si la femme a une grossesse évoluant normalement ; quant à celle de la menstruation, sa répercussion sur la santé de l’enfant se borne en général à des troubles passagers, dépourvus de gravité.

Quand l’enfant est hérédo-syphilitique, il faut que la mère le nourrisse elle-même ou qu’on le soumette à l’allaitement artificiel ; en aucun cas, on ne doit le confier à une nourrice même prévenue et disposée à accepter toutes les conséquences de la contagion.

L’allaitement au sein peut être rendu difficile, sinon impossible, du fait même de l’enfant atteint d’aphtes, de bec-de-lièvre, de perforation de la voûte palatine, de tumeurs sublinguales, de paralysie du nerf facial ou de brièveté du frein de la langue.

A ces causes physiques, il faut en ajouter d’autres contre lesquelles la thérapeutique est impuissante et contre lesquelles la philanthrophie seule peut,, dans une certaine mesure, réagir et lutter. Ce sont les causes morales, ou plutôt les causes sociales ; la misère, l’abandon, l’obligation pour nombre de femmes de travailler au dehors pour gagner leur vie. De là, la nécessité d’élever l’enfant au biberon ou de le mettre en nourrice, nécessité qui a pour conséquence directe la mortalité si élevée des enfants du premier âge.

Si les deux modes d’allaitement, mixte et artificiel, étaient jusqu’alors

des troubles chez celui qui le consomme, ils sont devenus, grâce à la stérilisation du lait, d’une pratique facile et qui donne d’heureux résultats. Avant d’exposer leur technique, il importe de faire connaître ce qui constitue leur base fondamentale : le lait de vache.

L’étude de ce liquide est faite au double point de vue chimique et bactériologique. Dans le premier paragraphe de ce chapitre sont décrits les caractères physiques du lait (aspect, densité, couleur), ses caractères chimiques (éléments constitutifs, beurre, caséine, lactose, matières minérales, gaz), les influences modificatrices du lait (alimentation, repos, fatigue, différents moments de la traite), enfin les caractères des différents laits de femme, de vache, de chèvre, d’ânesse, etc.

TRAVAUX SCIENTIFiaUES

Les microorganismes du lait peuvent être divisés en deux groupes : les microorganismes pathogènes susceptibles de transmettre à l’homme des maladies telles que la fièvre thyphoïde, la diphtérie, le choléra, la scarlatine, la fièvre aphteuse, la tuberculose, et les microorganismes non pathogènes (bacillus acidi lactici, bacillus mesentericus, bacillus butyricus, bacillus subtilis, bacillus pyocyaneus, saccharomyces lactis, bacterium lactis erythrogenes, micrococçus prodigiosus), qui ne déterminent dans le lait que des modifications chimiques.

Dans la laiterie modèle, dont le troisième chapitre donne la description et l’organisation, l’hygiène a une importance capitale. Grâce à elle, on peut prévenir la contamination du lait par les microorganismes dont il vient d’être question. Il n’importe pas seulement que les étables et les ustensiles servant à la manipulation du lait remplissent, â cet égard, certaines conditions indispensables, il faut encore que les animaux soient sains, alimentés rationnellement et tenus le plus proprement possible. Quant au lait, il doit être recueilli d’une manière aseptique, refroidi immédiatement après la traite, filtré, puis pasteurisé à 70“.

Si la pasteurisation à 70 ou 75° ne détruit pas radicalement tous les germes que l’appareil à filtrer n’a pu retenir, elle anéantit du moins bon nombre d’entre eux et enraie pour quelque temps le développement des autres ; elle permet de conserver le lait frais pendant 24 heures.

Dans le chapitre consacré à l’étude de l’approvisionnement en lait de la ville de Paris sont étudiés : la provenance du lait, les fraudes (écrémage et mouillage) et les falsifications dont il est l’objet. L’analyse d’échantillons de lait prélevés dans les 20 arrondissements de Paris a révélé ce fait qu’en aucun cas, le lait ne présentait sa teneur normale en matières grasses.

Toutes les considérations qui précèdent étaient indispensables pour bien faire comprendre dans quelles conditions doivent être pratiqués l’allaitement mixte et l’allaitement artificiel.

L’allaitement mixte consiste à donner au nourrisson des rations de lait de femme alternant avec des rations de lait animal. Chacune des deux espèces de lait peut être administrée dans des proportions variables, suivant les cas.

L’allaitement artificiel consiste dans la suppression du lait maternel et l’usage exclusif du lait de chèvre, d’ânesse ou de vache. Longtemps, on se servait de préférence, dans ces deux modes d’allaitement, de lait de vache administré pur ou coupé d’eau. Pour obvier aux troubles intestinaux qui en résultent, il est bon de substituer au lait cru le lait stérilisé.

La technique des deux modes d’allaitement en question est plus difficile et plus compliquée que celle de l’allaitement au sein. On doit, autant que possible, se servir de lait stérilisé en petits flacons d’une contenance maximum de loo à 150 grammes, représentant une tétée d’enfant de 5 à 6 mois. Si l’on ne peut se procurer du lait stérilise industriellement, on pratiquera à l’aide d’appareils spéciaux (Soxhlet, Gentile, etc.) la stérilisation à domicile ; les flacons qu’on y emploie doivent avoir la contenance susdite, être soigneusement bouchés et, après la stérilisation, conservés au frais jusqu’au moment de servir ; ils doivent être tiédis au bain-marie avant d’être débouchés ; le lait qui y reste en vidange ne doit plus être utilisé. Les flacons, ainsi que le biberon, doivent être, après chaque tétée, nettoyés avec le plus grand soin. L’emploi du biberon i tube comporte bien des dangers. Le meilleur des biberons est celui qui est tout à la fois le plus simple et le plus facile à tenir propre ; le galactophore de Budin peut être considéré comme rémplissant le mieux ces conditions. Lorsque le coupage du lait est prescrit, il faut le pratiquer avant la stérilisation, avec de l’eau filtrée et bouillie.

Les tétées doivent être régulièrement espacées, de façon à permettre au tube digestif d’accomplir normalement ses fonctions physiologiques. Si la tétée est trop prolongée, si elle a lieu à des intervalles trop rapprochés, l’enfant digère mal ; il a des régurgitations, des vomissements et de la diarrhée. Il est facile de contrôler la quantité de lait absorbé ; on n’a qu’à peser l’enfant avant et après chaque tétée. La balance pèse-bébé peut encore faire connaître toutes les semaines, tous les mois, les résultats de l'assimilation. En inscrivant ceux-ci sur une feuille graphique, portant l’indication en pointillé de l’augmentation moyenne du poids d’un enfant de O à I an, on peut facilement se rendre compte s’il se développe normalement ou irrégulièrement. Un état stationnaire du poids attirera l’attention du médecin.

Le lait de vache employé dans l’allaitement mixte et dans l’allaitement artificiel peut être stérilisé industriellement ou à domicile.

La stérilisation industrielle peut se faire soit dans l’autoclave, soit dans les appareils de Hignette et Timpe, de Popp et Becker, de Gaertner, soit encore dans les étuves autoclaves de Backhaus, Grunwald et Œhlmann. Le lait y est stérilisé dans des flacons de contenances diverses, obturés suivant différents systèmes (système dit à la baïonnette ou de la canette de bière, bouchons de liège stérilisés, etc.).

Dès 1892, le D' Budin employait, à la Charité et à la Maternité, le lait stérilisé au bain-marie à ioo°, d’après la méthode de Soxhlet.

On peut réaliser à domicile : i° la stérilisation absolue ; 2° la stérilisation incomplète ou relative.

La stérilisation absolue est obtenue par la méthode de l’autoclave, pat celle de Tyndall ou par le procédé Legay, qui consistent à soumettre le lait à une température variant entre 105 et 120° et détruisant tout germe pathogène. Le lait stérilisé d’une manière absolue est susceptible d’être longtemps conservé.

La stérilisation incomplète ou relative, qui détruit tous les microorganismes pathogènes à l’exception de leurs spores, est réalisée à l’aide des appareils de Soxhlet, d’Egli-Sainclair, de Vinay, de Gentile, de Budin, tous fondés sur le même principe : le chauffage du lait au bain-marie (à 100°) pendant une demi-heure, avec obturation hermétique et automatique du flacon, produite par la raréfaction de l’air à l’intérieur du récipient, après refroidissement. La stérilisation à domicile est véritablement pratique, en raison de sa simplicité et de son bon marché.

La clinique et l’expérimentation ont démontré d’une façon incontestable la supériorité du lait stérilisé 1° sur le lait cru et 2“ sur le lait

L’innocuité du lait stérilisé, même 56 heures après la traite, a été démontrée. L’auteur a entrepris une série d’expériences sur des lapins, auxquels il a injecté dans la veine de l’oreille des doses égales de lait fraîchement trait et de lait stérilisé. Il n’a observé aucun phénomène toxique chez les lapins qui ont reçu du lait stérilisé. Il peut donc affirmer : à) que le lait stérilisé ne contient aucune toxine dangereuse ;

V) que si le liquide contient avant la stérilisation des toxines élaborées par les microorganismes, elles sont détruites par le chauffage auquel le liquide est soumis.

On a reproché au lait stérilisé d’avoir un goût désagréable. Certains laits, en effet, ayant séjourné dans des flacons bouchés avec des obturateurs en caoutchouc, ont un goût désagréable de caoutchouc ou d’hydrogène sulfuré. Enfin, le lait prend un goût de beurre rance, quand il séjourne plusieurs mois en bouteille.

Il est facile de supprimer ces deux inconvénients, d’une part, en remplaçant les bouchons de caoutchouc par des bouchons de liège stérilisés et paraffinés, et d’autre part, en stérilisant le lait tous les jours, ou du moins en ne faisant usage que de lait daté.

Il est un certain nombre de nourrissons qui, pour des causes souvent difficiles à expliquer, ne parviennent pas, dans les premiers mois qui suivent leur naissance, à digérer le lait stérilisé pu à se l’assimiler. On a donc essayé de transformer le lait de vache en modifiant ses principes chimiques et de le rendre, autant que possible, semblable au lait de femme. C’est ce qui constitue le lait maternisé.

Tels sont le lait décaséiné de Winter ou le lait humanisé ; le lait de Backhaus, de Gaertner, de Dufour (de Fécamp). Qu’il s’agisse de l’un ou l’autre de ces laits, deux conditions sont indispensables :

1° Il faut que le lait soit maternisé dans la demi-heure qui suit la

2“ 11 faut, autant que. possible, que le lait maternisé soit employé dans les 24 heures qui suivent sa fabrication.

Les laits fermentés, tels que le koumys et le kéfir, doivent être réservés pour les affections gastro-intestinales.

Le lait condensé, acceptable pour les adultes, doit être absolument rejeté comme moyen d’allaitement artificiel.

Quant à l’emploi du lait peptonisé dans l’alimentation des enfants débiles et prématurés, ou devenus cachectiques par suite d’une alimentation défectueuse, les essais de Budin et de Michel ont montré qu’il donne d’excellents résultats, notamment chez les enfants débiles qui ne supportent pas le lait de femme.

L’allaitement mixte et l’allaitement artificiel comportent un point de vue philanthropique ; c’est la distribution gratuite de lait stérilisé aux mères de famille de la classe ouvrière qui ne peuvent se procurer à bon compte du lait produit dans les conditions exigées par l’hygiène moderne. L’exemple du D' Budin qui, le premier, distribua, dès 1892, du lait stérilisé à la Consultation spéciale des nourrissons de la Charité, a été suivi par de nombreux établissements publics ou privés, et, en premier lieu, par la Polyclinique H. de Rothschild, installée rue de Picpus.

A l’appui des chapitres précédents, l’auteur donne les résultats cliniques oUenus par lui-même et par d’autres.

Il en ressort que partout où le lait stérilisé a été employé dans l’allaitement mixte et l’allaitement artificiel, la mortalité des nourrissons par diarrhée, gastro-entérite, a notablement diminué et qu’en tout cas, il n’a que rarement déterminé, chez les nourrissons, des troubles gastro-intes-

Voici la statistique de la Polyclinique de la rue de Picpus, du 25 mars 1896 au 15 décembre 1897: Enfants: 1067; 567 ne sont venus à la consultation que une, deux ou trois fois; 500 sont venus à peu près régulièrement.

Parmi ces derniers, 85 ont reçu du lait stérilisé gratuitement et régu lièrement pendant une durée moyenne de six mois; 100 à 150 enfants ont reçu du lait demi-gratuit.

Sur les 85 enfants, décès: 15, dont 3 seulement par diarrhée, c’està-dire, mortalité par diarrhée : 5,65 p. 100.

Le dernier chapitre comprend l’exposé des observations ayant trait aux différents modes d’allaitement et à l’emploi des différents laits. Elles sont au nombre de : 10 pour l’allaitement mixte ; 10 pour l’allaitement artificiel ; 15 pour le lait maternisé ; 10 pour le lait maternisé peptonisé.

Des courbes et graphiques accompagnent ces observations. Arrivé à la fin de son travail, l’auteur conclut qu’au point de vue de l’allaitement des nourrissons, il faut avoir recours d’abord et avant tout au sein, puis, à son défaut, au lait stérilisé, qui a aujourd’hui fait ses preuves et tend tous les jours des services inappréciables.

L’ouvrage se termine par une série de pages où l’auteur a réuni une

bibliographie aussi complète que possible sur le lait et a dressé une liste des auteurs qui se sont occupés de cette question.

Hygiène de l’allaitement. — Allaitement au sein, allaitement mixte, allaitement artificiel, sevrage.

Paris, 1899, Masson & G', iv-i98 p. 12°.

Ce petit ouvrage, qui a eu deux éditions, s’adresse plus particuliérement aux mères de famille. Il n’a d’autre prétention que de leur servir de guide pendant les premières années de leur maternité.

L’hygiène de l’allaitement y est traitée en quatre parties savoir : l’allaitement au sein, l’allaitement mixte et l’allaitement artificiel, le sevrage et la pathologie de l’allaitement.

Dans la première partie, l’allaitement au sein est envisagé à tous les points de vue. En thèse générale, la mère doit allaiter son enfant quand elle le peut. Si des causes physiques, l’existence d’affections chroniques ou la malformation des seins l’en empêchent, elle doit se faire remplacer par une nourrice. Les conditions que doit présenter une bonne nourrice sont multiples ; elle doit être exempte de maladies transmissibles, de tares héréditaires, avoir une bonne constitution et un lait normal.

Au point de vue du développement régulier du nourrisson, la réglementation des tétées est d’une haute importance ; la suralimentation doit être proscrite chez le nourrisson bien portant, en raison des troubles digestifs qu’elle peut provoquer.

Les huit chapitres de la deuxième partie traitent de l’allaitement mixte et de l’allaitement artificiel, ainsi que des laits qui y sont employés. Ce sont d’abord de courtes notions simples et précises sur la composition, la bactériologie et l’hygiène du lait animal, sur la valeur du lait cru, du lait bouilli et du lait stérilisé.

Il importe que la verrerie qui sert à contenir le lait soit entretenue dans la propreté la plus méticuleuse ; il en est de même du biberon. Le meilleur, c’est le plus simple, celui qui comporte le moins de tubes, de raccords et de pièces. Quel qu’il soit, il doit être nettoyé et stérilisé dans l’eau bouillante aussitôt après la tétée, puis être conservé dans de l’eau bouillie ou dans une solution à 2 p. 100 d’acide borique.

Le lait stérilisé employé, qu’il soit stérilisé à domicile ou qu’il le soit industriellement, doit être absolument pur. En attendant d’être administré, il doit être conservé au frais dans des flacons bien bouchés.

Lorsque le coupage du lait est prescrit, c’est avant de stériliser qu’on ajoutera la quantité d’eau nécessaire, préalablement filtrée et bouillie.

On ne doit employer le lait de conserve (lait stérilisé du commerce) qu’après s’être assuré qu’il a conservé l’aspect normal du lait et qu’après l’ouverture de la bouteille, il ne s’en dégage ni gaz ni mauvaise odeur.

Toutes ces prescriptions, quelque compliquées qu’elles paraissent être, ne sont cependant pas suffisantes pour faire réussir l’allaitement artificiel. Il est, en effet, non moins important de connaître la quantité de lait qu’il convient de donner au nourrisson. Les tétées doivent être régulièrement espacées. Pour se rendre compte de la quantité de lait qu’absorbe le nourrisson à chaque repas, on peut recourir aux biberons gradués. La balance pèse-bébé peut également l’indiquer, en même temps que l’augmentation de poids réalisée dans les 24 heures ou dans la semaine.

L’allaitement mixte et l’allaitement artificiel ne sauraient exister aujourd’hui sans l’usage d’un lait stérilisé et d’un pèse-bébé.

Les différents procédés auxquels on a recours, à domicile ou dans l’industrie, pour stériliser le lait; la valeur nutritive du lait stérilisé; la maternisation du lait de vache ; l’alimentation des enfants débiles par les laits peptonisés sont les sujets traités dans les autres chapitres de la deuxième partie.

Le sevrage, auquel est consacré la troisième partie, est la substitution totale ou partielle du lait de femme, soit par du lait de vache, soit par d’autres aliments. L’époque du sevrage dépend essentiellement de la mère. Si la lactation ne la fatigue pas, elle peut sans inconvénient continuer à nourrir jusqu’au 9', 10® ou 12' mois. Mais quand le lait de femme est devenu insuffisamment nutritif, il faut sevrer l’enfant sans retard. Pour habituer le nourrison au lait de vache stérilisé et pour parer aux dangers d’un sevrage prématuré et brusque, on peut lui donner, dès le 3® ou le 4' mois, de petites quantités de lait stérilisé. Le sevrage progressif, ainsi entendu, doit être préféré au sevrage brusque.

Pour la préparation des bouillies et des panades, on peut se servir de farines lactées, de farines de maïs, de froment, d’orge, de la crème de Biedert ou de celle de Liebig, de biscottes, de racahout et produits similaires, de semoules, etc.

C’est en se conforniant aux préceptes d’hygiéne énoncés que l’on peut éviter à l’enfant les troubles gastro-intestinaux aigus ou chroniques, qui aboutissent si souvent au rachitisme, à la scrofule et à la tuberculose.

Bihliograpbia lactaria. — Bibliographie générale des travaux parus sur le lait et sur Vallaitement jusqu’en iSqq.

Paris, 1901, O. Doin, xii-584 p. 8°.

(Avec un supplément pour 1900 et un supplément pour 1901.)

L’allaitement mixte et l’allaitement artificiel, publié en 1898, comporte une importante bibliographie sur ce sujet, si importante qu’on eût pu la

croire définitive et complète. Il n’en était rien. La Bibliographia lactaria révèle l’existence d’un nombre de travaux sur le lait et sur l’allaitement trois fois plus grand que celui fourni en 1898. Les 2.800 indications de la première bibliographie se trouvent dans le présent ouvrage portées au total de 8.400.

L’utilité de cet ouvrage est nettement déterminée dans la préface de M. E. Duclaux, directeur de l’Institut Pasteur, a Une bibliographie scientifique est, pôür les faits, l’équivalent exact de ce qu’est un dictionnaire pour les mots. Elle les présente dans un ordre déterminé qui est, en général, l’ordre chronologique, et elle offre alors cet avantage que n’a pas le dictionnaire : c’est qu’elle établit une filiation entre les divers faits qu’elle mentionne. Elle serait parfaite si elle ne mentionnait jamais que des faits vrais et passât sous silence tous les mémoires qui ont tourné autour de la vérité sans la voir. Mais cet idéal n’est pas réalisable, ni même, peut-être, souhaitable. »

Les travaux antérieurs de l’auteur sur le lait et sur l’allaitement l’avaient contraint â faire de nombreuses recherches documentaires dans une multitude de publications anciennes et modernes, recherches qui lui ont fourni l’occasion de constituer l’important dossier bibliographique en question. Il a jugé intéressant de le publier dans le but de renseigner rapidement tous ceux qui, savants ou chercheurs, s’occupent à des titres divers des laits de femme, de vache, d’ânesse, de brebis, etc. Le microbiologiste peut consulter avec fruit le chapitre : bactériologie; l’hygiéniste, les chapitres : hygiène et législation, fraudes et falsifications; l’ingénieur agricole, les chapitres : lait conservé, lait pasteurisé, industrie laitière, brevets d’invention, enfin le médecin, les chapitres: diététique et thérapeutique, koumys et kéfir, lactation, allaitement, laits modifiés, nourrices, biberon.

Dans les deux premières parties de cet ouvrage (1° étude générale du lait, 2“ modes d’allaitement), ils trouvent, méthodiquement classées, dans chaque chapitre, d’abord par ordre chronologique, puis par ordre alphabétique de noms d’auteurs pour chaque année, des indications bibliographiques sûres et précises, soigneusement collationnées, rédigées dans la langue même où le travail a paru, mentionnant, de plus, pour

ceux qui ignorent les langues étrangères, ou qui ne peuvent consulter l’original, les périodiques contenant soit un extrait, soit un résumé, soit encore une traduction de ce dernier. Le nombre des citations de périodiques peut être évalué à vingt mille.

La troisième partie est relative aux brevets d’invention pris en France depuis 1860; en Allemagne, en Angleterre et en Amérique (États-Unis) depuis 1880; elle est divisée en quatre paragraphes correspondant aux quatre nationalités.

La première partie, Lait, comporte 17 chapitres, savoir : 1“ Généralités sur le lait, 2° lait de femme, 3° lait de vache, 4” lait d’animaux divers, 5° physiologie, 6“ pathologie, 7° analyse (avec subdivisions pour le dosage des différents éléments constitutifs du lait), 8“ bactériologie, 9» hygiène et législation, 10“ fraudes et falsifications, ii» diététique et thérapeutique, I2« koumys et kéfir, 13“ petit-lait, 14° lait stérilisé et lait pasteurisé, 15“ lait condensé et lait conservé, 16» transmission de maladies (tuberculose et maladies diverses, milk-sickness), 17° industrie laitière (avec subdivisions pour la production, la stérilisation, la conservation, le transport, le commerce du lait et l’hygiène des vacheries).

La deuxième partie, Allaitement, se compose de huit chapitres : 1“ Lactation (généralités et anomalies), 2» allaitement en général, 3“ allaitement naturel, 4» allaitement artificiel, 5» laits modifiés et succédanés, 6° nourrices, 7° transmission de maladies par l’allaitement, 8° biberon.

L’ouvrage se termine parla liste des périodiques cités en abrégé et une table des noms d’auteurs.

Dans son introduction à la Bihliographia lactaria, l’auteur manifesta l’intention de compléter celle-ci en lui donnant tous les ans un supplément.

Deux suppléments ont paru jusqu’à présent: le premier (pour l’année 1900), fort de vi-98 pages, mentionne 1324 travaux datant de 1900 ou d’années antérieures; le deuxième (pour l'année 1901), fort de vr-io6 pages, signale à son tour 1578 travaux parus en 1901 ou antérieure-

Pasteurisation et stérilisation du lait.

Paris, 1901, O. Doin & Ch. Béranger, 93 p. 12“(33 fig.).

L’étude bactériologique du lait a révélé que les antiseptiques dits a conservateurs » ou ,« anticoagulants » sont impuissants à prévenir ou à arrêter dans ce liquide le développement de microorganismes susceptibles de l’altérer. C’est par la pasteurisation et la stérilisation, c’est-à-dire par la destruction partielle ou complète des bactéries qu’on parvient à assurer la conservation momentanée ou prolongée du lait.

Vulgariser ces deux procédés, c’est le but que l’auteur s’est proposé dans cet opuscule. Il importe, au point de vue de l’hygiène du nourrisson élevé artificiellement, que tout le monde sache qu’une température de 75 degrés détruit dans le lait la plupart de ses microorganismes et qu’une température de 100 à 115 degrés le rend tout à fait stérile.

Après un exposé succinct de nos connaissances actuelles sur la composition chimique des divers laits de femme et d’animaux et sur les influences susceptibles de la modifier; sur la bactériologie du lait au point de vue de la transmission des maladies infectieuses (diphtérie, fièvre aphteuse, tuberculose, etc.), l’auteur traite, dans les chapitres III et IV, des moyens de combattre ces influences et de rendre cette transtnission impossible; ces moyens sont: la pasteurisation et la stérilisation.

La première consiste à porter le lait à une température de 75 à 80 degrés et à l’y maintenir deux ou trois minutes, à le refroidir ensuite à 7 ou 8 degrés, afin de l’aérer et de l’empêcher de prendre le goût de cuit. Après avoir subi cette double opération dans des appareils, dont on donne la description et le fonctionnement, le lait est débarrassé de tous les microorganismes et de toutes les levures qu’il contenait. Cependant

les spores de ces microorganismes résistent à ce traitement et continuent à subsister dans le lait; au bout de 36 ou 48 heures, ils donnent naissance à de nouvelles colonies de microbes.

La pasteurisation est donc employée pour les laits qui sont destinés à être conservés 24 heures. Elle retarde simplement l’altération du liquide. A cet égard, elle constitue une garantie pour le producteur et le vendeur, mais non pas pour le consommateur. Elle n’est qu’une opération incomplète et insuffisante au point de vue de la destruction des microbes. Pour arriver à celle-ci, il faut avoir recours à la stérilisation par la

Stériliser le lait, c’est anéantir les microorganismes qu’il contient; 1“ pour le rendre inoffensif même pour les nourrissons élevés artificiellement ; 2“ pour lui permettre de se conserver et d’être transporté à longue distance.

La stérilisation peut être effectuée à domicile, avec l’appareil Soxhlet, c’est-à-dire au bain-marie ; elle peut aussi être faite industriellement. Le chauffage au bàin-marie qui permet d’obtenir une température voisine de 100“ est suffisant pour stériliser le lait destiné aux nourrissons, puisqu’il assure la destruction du ferment lactique et de tous les germes capables d’infecter le tube digestif Cette méthode de stérilisation n’est cependant que relative. Pour obtenir la stérilisation absolue, c’est-à-dire, la destruction complète des microorganismes non pathogènes, susceptibles de déterminer la fermentation et la décomposition du lait, il faut avoir recours à une température voisine de 115 degrés. Les expériences de laboratoire ont démontré en effet que du lait contenant un grand nombre de bacilles et de bactéries peut se conserver indéfiniment après avoir été soumis, pendant une demi-heure au moins, à la température de iio degrés. Ce mode de stérilisation est celui que l’industrie a adopté.

Les appareils employés pour la stérilisation industrielle du lait sont tous fondés sur le principe de l’autoclave, plus ou moins modifié. On y chauffe le lait à des températures variant entre 105 et 120 degrés, sous une pression de plusieurs atmosphères. Les appareils (de Hignette et Timpe, de Popp et Becker, de Gentile, etc.) ne diffèrent entre eux que par leurs dimensions et leurs dispositions.

appareils de Soxhlet, de Gentile, de Budin ; la stérilisation absolue, par le procédé de l’autoclave, par la méthode de Tyndall (stérilisation discontinue, pendant 45 minutes, trois fois de suite à 24 heures d’intervalle) et le procédé Legay (stérilisation dans un bain-marie salé à saturation, donnant à l’ébullition une température de 106 à 108 degrés).

Au point de vue du produit de la stérilisation, on peut dire que le lait stérilisé, tout en offrant les garanties désirables contre la contagion et l’infection du tube digestif des nourrissons, est aussi nutritif que le lait frais. Il est plus assimilable et plus digestif que le lait bouilli. Enfin le lait stérilisé dans des flacons bouchés au liège n’a pas le goût désagréable des laits stérilisés, conservés dans des flacons bouchés avec des obturateurs en caoutchouc.

Igime delV allattammto. Allattamento al smo. Allattamento msto, Allattammto artificiak. Dive^zamento. Traduzione autorizzata con note del Dott. Gino Gelli.

Firenze, t902, Tip. G. Civelli, 212 p. I2°(fig.).

Le D' Gino Gelli, de Florence, a fait paraître une excellente traduction en italien de l’ouvrage du D'Henri de Rothschild : Hygiène de l’allaitement.

traduction. « La lecture attentive du présent manuel, dit-il, m’y a fait découvrir deux grandes qualités qui ne se rencontrent pas d’ordinaire dans les ouvrages d’hygiène s’adressant plus spécialement au public ; ce sont : la clarté et la rigueur scientifique. Elles sont de nature à rendre ce livre également utile aux médecins et aux familles dans leurs efforts communs pour le sauvetage de la première enfance. En mettant en pratique les maximes qui y sont exposées d’une manière si claire, les mères de famille s’épargneront à elles-mêmes une infinité de tracas et d’ennuis et à leur nourrisson cette foule de malaises et d’indispositions dont il est constamment menacé. »

Quelques notes explicatives accompagnent le texte de la traduction, à laquelle l’auteur a joint un appendice qui contient le résumé des principales questions touchant le lait et l’allaitement qui ont été discutées au Congrès d’hygiène de l’allaitement tenu à Milan en 1899 et au Congrès de pédiatrie tenu en 1901 à Florence.

vni

Ze lait à Copenhague.

Paris, 1903, O. Doin, 36 p. 8».

Cette monographie est une contribution à l’étude de la production et du conditionnement du lait en vue de l’approvisionnement des grandes villes et de l’exportation.

Elle concerne les deux sociétés laitières les plus importantes de Copenhague, la Kjobmhams Maelkeforsyning et la Dansk Maelie-Compagni. Par leur système de traiter et de vendre le lait, elles ont élévé, d’une manière générale, le niveau de la qualité de ce produit, au point que si les fraudes et les falsifications ne sont pas devenues impossibles à Copenhague, elles s’y produisent du moins très rarement. Les

deux Sociétés, assez semblables sous le rapport de leur fonctionnement, diffèrent entre elles par ce fait que la première livre à la consommation du lait frais, conservé tel à l’aide de glace, tandis que la seconde vend du lait pasteurisé. Chacune d’elles a une nombreuse clientèle, car si elles ne traitent pas le lait de la même façon, elles fournissent toutes deux aux consommateurs un produit d’une qualité irréprochable.

La production du lait s’effectue à la campagne, dans des conditions d’hygiène supérieures. Les producteurs livrent aux Sociétés d’exploitation du lait normal, c’est-à-dire exempt de défauts quelconques. En se conformant strictement aux prescriptions qui leur sont données, ils ne font qu’agir dans leur propre intérêt. Outre l’avantage que leur procure l’inspection vétérinaire et qui se traduit par l’assainissement des étables, la diminution des cas de maladies chez les vaches et l’augmentation de la valeur du troupeau, ils ont la certitude d’un débouché pour l’écoulement du lait, que les Compagnies paient au plus haut cours.

La qualité du lait livré aux Compagnies laitières est irréprochable à tous égards.

Le traitement du lait se pratique de manière à le débarrasser de toute impureté et à le mettre à l’abri de toute altération, en prévenant, par la pasteurisation ou par la réfrigération, le développement des microorga-

Le transport et la vente en ville se font dans des conditions telles qu’elles rendent impossible toute tentative de fraude de la part des garçons livreurs.

Les différentes sortes de lait (lait intégral, lait demi-écrémé, crème, lait pour nourrissons, lait modifié, lait pasteurisé, etc.) sont vendues sous leur vraie dénomination, à des prix peu élevés par rapport au traitement qu’elles ont subi.

La rigueur avec laquelle les Compagnies appliquent leur règlement concernant la déclaration des maladies contagieuses qui peuvent se produire chez les employés ou dans leur famille, est, pour le public, une garantie qu’on ne saurait assez apprécier.

Les progrès réalisés dans la production, le traitement et la fourniture

du lait n’ont pas été sans exercer une heureuse influence sur la santé des adultes et surtout sur celle des enfants du premier âge, allaités artiflciellement.

A cette monographie est joint le réglement relatif à la livraison du lait par les fermiers à la Kjobmhavns Maelkeforsyning.

Elle est illustrée de 2 figures et de 12 planches hors texte représentant des vues de différents services des deux établissements décrits : réception, conservation, filtration, pasteurisation, livraison en ville du lait, nettoyage des ustensiles et laiterie.

La pasteurisation du lait en France.

Communication faite au Congrès internat, d’hygiène et de démographie, tenu à Bruxelles du 6 au 8 septembre 1903.

Basé sur une enquête personnelle sur les conditions dans lesquelles la pasteurisation est pratiquée dans les grandes laiteries et centres de réception que possèdent ; 1“ les laitiers en gros qui alimentent Paris; 2“ les laitiers en gros qui alimentent les grandes villes de province, ainsi que sur l’application, dans l’industrie beurrière et fromagère, du procédé de pasteurisation aux laits entiers et aux laits écrémés, ce rapport aboutit aux constatations suivantes. La pasteurisation est appliquée en France :

1“ A tous les laits entiers traités dans les dépôts des laitiers en gros qui approvisionnent Paris ;

2° Aune partie des laits vendus en nature dans certaines grandes villes

3» Aux laits distribués dans les Gouttes de lait. Consultations de

EXPOSÉ DES TRAVAUX SCIENTIFiaUES ;i

4» A la crème fraîche, notamment à celle dite d’Isigny et de Normandie, destinée au marché de Paris;

5“ Au lait écrémé utilisé par certaines laiteries coopératives dans l’alimentation des veaux et des porcs.

Quand on y a recours dans l’industrie laitière, c’est moins dans le but de purifier, d’aseptiser le lait, que dans celui d’en assurer la conservation temporaire.

L’application de la pasteurisation paraît être inconnue ou méconnue dans les régions montagneuses de notre pays. En général, elle n'est pas considérée comme indispensable par le producteur, petit ou grand, qui opère pour son propre compte, soit qu’il vende son lait en ville, soit qu’il le transforme en beurre ou en fromage.

Traitement de la gastro-entérite par le lait écrémi acidifié.

Revue d’hygiène et de médecine infantiles, t. II, 1903 ;p. 484.

Le traitement consiste à administrer, à doses variables et à intervalles réguliers, du lait écrémé à la machine centrifuge, acidifié ensuite par ensemencement d’une culture de bacilles lactiques, puis pasteurisé et additionné de 10 p. 100 de sucre de canne. Les doses sont proportionnées à l’âge et au poids de l’enfant. Si ce dernier est dans un état de prostration qui l’empêche de prendre lui-même sa ration, on la lui administre â l’aide d’une cuiller, d’un verre ou par le gavage. Ordinairement, on a peu de difficulté à faire déglutir, même à des enfants très affaiblis, la dose minima nécessaire, qui est d’environ 30 grammes. Alors que tout autre aliment, voire même le lait de femme, n’est pas toléré, alors que les tétées sont régurgitées ou passent rapidement par la voie intestinale sans avoir été digérées, le lait acidifié, au contraire, est fort bien toléré et l’enfant s’endort aussitôt après avoir pris son biberon. En très peu de temps.

les garde-robes deviennent moins abondantes, et l’état général s’améliore très rapidement. Dans la forme pyrétique, où la température atteint 39,5 et 40°, celle-ci tombe soit brusquement, comme dans la broncho-pneumonie, soit progressivement, en deux ou trois jours. Vingt-quatre heures après la première ingestion de lait acidifié, les gardes-robes deviennent solides, les émissions n’ont lieu que deux ou trois fois par jour et sont de coloration presque normale. Par la méthode des pesées régulières, on observe une augmentation de poids de 20 à 40 grammes par jour; même dans les cas où la température ne baisse pas très rapidement, l’augmentation de poids est manifesté et constante. L’amélioration est très rapide; au bout de 48 heures les troubles gastro-intestinaux ont disparu, les selles ont repris leurs caractères normaux, la température est tombée, le poids augmente régulièrement, et le malade peut être considéré comme guéri. Aussi, ne s’étonnera-t-on pas, à la lecture des observations, de voir des malades gravement atteints, guéris au bout de trois ou quatre jours, et rendus bien portants à leurs familles au bout d’une semaine. L’emploi du lait écrémé acidifié peut dès lors être supprimé.

Il faut remarquer que cette préparation est parfaitement bien tolérée chez les enfants atteints d’intolérance gastrique absolue.

Plus de cent cas de gastro-entérite ont été traités avec succès par le lait écrémé acidifié à la Polyclinique H. de Rothschild.

L’industrie laitière au Danemark Rapport adressé àM. le Ministre de l’Agriculture. Paris, 1904, O. Doin, 106 p. 8» (32 pl., 5 fig. et 8 tabl.).

L’auteur de ce rapport avait été chargé en 1901, par le Ministre de l’Agriculture, d’une mission au Danemark ayant pour objet l’étude de

l’alimentation des vaches, le conditionnement du lait et la fabrication du beurre dans ce pays. Il s’est acquitté de cette mission en 1902, et il en a rapporté les éléments de cet exposé de l’état actuel de l’industrie laitière au Danemark. Toutes les questions qui y touchent y sont abordées.

Dans la première partie est étudié tout ce qui concourt à la production hygiénique et rationnelle du lait : races laitières, hygiène de la vacherie, alimentation, traite, personnel des fermes, écoles de laiterie, sociétés de contrôle, centres d’élevage, expériences d’alimentation des vaches laitières.

La deuxième [partie est consacrée à l’approvisionnement en lait de Copenhague et contient l’exposé très détaillé de l’organisation et du fonctionnement des deux grandes compagnies laitières de cette ville : « Kjobenhavns Mælkeforsyning » et <i Danske Mælke Compagni ». Parleur système de traiter le lait dans les meilleures conditions d’hygiène, et de le livrer à la consommation avec toutes les garanties d’authenticité et à un prix qui ne laisse qu’un bénéfice raisonnable, ces deux organisations industrielles représentent des modèles du genre; elles ont été, en effet, les prototypes des organisations laitières créées à Paris, à Vienne, à Berlin, etc.

La troisième partie, fabrication et exportation du beurre, renferme la description de la laiterie coopérative « Trifolium » de Haslev, et celle de la « Smorpakkeri » d’Esbjerg, société coopérative d’exportation de beurres; la législation relative au contrôle de la margarine; le système d’encouragement à la production beurrière organisé par le Laboratoire d’expériences agricoles de Copenhague, enfin l’état de l’exportation et de l’importation de beurres en 1901.

De nombreuses figures, d’après des photographies prises sur place, illustrent le texte de ce rapport.

XU

L’aldéhyde formique comme agent de conservation du lait (en collaboration avec le D' L. Netter).

Rapport fait à la Société scientifique d’hygiène alimentaire et de l’alimentation rationnelle de l’homme, le 26 mars 1904.

Ce rapport a été rédigé sur la demande des membres de cette Société, à la suite de la discussion consécutive à la retentissante communication du professeur E. de Behring au Congrès de Cassel, le 26 septembre 1903. De Behring soutient qu’il peut parvenir à vacciner les nourrissons contre la tuberculose avec du lait de vaches hyperimmunisées. Mais pour conserver à ce lait toute sa valeur, il faut l’employer cru, et pour qu’on puisse le faire prendre ainsi sans inconvénients, en été surtout, il y a lieu de l’additionner de formol dans la proportion de i/io.ooo, dose inoffensive en même temps qu’incapable de détruire les substances immunisantes. Or, sauf de Behring et quelques rares auteurs, tous les biologistes qui ont étudié la toxicité du formol sont d’accord pour interdire l’addition de cette substance aux aliments ; cela résulte des expériences auxquelles on s’est livré, tant sur les jeunes animaux que sur les jeunes enfants. Dans le présent rapport sont résumés tous les travaux concernant le lait formolé, depuis la communication de Trillat à l’Académie des sciences, le 30 mai 1892, jusqu’aux publications les plus récentes. Toutes les opinions émises sur la valeur antiseptique et toxique du formol y sont discutées, et les auteurs concluent de leur examen que de nouvelles expériences sont nécessaires avant qu’on puisse songer à autoriser 1 addition de formol au lait, addition interdite du reste par les décisions antérieures prises par le Comité consultatif d’hygiène de France.

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Recherches sur la conservation du lait par le formol (en collaboration avec le D' Louis Netter).

Revue d’hygiène et de médecine infantiles, IV, 1905, p. 334-352.

Il s’agit dans ce travail d’une série d’expériences qui ont été faites dans le laboratoire de la Polyclinique H. de Rothschild, et dont les résultats ont entièrement confirmé les décisions du Comité consultatif d’hygiène de France, sur l’emploi du formol pour la conservation des aliments. Critiquant d’abord la communication du professeur de Behring au Congrès deCassel, l’auteur nie la valeur antiseptique absolue du formol à i/io.ooo, et il soutient qu’additionné au lait dans cette proportion, il est incapable d’y détruire les germes pathogènes et en particulier le bacille de la tuberculose. Le formol retarde en outre la coagulation du lait par la présure, sans agir sur la présure elle-même. Enfin dans trois séries d’expériences sur des chiens porteurs de fistule gastrique, le lait additionné de formol se coagula moins vite dans l’estomac que le lait pur ; le coagulum du lait formulé était d’une consistance très dure, semblable à celle du mastic; en outre l’acidité du milieu stomacal était moindre quand il s’agissait d’une digestion de lait formolé ; il est vrai de dire que ces résultats ont été obtenus avec du lait contenant des quantités importantes d’aldéhyde formique ; les mêmes expériences avec du lait additionné de formol dans la proportion de i/io.ooo donnent desrésul tats très voisins de ceux que donne le lait normal.

Lorsqu’on donne du lait formolé à des nourrissons, on observe assex souvent, ainsi que l’ont montré Rideal, Rosenheim et Kolle, des troubles digestifs; les travaux de ces auteurs doivent, à l’heure actuelle et jusqu’à preuve du contraire, nous servir de ligne de conduite. Tout ce que l’on

pourra conclure d’expériences sur les animaux doit rester lettre morte pour le médecin : tant que ces questions de toxicité n’auront pas été étudiées chez le nourrisson sain ou malade pendant une durée suffisante, on n’aura pas le droit d’autoriser l’addition de formol pour assurer pendant quelque temps la conservation du lait.

Du lait destiné à îenfance et aux malades. Conditions auxquelles il doit satisfaire. Organisation des services d'approvisionnement d’une grande ville.

Communication faite au i" Congrès international de laiterie. Paris, 15-20 octobre 1905.

Après quelques considérations générales sur la question du lait destiné à la consommation, l’auteur énumère les sources où vont s’approvisionner les laiteries en gros qui alimentent Paris : fermes des départements limitrophes, vacheries du département de la Seine et vacheries urbaines. Le lait destiné à la consommation doit : i» être livré pur, intégral, tel qu’il sort du pis de la vache; 2“ être assez frais pour ne pas tourner à l’ébullition ; 3° provenir de vaches saines, et 4» être trait par des personnes exemptes de toute maladie infectieuse et dans des conditions de propreté rigoureuse. En passant par l’intermédiaire des laiteries en gros, il subit différentes manipulations destinées à lui assurer une conservation parfaite jusqu’au moment de sa livraison en ville : filtrage, pasteurisation à 70-80°, refroidissement brusque et maintien à une basse température. Le transport du lait s’effectue la nuit, par trains spéciaux, dans des wagons à claire-voie. Si la vente en gros ne laisse pas à désirer au point de vue de la qualité du produit livré, il n’en est pas de même de la vente au détail : les fraudes et les falsifications sont passées dans les habitudes commerciales des détaillants, crémiers, épiciers, etc. C’est ainsi que, sur

87 échantillons de laits, prélevés dans les différents arrondissements de Paris et analysés à la Polyclinique de Rothschild, 19 (22 Vo) om présenté la teneur normale en matière grasse et 68 (78 7») ont accusé une teneur en matière grasse fort au-dessous de la normale. Pour obvier à cet état de choses, il s’est fondé à Paris, grâce à des initiatives diverses, des laiteries philanthropiques, dont la plus ancienne en date et celle qui a servi de type aux autres, est l’Œuvre philanthropique du Lait. Les distributions de bon lait, organisées par des médecins d’enfants, fonctionnent actuellement dans bon nombre de crèches, de dispensaires et de consultations de nourrissons. Le remède à la situation consisterait à amener les laiteries en gros à se constituer en syndicat et à vendre elles-mêmes leur lait dans des dépôts créés à cet effet.

Traitement du lait récolté.

Rapport présenté à la Commission du lait de la « Ligue contre la mortalité infantile », 1908, 47 p., 4°.

Étude des principales opérations : filtrage, pasteurisation, stérilisation, fixation, écrémage, transport, que peut comporter le traitement du lait entre sa récolte à la ferme et sa livraison au consommateur, ainsi que des méthodes scientifiques les plus propres à leur assurer le meilleur résultat au point de vue de la conservation et de l’état sanitaire du lait marchand. Rigoureusement appliquées par les industriels, ces méthodes sont susceptibles d’offrir au consommateur les plus grandes garanties, et l’on peut affirmer qu’à l’heure présente, il est possible d’alimenter Paris et les grandes villes d’un lait de bonne qualité et parfaitement sain.

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