MÉDECINE INFANTILE
Les troubles gastro-intestinaux che^ les enfants du premier âge. Étiologie, pathogénie, symptomatologie et traitement. Alimentation des nourrissons dyspeptiques.
Paris, 1898, Masson, xvi-258 p. 8» (Thèse).
La mortalité infantile, encore considérable en France, surtout au cours de la première année de la vie, est due en majeure partie à la gastroentérite. Celle-ci, presque toujours d’origine bactérienne, reconnaît pour cause une hygiène alimentaire défectueuse. C’est par une direction raisonnée de l’alimentation chez les nourrissons que l’on peut enrayer les infections gastro-intestinales.
La grande cause de l’infection gastro-intestinale réside surtout dans l’alimentation défectueuse. Tantôt c’est l’allaitement au sein qui est mal réglé : l’enfant tète trop souvent ou trop longtemps, ou bien par intervalles trop éloignés, ou d’une façon tout à fait irrégulière. Il en résulte des vomissements, de la diarrhée, du météorisme, de la dilatation gastro-intestinale. Tantôt il y a suralimentation : l’estomac est surchargé et la majeure partie du lait absorbé n’est pas digérée, l’assimilation ne se fait plus. Ces faits s’observent en particulier dans l’allaitement mixte et dans l’allaitement artificiel, où les troubles de la nutrition reconnaissent encore d’autres causes. On connaît les méfaits de l’allaitement
énorme du bacterium cou dans la pathogénie des infections digestives des nourrissons. On rencontre presque toujours ce micro-organisme dans les diarrhées infantiles. Dans un petit nombre de cas seulement (5%). l’infection peut être déterminée par un autre agent; c’est ainsi que l’on a signalé des entérites à proteus, à tyrothrix, à streptocoque, etc. Le coli-bacille agit sur l’organisme des jeunes enfants par une toxine douée de propriétés à la fois toxiques et immunisantes, comme le prouvent les expériences du D' Lesage.
Au point de vue clinique, il convient de distinguer les troubles digestifs, observés chez les enfants allaités au sein, de ceux que l’on note chez les enfants nourris au biberon. Dans le premier cas, il s’agit presque toujours d’accidents dus à la suralimentation ; il en résulte des indigestions qui peuvent prendre un caractère chronioue. Ces troubles dierestifs
toxique. Les selles de jaunâtres deviennent verdâtres; cette coloration est due, soit à des poussées biliaires, soit à une infection par le bacterium coli chromogène à pigment vert. On note presque toujours du tympanisme abdominal et des coliques.
A côté de la forme bénigne de la gastro-entérite infectieuse aiguë, il existe une forme pyrétique grave, dans laquelle les vomissements constituent le symptôme prédominant et où la température peut monter à 39 ou même 40 degrés, et une forme algide, le choléra infantile, plus fréquente en été. Le pronostic de ces gastro-entérites aiguës est toujours grave. La marche de la maladie est parfois très rapide; l’enfant peut succomber, dans le collapsus, au bout de quelques heures, dans certains cas rares, avec un amaigrissement considérable. La guérison peut d’ailleurs survenir, après une évacuation diarrhéique assez abondante, si l’on a pu combattre à temps la cause de l’infection.
Dans les formes chroniques de la gastro-entérite infantile, il ne s’agit plus, au début, d’une infection microbienne, mais de troubles mécaniques provenant de la surcharge alimentaire. Le pronostic de ces formes est moins sombre que celui des infections aiguës, car le médecin peut encore intervenir avant l’apparition de la cachexie ou de l’athrepsie. Il n’y a d’abord que des vomissements de lait non digéré; la diarrhée n’apparaît qu’au bout de quelques jours. Mais on constate de suite un arrêt dans l’augmentation normale du poids de l’enfant. Peu à peu l’état général se modifie et peut s’aggraver par l’apparition de complications infectieuses d’origine intestinale. Les selles sont très fréquentes ; l’amaigrissement et le refroidissement s’accentuent. Si la gastro-entérite chronique prend un caractère aigu, c’est que les fermentations intestinales sont plus intenses et les toxines microbiennes plus virulentes.
Au nombre des complications survenant par infection secondaire ou par intoxication (absorption de la toxine dans le canal gastro-intestinal), il faut mentionner, du côté de l’appareil respiratoire, la dyspnée, la congestion pulmonaire, la broncho-pneumonie, qui est des plus redoutables; du côté du cerveau, délire, convulsions, coma; du côté du foie, de l’ictète biliaire (pigments dans les urines, selles verdâtres); du côté des reins, néphrite aiguë et urémie; enfin les complications cutanées qui sont plus fréquentes dans les formes chroniques : érythèmes, impétigo.
La prophylaxie des infections gastro-intestinales repose entièrement sur la pratique rationnelle de l’allaitement, à quelque mode qu’il appartienne. D’abord l’allaitement au sein doit toujours être préféré à tout autre procédé d’alimentation. Qu’il provienne de la mère ou d’une nourrice mercenaire, le lait doit être abondant et de bonne qualité. La quantité à donner n’est pas indifférente, et il faut connaître les doses moyennes que l’enfant doit prendre à chaque tétée, suivant son âge et son état général. Il faut réglementer les heures des tétées, et s’en rapporter toujours aux pesées régulières de l’enfant. Dans l’allaitement mixte, on donne le plus de lait maternel possible et, pour le surplus, du lait stérilisé.
Le traitement préventif de ces troubles réside tout entier dans une hygiène alimentaire appropriée. Nous répéterons encore qu’il faudra toujours favoriser et faire accepter, autant que possible, l’allaitement au sein et propager l’emploi du lait stérilisé de bonne qualité ; à ce titre surtout les Consultations de nourrissons rendent déjà de grands services.
Depuis l’usage des antiseptiques en thérapeutique, le traitement curatif de l’infection gastro-intestinale a été bien modifié. Comme antiseptiques intestinaux, on peut donner le benzo-naphtol et le salicylate de bismuth. Quant au régime alimentaire, dans les cas bénins il suffira de réglementer l’allaitement ; dans les cas graves, suppression du lait, diète hydrique, lait stérilisé. Les purgatifs (calomel, huile de ricin, rhubarbe) et les lavages de l’estomac et de l’intestin serviront à l’évacuation des déchets alimentaires en fermentation et des micro-organismes. Tout en combattant les symptômes de la gastro-entérite, il faut surveiller l’état général du nourrisson, supprimer toute cause de refroidissement ; en cas de fièvre, on donne des bains tièdes et de la quinine. On aura en outre recours aux injections de sérum artificiel pour empêcher la déshydratation et activer la nutrition.
Ce travail se termine par un chapitre sur l’alimentation des enfants dyspeptiques. C’est une question encore très discutée, sur laquelle les médecins sont loin d’être d’accord. Cela tient à ce que le lait n’est pas un produit stable et que sa qualité est très variable. Il faut savoir que 1 alimentation des nourrissons malades diffère notablement de celle des
nourrissons bien portants. La force d’absorption de l’intestin est diflfé-
On commence pat soumettre le nourrisson dyspeptique à une diète hydrique absolue pendant un ou deux jours. Puis les premières tètèes devront être espacées et peu abondantes jusqu’à ce que le lait soit bien toléré, et l'on ne reviendra que lentement et progressivement aux doses normales qui conviennent à un nourrisson bien portant du même âge. Si l’enfant est au biberon, son alimentation pourra être tout aussi simple, sans qu’il y ait lieu de recourir aux préparations variées qui sont destinées à remplacer le lait de femme ou le lait de vache, pas plus qu’aux coupages de proportions variables. Aussitôt après la diète hydrique du début du traitement, on ne donnera donc, dans ce cas, que du lait pur et stérilisé, non coupé d’eau, en petites quantités et à intervalles régulièrement espacés, quel que soit d’ailleurs l’âge du nourrisson. On pourra faciliter la tolérance gastrique à l’aide d’eau chloroformée, de glace ou de bicarbonate de soude. Dans les cas graves. Où le nourrisson doit assimiler rapidement, on aura recours au képhir et aux laits peptonisés.
Un grand nombre de nourrissons, atteints de troubles digestifs aigus, ont été amenés à la Consultation de la Polyclinique de la rue de Picpus. Ils ont été guéris grâce à une bonne alimentation, lait pur stérilisé administré méthodiquement; ils n’ont plus présenté de troubles digestifs, ni de symptômes de rachitisme.
La conclusion de ce qui précède est que, grâce à la stérilisation du lait, grâce à une meilleure direction de l’allaitement, on a pu abaisser dans de fortes proportions la mortalité des enfants du premier âge. Vingt-trois observations personnelles accompagnées de graphiques, et une importante bibliographie d’environ 8o pages, complètent cette étude des troubles gastro-intestinaux chez le nourrisson.
EXPOSÉ DES TRAVAUX SCIENTIFiaUES
Revue ethygiéne et de médecine infantiles et Annales de la Polyclinique H. de Rothschild. Directeur-fondateur : D’ Henri de Rothschild.
Paris, O. Doin, éditeur.
Cette publication périodique a été fondée en 1902. Elle paraît tous les deux mois ; janvier, mars, mai, juillet, septembre et novembre. Chaque fascicule, d’environ 100 pages, est illustré de figures en noir ou en couleurs et renferme des mémoires originaux, des analyses des travaux de pédiatrie les plus récents, et des variétés ; un index bibliographique, avec pagination spéciale, des travaux relatifs à l’enfant, parus dans le courant de l’année, est joint aux numéros i et 4.
En fondant cette Revue, son directeur se proposait d’en faire surtout l’organe de sa Polyclinique, d’y publier les observations intéressantes recueillies dans les différents services de cet établissement hospitalier et de les présenter illustrées d’après des photographies prises à l’heure des consultations. Ce projet a été réalisé dans une large mesure, car de nombreux travaux dus à la collaboration active du personnel médical de la Polyclinique ont paru dans la Revue. En voici les principaux :
Contribution à l’étude de la pseudo-syphilis (avec 4 ph), par le D' H. de Rothschild. — La nutrition du nourrisson, par le D' Louis Netter. — Syphilides maculo-papuleuses chez un nourrisson (avec I pL), par le D' H. de Rothschild. — Des injections de naphtol camphré dans le traitement des tuberculoses locales de l’enfant, par les D" Brunier et Ducroquet. — Syphilis acquise chez un enfant de deux ans et demi (avec l pL). — Les « Gouttes de lait ». Organisation d'une « Goutte de lait » et d’une e Consultation de
Paralysie faciL congénitale avec agénéstede l’oreille (i fig. et 2 pL), par les D" Léopold- Lévi et H. de Rothschild. — Les appareils dans le traitement du mal de Pott au début (avec II fig. et 3 pi.); les appareils dans le traitement de la coxalgie au début (avec J 5 fig- et 3 pL); et les diverses formes de la luxation congénitale de la hanche (avec O pl. et 3 s fig.), par le D"- Ducroquet. — Le traitement de la gastro-entérite par le lait crémé acidifié (avec 5 graph.), par le D' H. de Rothschild (tome II, 1903).
troubles digestifs chroniques avec atrophie, par le D*’ H. de Rothschild. —Traitement orthopédique de la tuberculose du genou (avec 45 fig.), par le D' Ducroquet. — Migraine thyroïdienne, par les D« Léopold-Lévi et H. de Rothschild. —Traitement de la coqueluche par l’anesthésie chloroformique par les D« H. de Rothschild et L. Brunier. — Contribution à la pathologie thyroïdienne, par les D« Léopold-Lévi et H. de Rothschild (tome V, 1906).
Nouvelle contribution à la physio-pathologie de la glande thyroïde, par les D« Léopold-Lévi et H. de Rothschild. — Notes et communications nouvelles sur la pathologie thyroïdienne et hypophysaire, par les D« Léopold-Lévi et H. de Rothschild. — Contribution à l’étude de l’insuffisance thyroïdienne. Huit cas de myxœdème incomplet (avec S fig. et s pl.), par les D« Léopold-Lévi et H. de Rothschild. — Essai sur le nervosisme thyroïdien, formes cliniques, par les Léopold-Lévi et H. de Rothschild (tome VI, 1907).
Pathologie thyroïdienne. Rhumatisme chronique, eczéma, neuro-arthritisme thyroïdiens, par les D'> Léopold-Lévi et H. de Rothschild. — Anatomie pathologique et formes
TRAVAUX SCIENTIFiaUES
Iule (avec ;; fig. & 4 pl- en couleurs), parle D' P. Gaston. — La pédagogie expérimentale française, par N. Vaschideet D. Draghicesco (tome III, 1904).
4pl, en couleurs), par le Prof. L. Concetti. — La ration alimentaire de l’enfant depuis sa naissance jusqu’à l’âge de deux ans (avec 7 itg. & 2 pl.), par les D“ Michel et Perret (tomeV, ipoé).
Le sarcome du rein chez Tenfant, par le M. Deschamps. — Contribution à l’étude des tumeurs de la moelle épinière et du canal vertébral chez les enfants(avec 3 fig. & 3 pl.), par le D' L.-M. Spolverini. — Étude critique des différents procédés et substances galactagogues, par le D*' Bouchacourt. — L’approvisionnement des grandes villes en lait, par Maurice Beau (tome VI, 1907).
L’incontinence d’urine, par le D*" M. Deschamps. — Albuminurie maternelle et allaitement, par le D' L.-M. Spolverini. — Étude sur la descente prématurée du cordon ombilical (avec 15 fig.), par le D^ Demelin. — Sur les altérations des globules du lait, parles D" G. Alessi et E. Carapelle (tome VII, 1908).
Traité d'hygiène et de pathologie du nourrisson et des enfants du premier âge publié sous la direction du D’’ H. de Rothschild. Préface de M. Paul Strauss.
Paris, 1904-1905, O. Doin, éditeur, 5 vol. 8® (avec 553 fig. et 46 planches).
a C’est la nécessité de protéger le nourrisson, de le mettre à l’abri d’influences nocives, de le soustraire aux pratiques erronées de ses parents ou de nourrices ignorantes, qui a présidé à la création de toutes
ces œuvres d’assistance et de bienfaisance — crèches, pouponnières, sociétés d’allaitement, gouttes de lait, dispensaire et consultations de nourissons — dont la France est si riche. La création de ces œuvres dans les centres populeux, les plus éprouvés par la mortalité infantile, a eu pour conséquence d’attirer l’attention d’un grand nombre de praticiens sur le but qu’elles poursuivent et sur les moyens qu’elles mettent en œuvre pour l’atteindre. Au fur et à mesure que leur importance s’affirme croissante, l’hygiène et la pathologie du premier âge vont se conciliant des sympathies soucieuses de s’éclairer sur des questions nouvelles. C’est à l’intention de ces nouveaux adeptes de la pédiatrie que nous avons essayé de faire, dans ce Traité, l’exposé consciencieux et systématique de la médecine et de l’hygiène infantiles, telles qu’elles résultent de nos recherches personnelles et des études les plus récentes et les plus autorisées. Ne pouvant entreprendre tout seul la rédaction d’un travail d’ensemble aussi considérable et composé d’éléments si divers, nous nous sommes assuré le concours de nos collaborateurs â la Polyclinique, qui ont bien voulu mettre au service d’une science spéciale et à sa diffusion, leur savoir puisé à des sources communes. »
C’est ainsi qu’à nos articles consacrés à l’hygiène du nouveau-né, à l’hygiène alimentaire du nourrisson, aux affections de l’appareil digestif, à la tuberculose, à l’érysipèle, aux troubles de la nutrition, sont venues s’ajouter les monographies du D'M, Roques sur les maladies infectieuses et les affections des voies respiratoires ; du D' Léopold Lévi sur les maladies du système nerveux ; du D' Alphonse Péchin sur les maladies des yeux; du D' L. Bonnier sur les maladies du nez, du larynx et de l’oreille; du D' P. Ehrhardt sur le diabète et l’asthme; du D' Brunier sur le rachitisme; du D' Ducroquet sur l’orthopédie.
En dehors des chefs de service de notre Polyclinique, nous nous sommes adjoint d’autres collaborateurs que leur compétence, révélée par des travaux antérieurs, désignait comme particuliérement capables de traiter certains sujets de pathologie spéciale. Le D' A. Miele (de Gand) s’est chargé de la fièvre typhoïde et le D' A. Fruhinsholz (de Nancy) de la syphilis infantile. Le D' M. Perret a traité l’importante question de l’hygiène et de l’alimentation des prématurés. Au D' M. Deschamps,
EXPOSÉ DES TRAVAUX SCIENTlPiaUES
qui s’est spécialisé dans la chirurgie infantile, sont dues les monographies des maladies des organes génito-urinaires, des maladies de l’ombilic et des malformations du tube digestif. Les maladies du foie et de la rate ont été traitées par le D' Léon Kahn, et l’hygiène et la pathologie cutanées par le D' P. Gaston. Le D' L. Netter, chef du laboratoire de la Polyclinique, et M. Lanzenberg, préparateur à l’Institut Pasteur, ont fourni les documents relatifs à la chimie, la bactériologie et l’anatomie pathologique de divers sujets.
Grâce à ces concours divers, nous avons pu publier un ouvrage qui peut être, croyons-nous, consulté avec fruit par tous ceux qui, praticiens dans un domaine spécial, sinon nouveau pour eux, ont à s’occuper à un titre quelconque de ce premier âge qui l’emporte sur les autres par l’intérêt vital qu’il représente.
Dyspepsies et infections gastro-intestinales des nourrissons.
Paris, 1904, O. Doin, 186 p. 8° (r8 fig. et ri pi).
Ce travail est la mise au point de cette grosse question des gastroentérites du nourrisson, telle qu’elle était posée au commencement de 1 année 1903. L’auteur a étendu ses recherches bibliographiques jusqu’à la fin de l’année 1903 et il a édifié sur cet ensemble de travaux, et aussi d après son expérience propre, un tableau des gastro-entérites infantiles, dans lequel on rencontre à chaque instant l’efibrt pour aboutir à une classification précise de ces affections, décrites confusément jusqu’alors.
Dans son historique, l’auteur distingue au cours de l’étude des gastroentérites trois grandes périodes; une période qu’il appelle anatomoclinique, une période bactériologique et enfin une phase de prophylaxie, ou mieux, de préservation sociale. Pour conclure, il appelle surtout
l’attention des pédiatres sur la mise en œuvre de tous les moyens susceptibles d’assurer la protection de la première enfance, en agissant préventivement contre la mortalité infantile par la propagation, au sein des masses populaires, des notions d’hygiène infantile indispensables.
Le paragraphe qui traite de l'étiologie envisage les causes tenant au nourrisson, les causes se rapportant au milieu dans lequel il se développe, enfin les causes résultant de son alimentation. Ces dernières, de beaucoup les plus nombreuses, sont développées d’après leur importance, suivant que le nourrisson est élevé au sein ou au biberon, ou qu'il est sevré.. Les causes les mieux étudiées sont celles qui se rapportent à la composition chimique du lait, à son origine et aux manipulations qu’on a pu lui faire subir. La question de la suralimentation préoccupe à juste titre l’auteur: aussi, en hygiéniste prévoyant, pense-t-il qu’il faut inscrire en tête des recherches liées à la prophylaxie des gastro-entérites le problème de la ration alimentaire du nourrisson ; il n’oublie pas non plus de prévenir qu'il faudra compléter l’étude de cette ration alimentaire, s’il s’agit d’un nourrisson malade et dyspeptique, par la recherche d’un aliment convenable, susceptible d’être supporté et digéré facilement par un organisme en hypofonctionnement. Il prévoit ainsi les recherches les plus récentes concernant la diététique des nourrissons dyspeptiques.
L’étude de la bactériologie des gastro-entérites fait l’objet du chapitre suivant: l’auteur, après avoir noté l’immense variabilité des bactéries rencontrées dans l’intestin, se rallie à une opinion qui est aussi celle de H. Tissler et qui attribue surtout à des microbes anaérobies le rôle pathogène dans les affections intestinales.
Le chapitre anatomie pathologique traite successivement des lésions de la muqueuse digestive, de celles du foie et des divers organes qui réagissent à l’infection. Quatre planches accompagnent ces descriptions.
La symptomatologie particulièrement complexe des gastro-entérites est étudiée d’après le plan suivant : D’abord une étude générale des symptômes qui met en relief les caractères cliniques les plus frappants de chacun d’eux; les signes recherchés dans le laboratoire sont aussi examinés dans le détail. Puis basant une classification sur la seule clinique, l’auteur considère dans les gastro-entérites des nourrissons trois grands
SCIENTIFiaUES
groupes : un premier groupe constitué par des accidents gastro-intestinaux simplement dyspeptiques ; un deuxième groupe comprenant les gastroentérites aiguës, à formes légère, grave, algide ou dysentériforme, suivant les cas ; enfin un troisième groupe formé par les infections chroniques qui peuvent aboutir à la cachexie ou à l’athrepsie. Des influences variées peuvent toutefois donner certains caractères aux symptômes, ce qui nécessite l’étude de diverses formes de gastro-entérites à aspect bien déterminé. Suivant la nature de l’agent pathogène, on peut ainsi observer des gastro-entérites à streptocoque, à pyocyanique, à staphylocoque; des formes gastrique, nerveuse, pulmonaire, enfin une variété décrite par Hutinel sous le nom de choléra sec. Les complications de la gastroentérite sont ensuite étudiées dans le détail.
Le chapitre pronostic a attiré toute l’attention de l’auteur: sous la désignation de smtes éloignées des toxUnfections intestinales, il décrit des troubles à distance encore mal connus, qui atteignent les anciens dyspeptiques dans la seconde enfance : les lésions du foie et des reins, souvent indélébiles, sont la cause de cirrhoses ou de néphrites qu’on observe beaucoup plus tard. L’anémie des nourrissons dyspeptiques, l’atrophie de Variot, la dilatation stomacale ne sont pas passées sous silence.
Le traitement des gastro-entérites nécessite l’étude des quatre indications suivantes : d’abord supprimer l’entrée dans le tube digestif des matériaux fermentescibles et l’arrivée de nouveaux germes; ensuite détruire les bactéries et chasser les produits de fermentation qui séjournent dans l’intestin ; puis soutenir l’état général ; enfin tenter de réalimenter le nourrisson. Sous cette forme schématique, mais précise, l’étude de la thérapeutique des gastro-entérites de la première enfance gagne beaucoup en clarté : à la diète hydrique l’auteur maintient le rôle capital, mais il se garde de perdre de vue la part importante prise dans le traitement par les purgatifs, et surtout la reprise de l’alimentation (laits modifiés, képhir, koumys, décoctions de céréales, babeurre, lait écrémé et acidifié).
Pour terminer, l’auteur passe en revue les moyens thérapeutiques employés avec succès dans la pratique journalière de sa Polyclinique ; il insiste tout particulièrement sur les bons effets obtenus par la cure de lait écrémé et acidifié, préparé d’après le procédé décrit p. 31, et dont il
précise les indications et le mode d’emploi. Un certain nombre d’observations typiques viennent, à la fin de ce travail, confirmer la valeur de ce traitement.
Variété tk dyspepsie déterminée chez, certains nourrissons par la matière grasse du lait.
Revue d’hygiène et de médecine infantile, IV, 1905, p. 614-677.
Chez certains enfants, qu’ils soient malades ou convalescents, ou même bien portants, qu’ils soient élevés au sein ou soumis à l’allaitement artificiel, la capacité digestive pour la matière grasse peut être affaiblie ou même disparaître complètement, ce qui détermine un véritable état dyspeptique que nous avons appelé dyspepsie butyrique, pour rappeler son origine.
Cette dyspepsie est caractérisée par la fréquence des selles qui sont grumeleuses, de couleur gris verdâtre, à réaction excessivement acide et très chargées de mucus, et par des vomissements formés de gros coagulums de caséine et de matière grasse, à odeur horriblement acide.
Pour combattre ces troubles digestifs, il faut provisoirement supprimer la matière grasse de l’alimentation de l’enfant, en employant d’abord exclusivement le babeurre, ou mieux, le lait écrémé. Ensuite, les troubles s’amendant, on aura recours à la méthode des coupages de lait écrémé et de lait normal, qui consiste à donner l’un et l’autre en proportions variables, suivant l’état de la capacité digestive, dont on fera, par tâtonnements, une véritable rééducation en se basant sur les pesées quotidiennes et l’examen minutieux des selles, pour aboutir finalement à l’alimentation avec le lait ordinaire. >
Le défaut de capacité digestive n’étant qu’une des manifestations de
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l’insuffisance hépatique, on prescrira avantageusement pendant quelque temps des cholagogues, tels que le calomel, les sels de soude et les alcalins en général.
Les conclusions de ce travail sont tirées d’un grand nombre d’observations (près de 300) faites à la Polyclinique H. de Rothschild et dont 19 se trouvent rapportées ici. Elles concernent 5 cas de dyspepsie par excès de matière grasse du lait ; 2 cas de dyspepsie avec taux normal de la matière grasse du lait ; 4 cas de dyspepsie chez des débiles ; 4 cas de gastro-entérite et 4 cas de gastro-entérite chronique, toutes illustrées de graphiques donnant la courbe du poids notée pendant le traitement.
Faleur thérapeutique de la liqueur de Van Swieten chett les nourrissons atteints de troubles digestifs chroniques avec atrophie.
Communication au Congrès international de médecine de Lisbonne, 19-25 avril t9o6. — Revue d’hygiène et de médecine infantiles, V, 1906, p. 109-143.
Dans la première partie de cette communication, l’auteur expose dans quelles conditions il a été amené à employer la liqueur de Van Swieten dans la thérapeutique des gastro-entérites chroniques de la première enfance. Ayant remarqué les bons effets du calomel administré à doses filées, il a constaté pat la suite qu’on ne pouvait en prolonger l’emploi sans inconvénient, et il lui a substitué la solution de Van Swieten. Il prévoit aussitôt l’objection, capitale qui va lui être faite, et il y répond par avance : les nourrissons traités, dira-t-on, sont de petits syphilitiques qui guérissent parce qu’on leur fait subir un traitement mercuriel. Or, dans les nombreuses observations recueillies à la Polyclinique H. de Rothschild (trente observations jusqu’à ce jour), aucun des
nourrissons traités ne présentait de stigmates d’hérédo-syphilis ; d’ailleurs, les parents ont été interrogés et examinés soigneusement, pour éviter toute cause d’erreur. Le fait d’employer la liqueur de Van Swieten au traitement des gastro-entérites est donc personnel à l’auteur, et les résultats obtenus ont été des plus favorables; à la dose de X à XX gouttes par jour, elle est inofîensive, et son usage peut être prolongé pendant plusieurs jours et i plusieurs reprises sans inconvénient ; de plus on peut expliquer sans peine l’efficacité de la méthode par les propriétés thérapeutiques dont jouit ce sel mercuriel, qui est à la fois un puissant antiseptique, un cholagogue et un médicament ferment, à l’instar de l’arsenic par exemple. Si l’on songe au rôle joué par les putréfactions intestinales, par les lésions du foie et des autres glandes annexes du tube digestif, ou enfin par la dénutrition intense, au cours des affections chroniques du tube digestif, on ne peut s’empêcher de considérer comme justifiée la tentative faite par l’auteur et suivie, d’ailleurs, d’heureux résultats.
Certaines gastro-entérites relèvent plus particuliérement que d’autres de cette méthode, et l’auteur s’est appliqué à en donner les indications précises. C’est dans les infections digestives chroniques accompagnées d’atrophie, de troubles dans le fonctionnement du foie et de putréfactions intestinales intenses avec insuffisance de l’absorption des graisses, que les succès thérapeutiques seront obtenus. Il est facile de le prouver par le dosage des matières grasses dans les selles, des sulfo-éthers et de i l’urée dans les urines, enfin et surtout par l’examen de la courbe de poids.
Sur trente observations recueillies, quinze sont publiées dans ce travail : elles ont été suivies le plus longtemps possible ; l’une d’elles concerne un nourrisson malade à l’dge de 5 mois et suivi jusqu’à l’âge . de 3 ans et demi ; l’observation est accompagnée de la photographie de • l’enfant à cet âge. • j
EXPOSÉ DES TRAVAUX SCIENTIFiaUES
Traitement curatif de la coqueluche par l'anesthésie chloroformique (en ’ collaboration avec le D' Brunier),
Bulletin de la Société médicale des hôpitaux de Paris, 3's., XXIII, 1906, p. 529.
Sauf dans un cas où l’anesthésie obtenue par le chloroforme a été complète dans un but opératoire et où la disparition des quintes consécutives à la chloroformisation a suggéré l’application de ce traitement à d’autres cas, le chloroforme n’a été donné dans ceux-ci que d’une façon incomplète : la résolution musculaire était totale, mais le réflexe cornéen persistait ; la durée de la narcose ne dépassait pas cinq à dix minutes. Ce procédé présente une innocuité complète, d’autant que les enfants supportent bien le chloroforme et que l’emploi de l’appareil de Guglielminetti oflre toute sécurité. Son application dans neuf cas où la période d'état durait depuis moins de quinze jours a donné les résultats suivants : 2 enfants guéris instantanément ; 3 enfants guéris d’insomnies et de vomissements, mais chez qui les quintes ont persisté trois ou quatre jours pour disparaître ensuite définitivement, et 4 enfants plus réfractaires qui n’ont guéri qu’au bout de 8 à 15 jours.
11 ressort de ces observations faites à notre Polyclinique: 1° que le chloroforme a une action manifeste sur la fréquence des quintes : celles-ci, dès le lendemain de la narcose, sont moins nombreuses ; elles diminuent peu à peu pour disparaître complètement au bout de quelques jours (au maximum quinze jours) ; 2“ qu’il agit très nettement sur leur durée et leur intensité ; aussi constate-t-on la suppression, dès les premiers jours, de la reprise (chant du coq), la disparition de la cyanose de la face, et, point important, les vomissements cessent complètement ; l’appétit revient ainsi que la gaîté et qu’enfin 3°, il enraye ou tout au moins abrège
vni
Note sur les résultats obtenus dans cas de luxation congénitale traités à la
Polyclinique H. de Rothschild (en collaboration avec le D' DucRoauEr), Communication faite au Congrès international de médecine de Lisbonne (19-25 avril 1906).
Traiter une luxation c’est :
I» Rétablir les segments articulaires déplacés, selon leurs rapports anatomiques normaux ;
2° Rétablir les fonctions physiologiques de l’articulation.
Voici la façon de procéder des auteurs et les résultats qu’ils ont obtenu à la Polyclinique H. de Rothschild.
Que le traitement de la luxation soit pratiqué en un ou deux temps, l’absolue immobilisation du membre est une condition formelle. Mais l’appareil enlevé et la consolidation capsulaire obtenue, il s’agit de restituer au plus vite la mobilité à l’articulation.
Cette mobilisation ne saurait être abandonnée au hasard. En premier lieu, pendant les 4 à 6 semaines qui suivent la levée de l’appareil, il est indispensable de maintenir l’enfant au lit. De cette façon les mouvements sont rendus possibles, mais dans des conditions aussi peu fatigantes que possible. Le danger en effet de cette première période de mobilisation est le surmenage des muscles auxquels on demande trop brusquement un travail trop considérable. L’enfant qui veut passer outre à cette fatigue en arrive à produire des contractions disproportionnées par saccades (réaction de fatigue) et ainsi se produisent presque à coup sûr une série de petites entorses de la capsule fibreuse rétractée.
Dès lors le sujet se trouve dans un cercle vicieux ; des entorses successives déterminent des poussées d’arthrite qui augmentent l’ankylose; c’est ainsi qu’une mobilisation maladroite a pour résultat de diminuer encore les mouvements de l’articulation.
Ces accidents se produisent également dans le genou lorsque celui-ci a été immobilisé. Ils se présentent alors comme des phénomènes très douloureux, intéressant particulièrement la région des cartilages tibiaux, où ils provoquent ce que Ollier a dénommé « entorse juxta-épiphysaire ». On constate en outre, chez ces sujets, que la région des muscles du mollet est devenue très douloureuse à la pression.
On obvie à ces accidents en maintenant le malade au lit pendant 4 à é semaines. Passé ce temps, la mobilisation étant commencée, on permet la marche avec un appareil articulé au niveau de la hanche (et du genou s’il y a lieu), qui limite les mouvements de façon à ce que l’entorse soit rendue impossible. Cet appareil, outre qu’il limite le jeu de l’articulation à ce qu’elle peut faire spontanément, doit également lutter contre deux positions vicieuses que le membre a tendance à adopter : l’adduction et la rotation externe.
La tendance à l’adduction excessive n’est qu’un phénomène mécanique compensateur, dû à la parésie atrophique du moyen fessier. L’insuffisance de ce muscle détermine, comme nous le savons, une bascule horizontale du bassin de haut en bas du côté opposé et la cuisse se trouve placée en adduction de par le mouvement même du bassin. L’enfant abandonné à lui-même préfère renoncer à l’effort de son moyen fessier d’ailleurs insuffisant et adopte une marche en adduction exagérée-
La position en rotation externe est due à des causes non moins précises. Remarquons ici que, dès la levée de l’appareil, l’enfant restant au lit, il est nécessaire de placer un coussin à la partie externe de la jambe pour éviter que celle-ci ne tombe en rotation externe par son propre poids. Les conditions de la marche facilitent d’ailleurs la rotation dans le même sens, au grand détriment de la partie antérieure de la capsule.
Au fur et à mesure des progrès, l’amplitude articulaire sera augmentée, jusqu’au moment où l’appareil sera devenu inutile.
Parallèlement à ces exercices de marche, on facilitera le développement des muscles par des séances de massage et de gymnastique locale active et passive. Le moyen fessier sera l’objet d’une sollicitude particulière, de même que tous les muscles rotateurs en dedans de la cuisse.
Il sera utile également de pratiquer une rééducation systématique de
On détruit ainsi une synergie médullaire plus ou moins enracinée. Alors le sujet restant debout, on commence à le faire marcher sur place, marquer le pas, en veillant à ce que tous les mouvements soient faits d’une façon correcte.
Dans une troisième période, enfin, le sujet peut marcher d’une façon naturelle selon l’attitude normale.
La durée de ces trois étapes varie entre six mois et un an. Ce n’est guère qu’après un tel laps de temps que le sujet peut être considéré comme absolument guéri, débarrassé de toute espèce de claudication.
Voici d’ailleurs les résultats obtenus chez 35 malades opérés à la Polyclinique H. de Rothschild. Leur traitement est terminé depuis plus de cinq ans; on peut donc dire que l’avenir fonctionnel et physiologique de leur articulation est définitivement acquis.
29 résultats anatomiques et fonctionnels parfaits ont été obtenus
é enfants de 3 ans 1/2 à 4 ans 1/2, dont 3 avec luxation double.
12 enfants de 4 ans 1/2 à 6 ans 1/2, dont i avec luxation double.
9 enfants de 6 ans 1/2 à 9 ans, dont i avec luxation double.
I enfant de 10 ans 1/2.
I enfant de 11 ans.
Chez 4 enfants, le résultat anatomique est parfait, mais l’articulation
EXPOSÉ DES TRAVAUX SCIENTIFIttUES
reste un peu enraidie; leur marche est très bonne; 2 de ces enfants avaient 8 ans et les 2 autres 9 et 11 ans.
Une fillette de 12 ans a été guérie avant une ankylosé complète en bonne position. Une reluxation s’est produite chez un enfant de 9 ans.
Soins à donner aux femmes en couches et aux nouveaiHtés.
Paris, 1909, O. Doin St fils, 191 p. 12“ (63 fig.).
Cet ouvrage est la réunion des leçons faites, depuis huit ans, par l’auteur à l’École d’infirmiers et d’infirmières de l’Hospice de la Salpêtrière. On y trouve exposées, sous une forme concise et élémentaire, les notions d’obstétrique et de puériculture que toute infirmière doit connaître, ainsi que la ligne de conduite à suivre dans tous les cas où elle peut être appelée à donner des soins aux femmes en couches et aux nouveau-nés. Les mères de famille peuvent également y puiser des conseils précis et s’en faire un guide à travers les devoirs et les charges de la maternité.
Les sujets traités dans les six leçons dont l’ouvrage se compose sont les suivants : 1“ anatomie du bassin et des organes génitaux, foetus ; 2° hygiène de la femme enceinte, soins à donner aux femmes en travail, rôle de l’infirmière pendant le travail ; 3° rôle de l’infirmière si l’accouchement a lieu avant l’arrivée du médecin ; 4° physiologie des suites de couches et conduite de l’infirmière pendant cette période; 5° physiologie et hygiène du nouveau-né, alimentation du nouveau-né normal, hygiène et alimentation des enfants prématurés ou débiles ; 6° crèches et pouponnières.
63 figures originales en illustrent le texte.