APPAREIL RESPIRATOIRE
De la congestion pleuro-pulmonaire. In-8» de 88 p. G. Steinheil, éditeur, Paris, 1889.
Ce travail est basé sur des observations recueillies à l’hôpital Necker dans [le service de M. le professeur Potain dont j’avais l'honneur d’être alors l’interne.
Cette étude m’a paru importante à cause de la confusion qui s’établit facilement entre ces trois états pathologiques pourtant si différents : pleurésie, congestion pleuro-pulmonaire et pneumonie.
exemples typiques de congestions pleuro-pulmonaires qui ont immédiatement suivi l’ingestion de boissons glacées.
J’ai indiqué dans certains cas l’insidiosité du début.
Dans l’étude des symptômes, j’ai montré l’importance d’un examen méthodique des poumons, car c’est l’ensemble des signes qui seul est
La matité au niveau du siège du mal est le plus souvent incomplète ; il existe presque toujours des modifications à la percussion de la région sous-claviculaire correspondante, alors même que le foyer siège en arrière et à la base.
Les vibrations thoraciques sont toujours diminuées mais jamais complètement abolies ; ce signe est de grande valeur pour le diagnostic, car, delà réunion de ces trois signes : matité, diminution très accentuée des vibrations, souffle, on peut dans un examen un peu hâtif, conclure à la pleurésie ; or, si on se laisse entraîner à la ponction, il ne sort rien car il n’y a pas de liquide ou une quantité insignifiante.
Auscultation. — Elle permet de constater les symptômes suivants : Diminution du murmure vésiculaire qui peut être le seul signe d’auscultation; la maladie est alors souvent longue: dans un cas 25 jours de durée.
La crépitation pleurale est à bulles fines, sèches et également superficielles et ressemble au bruit que fait la mèche de cheveux roulée
moins fines, d’intensité inégale, inégalement distinctes et semblant souffle peut exister seule.
Je donne ensuite des exemples des rapports qu’affectent chez le malade ces deux signes pathognomoniques. Ils se groupent ainsi :
puisla crépitation pleurale survient à une époque variable. C. les deux signes peuvent apparaître en même temps, quelquefois dès le début de la maladie. D. dans certains cas la crépitation existe seule.
Expectobation. — Elle est caractéristique, car elle diffère de l’expectoration de la pneumonie. Sur un fond incolore, de consistance sirupeuse surnagent quelques crachats aérés, blancs et mousseux ; la
paraîtrait d’autant plus grave que les signes physiques occuperaient une plus grande étendue du poumon.
2» Que si la gravité est diminuée du fait de la coexistence de la congestion, la durée totale de l’affection sera plus longue, car ces malades ont dépassé de beaucoup le cycle de sept jours de la pneumonie
B. La congestion pleuro-pulmonaire peut préparer et accompagner un épanchement pleurétique ; j’en donne un exemple où la congestion siégeait au sommet et où l’épanchement se collecta à la base du pou-
l’on trouve des souffles éfelés, dépassant en haut et en bas la limite pleurésie simple et à un épanchement abondant, encore que la quan-
C. La congestion pleuro-pulmonaire peut être liée aux affections j’ai donné plusieurs exemples dont un dans le cours d’une métrite et
D. Je donne 3 cas de congestion pleuro-pulmonaire chez les enfants. Il s’agitde deux petites filles, deux sœurs qui ontété atteintes à deux reprises et à un an d’intervalle de la forme pleurale et d’un jeune garçon qui a présenté une forme pulmonaire très intense. La maladie remonte à 5 ans pour les petites filles et à 3 ans pour le petit garçon. Ces enfants ont aujourd’hui une excellente santé, ce qui écarte absolument tout soupçon de poussée tuberculeuse.
Le pronostic est bon, puisque ces états pulmonaires guérissent toujours. Il n’y a donc pas lieu d’ouvrir un chapitre d’anatomie pathologique. (M.Potainme disait n’avoir jamais eu l’occasion de pratiquer une autopsie et ne rien connaître de l’anatomie pathologique ; aucun de ces malades n’était mort.)
Le diagnostic doit s’établir entre la pneumonie et la pleurésie et ne laisse pas dans certains cas d’être délicat.
Le traitement repose sur l’emploi de dérivatifs généraux, tels qu’un éméto-cathartique et de révulsifs locaux parmi lesquels il faut placer au premier rang les ventouses scariüées.
J’ai fait des recherches bactériologiques dans de nombreux cas ; je n'ai jamais trouvé que des germes, indifférents, je puis noter l’absence constante du pneumocoque de Talamon-Frünkel.
C’est notamment le résultat des recherches que j’ai entreprises dans le service de la clinique de la Pitié, résultat négatif, qui a été confirmé dans ses leçons par mon maître M. le professeur Jaccoud.
Cette étude démontre que même dans le poumon l’hépatisation lobaire fibrineuse n’est pas, comme on le croit, la seule forme morbide dépendante du pneumocoque. Il peut également déterminer des broncho-pneumonies ; enfin les noyaux d’hépatisation peuvent manquer, l’affection pneumococcique est alors une simple bronchite capillaire
Cette seconde forme a jusqu’ici passé inaperçue : elle fait l’objet de notre travail qui est consacré à l’étude de la bronchite capillaire à
de la tuberculose sont admis implicitement par tous ; or les cavernes sont remplies d’un exsudât qui est un excellent milieu de culture pour les germes surajoutés.
mériterait une étude particulière ; nous l’avons tentée pour le pneumocoque. Chez les malades qui font l’objet de ce mémoire la tuberculose avait offert une allure insolite, une aggravation imprévue qui si^ggé-
20 Dans une seconde s^érie deMts, la tubLulose présente d’emblée ou secondairement la forme galopante.
paraît de l’expectoration, le malade devient apyrétique, l’état général s’améliore, l’appétit revient en partie. Pendant six semaines on constate le pneumocoque, l’état est grave ; celui-ci disparaît, l’amélioration est immédiate.
La conclusion semble s’imposer ; le pneumocoque a joué un grand
Ce cas montre que l’infection par le pneumocoque peut être passagère et s’éteindre naturellement. On peut donc s’attendre à le retrouver dans les poussées fébriles transitoires qu’offrent souvent les tuberculeux chroni(^ues.
3° Dans d’autres cas tout est insidieux, c'est l’examen des crachats
Un homme meurt huit jours après l’entrée à l’hôpital ; une femme succombe après quinze jours ; une autre après un mois ; à l’autopsie
Anâtomie pathologique. — En dehors des altérations tuberculeuses banales, toujours nous avons trouvé des lésions de bronchite purulente manifestes dans les parties respectées par la tuberculose. L’exsudat purulent remplit les bronches atteintes jusque dans les plus petites
aériennes ou des cavités bucco-pharyngées, il s’en trouve un dont la virulence soit plus grande et la végétation' plus active, on conçoit \ qu’il puisse aisément dépasser la zone primitivement atteinte, envahir \ les ramifications bronchiques afférentes jusqu’à leurs extrémités capil- \ laires et causer la bronchite généralisée ; c’est le cas pour le pneumocoque qui dans tous nos cas a toujours été déterminé par le triple contrôle de l’examen microscopique, des cultures et des inoculations.
de nombreux malades : un a eu une pleurésie consécutive, un autre
Parmi les déiermins.tions cardiaques, j’ai observé un fait avec pseudo-angine de poitrine dont les accès répétés n’ont pas laissé que d’être assez inquiétants.
En dehors des états gastriques si fréquents, j’ai vu des cas où la
giques qui favorisent la culture et la dissémination du germe infectieux encore inconnu de la grippe. On peut comparer ce qui s’est passé en cette circonstance en matière de grippe à ce qui se passe pour certains parasites végétaux, tels que le mildew dont la pullulation et l’envahissement se font pour ainsi dire instantanément sous
l’influence de certaines modifications atmosphériques, alors que jusque-là quelques plants seulement étaient infectés. »
Comme exemples de propagation de l’homme malade à l’homme sain, j’ai pu donner les observations suivantes :
maison et le cuisinier échappent à la i
A cette époque, il n’y a donc dans le village qu’un cas, celui du cocher. Le mercredi 11, une couturière vient essayer une robe à l’enfant dans la chambre de la mère alitée ; elle prend la grippe le 13 et la transmet à tous les habitants de sa maison ; son père, sa mère, son mari et sa petite fille.
Il n’y a à cette date que deux maisons de prises, celle de la couturière et celle du cocher situées chacune aux deux extrémités du pays. Ce n’est que huit jours plus tard que l’épidémie se répand dans tout le village.
Cette propagation si particulière montre que la grippe se transmet du malade à l’individu sain : l’intermédiaire peut même être un objet
contagion de la pneumonie.)
Il semble en résumé que l’air extérieur apporte l’élément infectieux dans un territoire déterminé, puis les premiers malades paraissent devenir autant de foyers de dissémination. La grippe semble donc être une maladie à la fois épidémique et contagieuse et la période d’incubation serait de deux jours. »
Relation de l’épidémie cholérique observée à l’hôpital St-Antoine en novembre et décembre 1884. (In-8-» de 203 pages, chez Drouin, 1886), ouvrage récompensé par l’Institut de France (prix Bréant) et l'Académie de médecine (prix Itard).
des qui ont été soignés dans le service d’isolement du choléra, dirigé par M Je professeur Hayem. J’ai étudié les troubles des grandes fonc-
Parmi les complications, j’ai étudié spécialement les diverses modalités cliniques des éruptions polymorphes du choléra.
L’érythème scarlatiniforme a été le plus fréquent (17 cas) ; 12 fois il fut localisé à la face, une fois il fut généralisé et confluent; il peut persister douze jours.
L’érythème morbilliforme n’a été vu qu’une fois isolé, ainsi qu’un érythème à forme de taches rosées lenticulaires qui rendit le diagnostic délicat avec la fièvre typhoïde jusqu’au moment où il se compliqua d’érythème scarlatiniforme. Nous avons observé aussi l’urticaire, la miliaire, etc. Ces diverses manifestations cutanées étaient le plus souvent associées ; on peut noter aussi des éruptions pharyngées. ^ ^ ^ ^ .
dans ces cas, on peut observer chez un môme malade des taches
riques sur les genoux, des pustules d’ecthyma sur les coudes et les hanches en même temps qu’au niveau du pharynx on retrouve des plaques diphtéroïdes plus ou moins développées. Ces manifestations
typhique qui s’accuse d’autant plus que l’érythème est plus généralisé. Si l’éruption est partielle la réaction peut continuer à être simple et franche ; si l’éruption est généralisée, c’est après avoir présenté un état typique complet avec langue sèche et rôtie que le malade
J’ai noté des hémonhâçiies par diverses voies: hématurie, mélæna, métrorrhagie. Sur 12 malades 10 sont morts.
Du côté du système nerveux, outre le délire et le coma, j’ai vu un cas d”aphasie transitoire qui se reproi^uisit deux fois ; deux femmes
Sous le nom de cas chroniques, j’ai étudié une forme particulière qui se distingue par^sajongueur, son allure sP^ciale, ses «i^nifesta-
survécu. Le début peut se faire comme dans les cas moyens ou graves ; puis au moment où la réaction s’établit cos malades tombent dans un état d'apathie profonde et d’indifférence complète. Les éruptions ne manquent jamais, elles sont polymorphes et généralisées des pieds à
desquamation débute du au 5“ jour de l’éruptLn et d’aborîl sur les
parties primitivement atteintes ; elle durait encore au dix-huitième iour de la maladie dans un cas qui a guéri.
Les six malades ' ont eu de l’albumine, deux en plus ont présenté du sucre dans l'urine.
A l’autopsie, les lésions les plus marquées étaient du côté du foie, atteint de dégénérescence granulo-graisseuse ; la bile n’était plus qu’un liquide citrin, transparent, analogue comme aspect au liquide de l'ascite.
Dans un dernier chapitre j’étudie les injections intra-vemeuses.
Trois solutions furent employées :
Sol. n® 1. Chlorure de sodium. 5 gr.
Sulfate de soude. lü gr.
Eau distillée. 1.000 gr.
Sol. nt* 2. Chlorure de sodium. 5 gr.
Eau distillée ••••■••. 1 ■ 000 gr. (Elle servitpour
Sol. n® 3. Elle contient du chlorure de sodium et du carbonate de soude ; elle a été peu employée.
La température du liquide était de 38® à 39*. La quantité employée fut habituellement de deux litres par injection.
J’ai fait la presque totalité de ces injections.
La statistique générale des cas donne les résultats suivants :
( Femmes etenfants. .
Ensemble, 90 transfusions donnant.
Ces résultats, comme le dit mon maître M. le professeur Hayem, peuvent sembler médiocres,mais heureusement aujourd’hui on admet que toute statistique demande une interprétation.
1* Nous n’avons injecté que les cas graves, les indications de l’opération ont toujours été pour nous l’algidité et la disparition du pouls à la radiale.
2* Aucun cas grave n’a guéri en dehors de ceux qui ont été transfusés.
3® Une chose importante à considérer, c’est que sur 24 femmes transfusées une fois, douze c'est-à-dire la moitié ont guéri ; le résultat con-
très notable et qui quelquefois est une véritable résurrection résulte des modifications favorables des principaux symptômes énumérés plus
réaction simple, deux une réaction typhique légère ; une de ces dernières, enceinte de huit mois, était menacée d un avortement (le col était dilaté) avant l’opération ; vu son état désespéré, je l’injecte tout
11 est inutile d’entrer dans les mêmes détails pour les hommes et
Même dans les cas qui ont été suivis de mort, l’effet immédiat des injections a toujours été satisfaisant, mais le plus souvent les malades
qu’au milieu d’un service si surchargé, j’ai pu injecter une deuxième
hommes et deux femmes la guérison a été obtenue après la deuxième injection ; celle-ci n’était pratiquée que lorsque l’on constatait de nouveau l’algidité et l’absence de pouls radial. Un homme a été injecté quatre fois et a fini par succomber.
Les enfants ont fourni quatre morts et quatre guérisons. Dans deux
En résumé, l’impression que j’ai gardée de ces faits est que l’injec-
fâtée sodique est efficace contre les accidents immédiatement menaçants del’algidité des cas graves ; elle permet aux malades d’effectuer une réaction qui variera suivant les cas, simple et définitive si le malade est jeune et sans tare organique, à peine ébauchée chez d’autres individus qui retombent alors dans l’algidité d’où une seconde injection pourra les tirer, ou réaction typhique qui a ses périls graves, mais
aux accidents immédiats créés par la déperdition de liquide due aux selles et aux vomissements répétés et incessants.
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