‹ Exposé des travaux scientifiques [electronic resource]Chapitre 17 sur 48 · Etat de repos entre deux crises · texte numérisé non relu

Etat de repos entre deux crises

8. — Phase clonique delà crise; on constate l'incurvation du nez, la fossette mentonnière, le spasme du peaucier avec déviation de la commissure labiale en haut et on arrière, l'occlusion de l'œil associée à une contraction du frontal qui se manifeste par des plis cutanés à la partie supéro-interne du sourcil gauche.

9. — Contraction volontaire du côté droit de la face. On ne trouve sur cette figure aucun des caractères qui sont relevés sur la fig. 8.

à celui qui résulte de l'électrisation d'un nerf moteur ; je ne sache pas qu'expérimentalement, chez l'animal, on soit en mesure d'ohtenir une pareille réaction. De plus, il ne me semble pas prouvé qu'en pathologie humaine il y ait des observations établissant ce fait ; aussi bien, jusqu'à présent les neurologistes ne se sont-ils guère attachés à analyser avec précision les caractères du spasme facial, et il est possible que les mouvements convulsifs ne soient pas identiques dans l'hémispasme et dans le tic douloureux ; il s'agit peut-èti^e, au moins dans bien des cas de celte dernière affection, de mouvements d'un tout autre ordre.

« Je ne crois pas non plus qu'une lésion du système nerveux siégeant au-dessus du noyau du facial, telle qu'une lésion corticale, puisse produire un hémispasme facial identique à celui dont je m'occupe.

« Si les idées que j'expose se confirment, celte notion nouA^elle sei'a établie que l'hémispasme facial, marqué par les caractères intrinsèques que j'ai énumérés et analysés, ne peut être engendré que par une perturbation directe du nerf facial ou de son noyau d'origine. Il serait alors rationnel d'appliquer à cette modalité d hémispasme facial l'épithète (( périphérique » dont on se sert pour désigner la variété d'hémiparalysie de la face liée à une lésion de ces mêmes organes. D'ailleurs, je suis porté à croire qu'il y a une certaine parenté entre la paralysie faciale périphérique et l'hémispasme facial périphérique, et qu'une même cause peut, suivant son degré d'intensité, donner naissance à l'une ou à l'autre de ces affections ; j'ajoute, à l'appui de cette opinion, qu'on peut voir, dans la paralysie faciale périphérique, succéder à la paralysie musculaire un état spasmodique ayant de grandes analogies avec I hémispasme primitif. »

Mes observations sur l'hémispasme facial ont été confirmées par beaucoup de neurologistes et quelques-uns d'entre eux ont accepté ma manière de voir en ce qui concerne la pathogénie de cette affection.

Ernest Dupré et Jules Lemaire, rapportant un fait d hémispasme facial (Revue neurologique, igo5, p. 1227), écrivent: «Le spasme offre les caractères cliniques qui le diflérencient du tic et des contractures et notamment ceux récemment mis

HÉMISPASME FACIAL PÉRIPHÉRIQUE

en lumière par Meige et Babinsld : trémulations fibrillaires, incurYation de la pointe du nez, élévation du sourcil, synergie paradoxale du frontal et du sourcillier, fossette mentonnière. »

Abadie et Dupuy-Dutemps (Revue neurologique, 1906, p. 196) relatent une observation d' « hémispasme facial guéri par une injection profonde d'alcool ». Les crises de spasme, disent ces auteurs, présentaient, entre autres symptômes, « les caractères indiqués par M. Babinski : la déformation (incurvation du nez et formation d'une fossette mentionnière irrégulière du côté malade) et la synergie paradoxale (conlraclion de l'orbiculaire et élévation de la partie interne du sourcil) ».

Deleni analyse (Revue neurologique, 1906, p. lo/ja) un travail de C. Negro sur « l'Hémispasme facial comme écjuivalent de la paralysie faciale périphérique » (Gazetla degli Ospedalie délie Cliniche, 1906, an. XXVII, n° 108, p. 1139). Apropos de la parenté cjue Negro cherche à établir entre la paralysie périphérique et l'hémispasme facial périphérique, Deleni écrit : « Il y a, on le voit, pour MM. Negro et Babinski, identité d'appréciation des faits. »

Raymond, F. Lévy et Baudouin font une communication ayant pour titre : «Origine périphérique du spasme facial» (Revue neurologique, 1906, p. 779) et admettent mon opinion sur l'origine de l'hémispasme. Dans la discussion cjui suit cette présentation, Meige, tout en maintenant que les irritations d'origine sensitive peuvent provoquer cette affection, dit : «M. Babinski croit que l'hémispasme facial est toujours d'origine périphérique. C'est l'opinion que vient de défendre M. Lévy. Je suis convaincu également que telle est la pathogénie du plus grand nombre des spasmes de la face... »

Bouchaud, de Lille (Revue neurologique, 1908, p. 908), rapporte un cas d'hémispasme facial dans lecjuel il a constaté tous les signes que j'ai décrits.

Meige, dans un travail intitulé : <( Les convulsions de la face. Une forme clinique de convulsion faciale bilatérale et médiane» (Revue neurologique, 1910, t. XX, p. /138), écrit ceci : « D'autres caractères bien mis en valeur par M. Babinski facilitent encore la distinction du spasme facial, notamment rincurvation du nez, l'existence d'une fossette mentonnière et parfois des mouvements du pavillon de Voreille du côté où siège le spasme ; enfin la contraction simultanée du muscle frontal et de l'orbiculaire des paupières au moment de l'occlusion des yeux (synergie paradoxale). »

Jaroszynski (Société de Neurologie et de Psychiatrie de Varsovie, séance du 20 mai 191 1) présente un malade atteint d'hémispasme facial, ayant des contractions déformantes et de la synergie paradoxale.

André Thomas (/?ey«e neurologique, 191 1, t. XXI, p. 5o8) écrit: « Il n'est pas douteux que, suivant l'opinion exprimée par M. Babinski, l'hémispasme ne reconnaisse pour origine une lésion périphérique du nerf facial, sur un point c[uelconque de son trajet, depuis son noyau d'origine jusqu'à sa terminaison. »

Page 1