‹ Exposé des travaux scientifiques [electronic resource]Chapitre 16 sur 48 · PARALYSIE FACIALE · texte numérisé non relu

PARALYSIE FACIALE

On admet généralement que, dans les paralysies liées à des lésions des nerfs moteurs, l excitabilité électrique de ces nerfs ne peut être exagérée que pendant les premiers jours qui suivent le début de l'affection.

Exprimée d'une manière aussi absolue, cette opinion est inexacte, ainsi que le prouvent des faits que j'ai obserA-és (i 2 1 ).

Ces faits établissent qu'une lésion intéressant le nerf facial dans son trajet ou à son origine peut déterminer, dans sa partie périphérique, une surexcitabililé électrique durable et associée à la paralysie.

Ils montrent qu'une paralysie faciale n'est pas nécessairement bénigne et ne doit pas infailliblement guérir dans un délai de quelques semaines quand la réaction de dégénérescence fait défaut ; ils fournissent ainsi une donnée nouvelle d'une certaine importance au point de vue pratique.

HÉMISPASME FACIAL PÉRIPHÉRIQUE

HÉMISPASME FACIAL PÉRIPHÉRIQUE

Brissaudet Meige ont cherché à établir qu'il y a lieu de distinguer les spasmes de la lace d'avec les tics, que l'hémispasme facial présente des caractères cliniques spéciaux que la volonté ne peut reproduire et qui sont étrangers à la symplomatologie des tics, affection psychique.

J'ai vérifié l'exactitude de ces idées.

De plus, j'ai observé de nouveaux signes (117) appartenant en propre à l'hémispasme facial et accentuant encore la distinction faite par Meige et Brissaud ; je vais les indiquer.

Les contractions de l'hémispasme facial sont déformantes. Pour bien faire comprendre ma pensée, il faut que je précise le sens que, dans l'espèce, j'attribue à ce mot ; il est évident, en elTet, que toute contraction musculaire modifie, dans une certaine mesure, la forme de la région oîi elle se produit et, si 1 on veut, la déforme ; mais les déformations produites par des contractions volontaires sont normales, ce sont des changements de forme plutôt que des déformations ; il me semble naturel de réserver ce mot à des modifications de forme anormales. Or, c'est ce que l'on constate dans l'hémispasme facial ; on observe une déformation du nez dont la pointe se porte du côté malade et dont le bord antérieur forme une courbure à concavité tournée du même côté ; outre cette incurvation du nez, on note encore une autre déformation se produisant pendant le spasme : c'est une fossette irrégulière qui apparaît au menton du côté malade (voir fig. 6 et 8).

Ces contractions s'associent les unes aux autres d'une manière contradictoire. On voit, par exemple, le muscle peaucier se contracter en même temps que la commissure labiale se porte en haut et en arrière, ou encore on observe une association de ce dernier mouvement à un mouvement du pavillon de l'oreille en haut et en arrière ; mais l'association la plus singulière est la suivante : en même temps que le Babinski. 6

muscle orbiculaire de l'œil fonctionne et que l'œil se ferme, la partie interne du muscle frontal se contracte et la peau de cette l'égion se porte de bas en haut ; c'est là une variété de synergie que l'on peut qualifier de paradoxale (Aoir fig. 8), car elle est l'opposé des modes de syncinésie propres aux mouvements normaux qu'elle ne saurait qu'entraver.

J'ajoute que V incurvation du nez, la fossette mentonnière, la synergie paradoxale peuvent être à l'état normal reproduites avec exactitude par l'électrisation du nerf facial.

En ce qui concerne le mécanisme de l'hémispasme facial, mon opinion diffère de celle de Brissaud.

Dans ses Leçons sur les maladies nerveuses (1896, p. 206), cet auteur s'était exprimé ainsi :

(( Le spasme facial chez le plus grand nombre des malades a un point de départ oculaire. La contraction débute par l 'orbiculaire des paupières, phénomène purement réflexe : la cornée, la sclérotique, la muqueuse palpébrale reçoivent des fibres sensitives du trijumeau qui transmettent au noyau de ce nerf les impressions reçues ; celui-ci les communique à son tour au noyau de la VIP paire qui envoie la décharge au muscle orbiculaire qu'il commande. Voilà donc l'arc réflexe établi. On peut admettre, en principe, que toute irritation portant sur un point quelconque de la voie centripète de cet arc pourra produire un spasme oculaire. »

Voici ce que j'ai écrit :

« J'avoue n'être pas convaincu, tant s'en faut, de la réalité de ce mécanisme. Il est bien entendu que j'ai ici en vue exclusivement l'hémispasme facial caractérisé cliniquement par les divers signes que j'ai cherché à mettre en relief, et qui est marqué par ce trait essentiel de pouvoir être exactement reproduit par l'électrisation des branches du nerf facial. Or, à priori, il me paraît déjà difficile d'admettre qu'une excitation d'un nerf sensitif puisse produire un effet identique

FiG. 8.

FiG. 9.

FiG. 6. — Femme atteinte d'hémispasme facial droit. Phase tonique de la crise; on voit l'incurvation du nez et la fossette mentonnière. FiG. 7, 8, 9. — Homme atteint d'hémispasme facial gauche.

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