MÉNINGITES
A. — Méningite cérébro-spinale subaiguë à polynucléaires. Ponctions lombaires. Guérison.
Il s'agit d'une observation de méningite cérébro-spinale ayant présenté, après un début aigu, une allure subaiguë ou chronique. Une première rachicentèse, pratiquée environ trois mois après le début de l'affection, donna issue à un liquide louche contenant un grand nombre de polynucléaires. La ponction lombaire répétée plusieurs fois fut chaque fois suivie d'une amélioration notable, et on obtint enfin une guérison définitive.
(( Les ponctions lombaires peuvent donc donner des résultats remarquables, non seulement dans la forme aiguë de la méningite ainsi que cela ressort de nombreuses observations, en particulier de celles de notre collègue Netter, mais aussi quand l'affection a une évolution subaiguë ou chronique. »
Un autre fait intéressant, c'est que « malgré la durée et l'intensité de cette méningite, les racines de la moelle, qui sont restées plusieurs mois en contact avec un liquide purulent, n'ont subi aucune modification apparente, car je n'ai jamais constaté chez la malade de signe décelant une lésion radiculaire : les réflexes tendineux, en particulier, ont toujours été normaux » (84).
AFFECTIONS DES MÉiNlNGES
B. — Méningite hémorragique fibrineuse. Paraplégie spasmodique. Ponctions lombaires. Traitement mercuriel. Quérison.
Quelques extraits de cette observation en feront connaître les particularités les plus intéressantes.
A la première ponction on recueille un « liquide jaune ver-
dâtre se prenant en masse très peu de temps après la rachicentèse pour former un caillot fibrineux dense, consistant et très peu rétractile ; la dissociation de ce caillot permet d'y constater la présence de lymphocytes )) (c'est la deuxième observation de ce genre ; la première a été publiée par Froin).
« Quel était le degré des lésions spinales ? L'évolution de la maladie, la guérison, aujourd'hui presque complète, semblent indiquer que les altérations n'étaient pas très profondes, que les éléments nerveux essentiels étaient plutôt irrités que détruits. Mais déjà, dès le début, malgré l'intensité des troubles fonctionnels, et je dirais même en raison de l'intensité de certains de ces troubles, on pouvait supposer qu'il en était ainsi. C'était l'opinion que j'avais émise en me fondant sur des observations faites autrefois et dont j'avais tiré cette conclusion que la paraplégie crurale qui se caractérise par une contracture très forte des membres inférieurs, accompagnée de douleurs et de mouvements spasmodiques, est généralement liée à une irritation non destructive des faisceaux pyramidaux, sans dégénération descendante secondaire. C'est donc là un nouveau fait à l'appui de l'idée que j'ai soutenue (p. 88).
« Pour terminer, je veux attirer particulièrement l'attention de la Société sur l'efBcacité de la thérapeutique dans ce cas. Je n'insisterai pas sur l'utilité des lavages de la vessie qui ont été longtemps pratiqués ; c est là une notion courante. Le mercure a peut-être exercé une
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action favorable sur la maladie, mais ce n'est pas rigoureusement démontré. Je puis au contraire afïirmer que les ponctions lombaires ont joué un rôle curatif des plus nets. Il faut d'abord remarquer la différence notable qui distingue les liquides recueillis à 2/1 heures d'intervalle : celui de la première ponction renferme une grande quantité de fibrine, celui de la deuxième n'en contient presque plus.
(( D'autre part, les troubles fonctionnels ont diminué d'une manière très appréciable immédiatement à la suite de chaque opération et, par conséquent, l'efiicacité de la rachicentèse est indiscutable.
(( S'il s'agissait d'un cas de méningite aiguë vulgaire qui, comme on le sait fort bien actuellement, est susceptible d'être heureusement influencée par ce mode de traitement, ce fait serait banal, mais il n'en est pas ainsi. On avait affaire, en effet, à une forme anatomique particulière de méningite et l'aspect symptomatique de ce cas n'était pas celui qui appartient à la méningite aiguë ordinaire ; on était en présence d'une paraplégie spasmodique que l'on aurait pu attribuer à une lésion siégeant exclusivement dans la moelle, et, sans la ponction, l'existence même de la méningite aurait bien pu être méconnue. Cette particularité augmente singulièrement l'intérêt du résultat obtenu par la rachicentèse, que je considère comme une arme thérapeutique puissante et dont on n'a pas encore établi toute la portée » (99).