C. — Méningite cervicale hypertrophique
(En collaboration avec J. Jumentié et J. Jarkowski)
Voici les conclusions de ce travail (198).
1° Les lésions méningées observées rentrent dans ce que l'on a décrit sous le nom de pachyméningite cervicale hypertrophique, mais nous ferons remarquer que dans ce cas ce terme est impropre ; les lésions de la pachyméninge passent en effet au second plan et celles
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de l'arachnoïde prédominent au point que l'on pourrait dire qu'il s'agit surtout d'arachnitis ; il nous paraît préférable de désigner ces lésions sous le nom de méningite cervicale liypertrophique.
2" La compression, qui semblait très forte, n'avait cependant pas amené de lésions profondes de la moelle; il n'existait pas, en effet, de dégénérescence de ses faisceaux longs, et l'examen clinique avait montré que la sensibilité était conservée.
3° Les racines, quoique plus altérées que la moelle (état clair, dégénérescence ascendante du faisceau de Burdach), ont fait preuve d'une tolérance très grande, puisque la sensibilité objective était presque normale, et que, dans les groupes musculaires atrophiés, il n'y avait ni abolition complète des réflexes, ni réaction de dégénérescence.
[x° Enfin, nous avons constaté au membre supérieur des mouvements réflexes de défense que nous avons pu utiliser pour la localisation de la lésion.
HÉMORRAGIE MÉNINGÉE
J'ai publié avec Jumentié un travail sur ce sujet (igS). Voici les quelques points que nous avons cru intéressants de signaler.
i" En nous fondant sur des examens cliniques et anatomiques, nous avons été conduits à penser que la syphilis est une cause assez commune des lésions vasculaires pie-mériennes qui provoquent l'hémorragie méningée.
2° Nous avons observé un cas d'hémorragie méningée à rechute, ce qui constitue une rareté.
3° Chez un malade qui, entre autres troubles, présentait des accès d'épilepsie jacksonienne à droite, la nécropsie a décelé, sous la duremère qui paraissait saine, la présence d'un vaste caillot sanguin de 3 à 4 millimètres d'épaisseur, situé sur la face externe de l'hémisphère gauche, à sa partie moyenne, au niveau de la région motrice qu'il com-
HÉMORRAGIE MÉNINGÉE
ils
primait fortement; il s'agit là d'une variété.d'hémorragie méningée que l'on pourrait dénommer hémorragie méningée à forme jacksonienne.
N'y aurait-il pas lieu, disions-nous, de pratiquer une craniectomie dans des cas de ce genre? Dans l'espèce, l'évolution très rapide de l'affection est la cause qui nous a empêchés d'avoir recours à ce mode de traitement. Mais il est permis de penser qu'une pareille intervention pourrait être efficace.
Peu de temps après notre communication, Maurice Ghiray et Jacques Roland publièrent (Soc. méc?., juin 1912) une observation montrant que nos prévisions étaient justes. Elle est intitulée « Hémorragie méningée sous-arachnoïdienne non traumatique, à « forme jacksonienne ». Craniectomie. Guérison ».
J'extrais de ce travail les passages suivants :
« Dans la séance du 3i mai 191 a, MM. Babinski et Jumentié présentaient deux cas d'hémorragie méningée dont l'un, rapidement mortel, s'est manifesté, entre autres symptômes, par des crises typiques d'épilepsie jacksonienne; et les auteurs se demandaient si des faits de ce genre, encore peu connus, et pour lesquels ils proposent la dénomination d'hémorragie méningée à forme jacksonienne, ne seraient pas justiciables d'une intervention chirurgicale.
« Nous avons observé, le mois dernier, dans le service de notre maître le P"^ Debove, un fait analogue. Dans ce cas, les symptômes de localisation étaient si nets que nous nous sommes crus autorisés à tenter une intervention chirurgicale. Nous avons eu la bonne fortune, grâce à cette intervention qui a été pratiquée par M. Tufïier, d'assister à une disparition rapide des accidents, et nous vous présentons, aujourd'hui, notre malade complètement guéri. »