ÉTUDES SUD LA FIÈVRE TYPHOÏDE
Caractères biologiques et morphologiques du bacille typhique. — Nous avons fait une série de recherches sur le cadavre et sur le vivant ; nous avons repris l’étude des caractères morphologiques et biologiques du microbe, des procédés de culture et de coloration permettant de le dépister. Ces constatations nous ont permis d’affirmer que la fièvre typhoïde était produite par un microbe à caractères spéciaux.
Une planche annexée à l'un de nos premiers mémoires montre les formes diverses que peut présenter le bacille typhique aux différentes phases de son évolution, fait intéressant, surtout pour l’époque où il a été publié, au point de vue du polymorphisme présenté par un seul et même
Nous avons prouvé que l’espace clair observé parfois au centre du bacille n’était pas une spore, comme on l’avait souvent prétendu, mais une dégénérescence partielle du protoplasma, et que ce caractère commun à beaucoup de microbes n’avait pas pour le diagnostic du bacille typhique la valeur qu’on avait voulu lui prêter.
Nous avons fixé la température-limite de culture et de résistance du
durée de sa vitalité dans les matières fécales et dans les eaux de qualités
fécales des typhiques parait être le chlorure de chaux.
Nous avons montré que si l’on sème du bacille typhique en strie à la surface d’un tube de gélatine et si, au bout de quelques jours, on enlève avec un couteau de platine la culture qui s’est développée, un nouvel ensemencement de bacille typhique sur la surface ainsi détergée ne donne lieu à aucun développement. Ce fait a été bientôt confirmé par M. Würtz. Cet auteur a constaté de plus que si le milieu était réfractaire envers le bacille typhique, il ne l’était pas envers d’autres microbes tels que le colibacille, et il a tiré de ce fait un procédé de différenciation des deux germes. La réaction est si sensible qu’elle permet même de distinguer entre eux certains types de colibacilles, comme l’ont vu MM. Achard et Renault; elle nous a aidé à différencier les unes des autres certaines espèces de paracolibacilles.
Une très faible dose de sérum (1/2 centimètre cube) peut donc amener la guérison, mais à condition qu’elle soit injectée peu de temps après l’inoculation active. Dans les essais de sérothérapie, ce qui importe plus que la question de dose du sérum à inoculer, c’est celle de la durée du temps écoulé entre le moment de l’infection et le début de traitement.
Premiers essais de sérothérapie appliqués à l’homme. — Les résultats
immunisés n’aurait pas une action sur l’infection typhique humaine. Chez deux typhiques nous avons pratiqué, avec M. Chantemesse, l’injection sous-cutanée de sérum d’animaux immunisés.
Chez l’un d’eux qui, au 3* jour d’une fièvre typhoïde moyenne, reçut 10 centimètres cubes de sérum de cobayes immunisés, la température, i4 heures après l’inoculation, tomba de 40" à 37"5, mais le jour suivant, malgré une inoculation de i5 centimètres cubes, la température remonta à 40" et la maladie continua son cycle.
Chez le second malade, malgré l’inoculation de la dose énorme de 180 cc. de sérum, l’infection n’a subi aucun arrêt, et la maladie a continué son évo-
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bacille typhique dans l’eau a fourni, ainsi que la marche des épidémies, un argument puissant pour parler aux pouvoirs publics. Elle a montré que dans l’eau résidait la cause sinon unique, du moins la plus accessible et aussi la plus dangereuse de la fièvre typhoïde.
Les pleurésies typho'idiques. — Les pleurésies typhoïdiques méritent une place à part dans l’histoire des épanchements de la plèvre ; elles peuvent revêtir les aspects les plus variés et présenter des caractères et
Signalées très sommairement par les anciens auteurs, a titre de complications banales des lésions pulmonaires qui se développent au cours de la dothiénentérie, les pleurésies typhoïdiques devaient recevoir de la bactériologie les preuves de leur spécilicité étiologique. De nombreux travaux ont été, en ces derniers temps, consacrés à leur étude.
Dans un premier mémoire, nous avons étudié trois cas qui résument l’histoire des pleurésies typhoïdiques. Dans ces trois cas, la pleurésie a été précédée par des signes pulmonaires.
Dans une première observation, l'épanchement fut de courte durée, et le liquide ponctionné est toujours resté séro-fibrineux. Dans une autre observation, le liquide, hémorrhagique dès la première ponction, est resté tel jusqu’à la fin de la maladie. Dans notre troisième observation enfin.
Les suppurations froides dans la fièvre typhoïde. — Spécificité de l’ostéomyélite typhique. — Nous avons étudié, en différents mémoires, les suppurations banales développées au cours, au déclin, ou pendant la convalescence de la fièvre typhoïde et dues à des microbes vulgaires (staphylocoques, streptocoques et colibacilles). Nous nous sommes particulièrement appliqués à l’étude des suppurations spécifiques dues au bacille d’Eberth. Nous nous sommes efforcés de fixer les caractères de l’ostéomyélite typhique, à forme froide, apyrétique, sans réaction générale, et pouvant évoluer, pendant des mois ou des années, sous le masque des
d’Eberth séjournait encore dans le pus dix-huit mois après l’apparition de la fièvre typhoïde. Dans aucun cas, on n’avait démontré encore une persistance aussi longue du bacille typhique dans l’économie.
L’âge du sujet et la forme de fièvre typhoïde dont il a souffert, sont les facteurs étiologiques les plus importants.
ÉTUDES SUR LA FIÈVRE TYPHOÏDE g,
L’ostéomyélite typhique affecte, en effet, une prédilection pour l’adolescence, mais ce n’est là qu’une prédilection, puisque, dans une proportion notable, elle s’observe à un âge relativement avancé, contrairement à ce que l’on voit dans les ostéites dites de croissance, dues aux microbes pyogènes vulgaires. C’est surtout à la suite des formes à rechute et des formes prolongées que s’observe l’ostéomyélite typhique. Le plus souvent elle débute pendant le mois qui suit la défervescence. 11 est à cette règle des exceptions, et nous avons rapporté un cas d’ostéite costale développée, non pas dans la convalescence, mais en pleine évolution d’une fière typhoïde prolongée, ostéite dont la résolution s’est faite en même