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marquée quand on les injecte directement dans le sang.
La prédisposition ainsi créée n’est que passagère; elle ne dure pas plus de vingt-quatre heures.
J’ai pu isoler, dans les cultures du B. frrodigimus, la substance qui favorise l’infection charbonneuse ; c’est une matière soluble dans la glycérine et insoluble dans l’alcool ; elle résiste à une température de KO degrés-, tandis que le ferment peptoniûant, qui se trouve dans les cultures et peut être préparé par les mêmes procédés, est détruit à 60 degrés. Cette substance est si active, que la quantité contenue dans une goutte de culture suffit pour abolir l’immunité d’un lapin.
On peut vaincre l’immunité du lapin vis-à-vis du charbon symptomatique en employant les produits solubles d’un certain nombre de microbes ; Slaphylococeus pyogmes aureus, Proteus mlgaris, extrait de matières
Enfin, à l’exemple de Monti, j’ai pu rendre virulents des streptocoques et des pneumocoques atténués, en combinant leur action à celle des produits solubles de divers saprophytes.
Action dé la papaïne ‘.
La papaïne peul agir comme les produits solubles des microbes; injectée dans les veines d’un lapin, elle abolit l’immunité de cet animal vis-à-vis du charbon symptomatique ou du pneumocoque atténué; mais, contrairement à ce qui se passe pour les produits microbiens, l’action de celte substance est annihilée par la chaleur.
Action de l’acide lactique
ün pourrait penser que l’action adjuvante des produits microbiens doit être rapprochée de l’action'qu’exerce l’acide lactique. Ce serait une erreur. Tandis que les produits des microbes exercent une action générale (arrêt de la diapédèse (Bouchard), l’acide lactique n’agit qu’en déterminant une action locale, au-point où on l’injecte.
Substances solubles favorisant le développement du microbe qui les a sécrétées 5 .
En inoculant simultanément dans la chambre antérieure de l’œil et dans la cuisse d’un lapin quelques gouttes de sérosité de charbon symptomatique, on voit l’animal succomber en vingt-quatre heures. A l’autopsie, on trouve dans la cuisse une tumeur charbonneuse typique.
Ce résultat me fit supposer qu’en se développant dans la chambre antérieure, le bacille avait sécrété des substances capables d’abolir l’immunité naturelle du lapin. Pour vérifier cette hypothèse, j’inoculai le charbon symptomatique dans la cuisse et en même temps j’injectai dans les veines la sérosité charbonneuse débarrassée de tout microbe ; les animaux contractèrent la maladie.
Ainsi se trouvait établi ce fait nouveau que, parmi les matières que sécrète un microbe, il en est qui abolissent l’immunité naturelle ; elles prédisposent l’organisme à l’action pathogène du microbe qui les a produites.
’ Cette prédisposition n’est que passagère ; elle ne dure pas plus de
vingt-quatre heures. Le résultat est donc tout, à fait comparable à celui que j’ai obtenu dans mes recherches sur les associations microbiennes.
Action des produits solubles du streptocoque de l’érysipèle 1 . Existence simul-
tanée, dans un même liquide, de substances prédisposantes et vaccinantes,
A côté des substances microbiennes qui 'créent une prédisposition morbide passagère, il en est d’autres qui créent une prédisposition morbide durable ; c’est ce qui résulte des recherches que M. Courmont a poursuivies avec un bacille tuberculeux et avec le staphylocoque doré.
J’ai observé des faits semblables avec le streptocoque de l’érysipèle. J’ai employé des cultures développées à l’abri de l’air et, après les avoir filtrées sur une bougie de porcelaine, je les ai injectées à des lapins. Les animaux ainsi préparés ont été inoculés de 4 à 30 jours plus tard, avec une culture vivante de streptocoque ; ils ont succombé beaucoup plus vite que les animaux témoins inoculés de même.
Mais, si l’on chauffe les cultures, l’effet est tout différent : les animaux deviennent plus résistants; ils sont vaccinés.
J’ai pu établir ainsi, dans un même liquide de culture, la présence de deux substances a effets physiologiques diamétralement opposés : l’une diminue la résistance naturelle, l’autre la renforce.
Vaccination contre le charbon*.
Les cultures stérilisées de la bactéridie charbonneuse peuvent augmenter la résistance du lapin au charbon. Cet effet est dû non aux matières solubles contenues dans la culture, mais a la présence des bactériffi
2. Exp. citées dans te livre de M. Bouchard sur ta Thérapeutique des maladies infeclieutet, aris, 1889.