RECHERCHES SUR QUELQDES CAUSES QÜI FAVORISENT OU ENTRAVENT L’INFECTION
Influence de la fatigue et du surmenage’.
Une des questions qui préoccupent le plus les expérimentateurs!, c’est l’étude de l’immunité et de la prédisposition morbide. C'est sur ce terrain que nous trouvons le trait d’union entre la médecine traditionnelle et les recherches modernes. L’experimentation vient en effet confirmer et compléter les données de l’observation.
La clinique nous a appris que la fatigue et le surmenage favorisent le V développement des maladies infectieuses. Nous avons, M. Charrin et moi, étudié expérimentalement l'influence de cette cause adjuvante.
Des rats blancs ont été soumis a un exercice extrêmement fatigant : on les faisait marcher dans un cylindre rotatif où ils faisaient par jour plus de 15 kilomètres. Dans ces conditions, sur 21 rats blancs qui ont été ino : culés avec du charbon, 19 ont succombé; sur 6 témoins, inoculés de même, mais laissés au repos, un seul est mort.
Avec le charbon symptomatique, les résultats sont semblables : 8 animaux inoculés sont soumis au surmenage; ils succombent tous; 8 animaux inoculés sont laissés au repos, 6 survivent.
Enfin, quand un animal succombe a la suite d’exercices forcés, alors même qu il n’a pas été inoculé, son organisme est envahi par un nombre considérable de microbes.
Influence du système nerveux’.
J ai étudié l’influence du système nerveux en inoculant des cultures du
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“ireptocoque de 1 érysipèle dans l’oreille du lapin et en sectionnant les nerfs vaso-moteurs ou sensitifs. Je suis arrivé aux deux conclusions suivantes :
11 La section in sympathique favorise la guérison, peut-être en favorisant la diapédèse.
2" La section des nerfs sensitifs a un effet inverse : elle entrave la diapédèse et aggrave l’érysipèle, qui peut se terminer par gangrène et amener la perte d’une portion du pavillon do l’oreille.
Influence de l’hypothermie et de l’hyperthermie
Un certain nombre de cobayes ont reçu du charbon symptomatique atténué étne tuant plus les animaux de cette espèce. Cinq d’entre eux ont élé attachés; leur température est tombée en 6 heures à 52 et 55 degrés; deux ont succombé au charbon symptomatique.
D’autres ont été placés pendant 6 heures dans une étuve à 59”; leur température est montée à 41°; ils ont tous résisté, Six ont séjourné pendant 1 heure ou 1 heure 1/2 à 52 degrés. Leur température a atteint 43,44 et même 44”,2. Quatre d’entre eux ont succombé avec des lésions caractéristiques.
Associations microbiennes’. Charbon symptomatique et B. prodigiosus.
L —Si l’on inocule du B. prodigiosus à un lapin et du charbon symptomatique à un autre, les deux animaux résistent ; ils possèdent une immunité naturelle vis-à-vis de ces deux microbes. Mais si, à un troisième lapin, on injecle un mélange des deux agents qui, tout à l’heure, pris isolément, étaient inoffensifs, on voit l’animal succomber en moins de vingtquatre heures : à l’autopsie, on trouve les lésions bien connues que détermine d’habitude le charbon bactérien (tumeurs gangreneuses et emphy-
Les résultats sont semblables chez le pigeon, qui résiste à chacun des deux virus et succombe à leur association.
On peut renforcer l’immunité naturelle des animaux en leur injectant dans les veines quelques gouttes de sérosité de charbon symplomatique : l’animal ainsi préparé résiste aux effets des associations microbiennes.