CXLVII
Les matières dialysables de l’urine, c’est-à-dire les sels minéraux, y compris les sels potassiques, l’urée, les matières colorantes, etc., ne sont presque pas toxiques; elles exercent généralement une action thermogène, précédée parfois d’une action hypothermisante.
Les matières non dialysables sont beaucoup plus toxiques que l’urine totale : elles possèdent un pouvoir hypôthermisant très marqué. Si on les réunit aux matières dialysables, elles perdent leur toxicité ; le mélange n’est pas plus actif que l’urine en nature.
En injectant dans les veines des extraits de tissus, préparés à froid, j’ai obtenu les résultats suivants : les extraits de 22 à 23 grammes de rein ou de 12 à il\ grammes de cerveau ne déterminent que des accidents passagers. Les extraits de foie, à la dose de i4 à 20 grammes par kilogramme, amènent la mort en quelques heures ; les animaux sont anéantis, les pupilles se rétrécissent, une diarhée abondante se produit, la respiration s’accélère et la mort arrive, précédée parfois de convulsions. Cette description a été confirmée récemment par MM. Mairet et Vires.
La toxicité du tissu musculaire est généralement plus faible ; il faut souvent injecter l’extrait de 90 grammes par kilogramme pour amener la mort; mais il suffit parfois d’introduire l’extrait
Le chauffage à 6o° amène un volumineux coagulum et fait perdre aux extraits la plus grande partie de leur toxicité.
Toxicité du sang (XV-CLXIV).
On savait depuis longtemps que le sang d’un animal, injecté dans les veines d’un animal d’espèce différente, amène la mort
plus ou moins rapidement. Nous avons établi que le sang défibriné du chien tue le lapin à la dose moyenne de 25 centimètres cubes par kilograml^j Le sérum du cheval est, au contraire, fort peu toxique : on peut injecter dans les veines 4» à 45 centimètres cubes par kilogramme, sans provoquer aucun trouble.
température (CXII1, CX1V, CXXIX, CXXX, CXL, CXLI, CXLVII).
Les extraits de muscles, qu’on les pratique à chaud ou à froid, au moyen de l’eau ou de l’alcool, renferment des substances thermogènes qui provoquent des élévations de température atteignant i°,5 ou 2° et durant parfois sept heures et plus.
Le sang artériel, injecté dans les veines, ne détermine aucune modification de la température, ou provoque une légère hypothermie de o°, i à o°, 6.
Le sang artériel défibriné détermine au contraire des élévations thermiques atteignant o°,5 à i“. Ainsi, il suffit de défibrinerle sang pour lui communiquer une propriété qui manque au sang total.
Le sérum sanguin agit comme le sang défibriné.
Le liquide de la pleurésie ou de l’hydrocèle élève également la
On ne peut attribuer l’action du sang défibriné et du sérum à un ferment, car un chauffage prolongé à 6o° ne modifie nullement le pouvoir thermogène de ces liquides. Ce résultat a été vérifié par MM. Mairet et Bosc.
Un fait curieux, c’est que le sang artériel élève la température quand il provient d’un animal refroidi.
Contrairement au sang artériel, le sang veineux, injecté dans les veines, est thermogène ; le résultat, cependant, n’est pas tout à fait constant et, dans quelques cas, le sang veineux se comporte comme le sang artériel.
L’injection intra-veineuse d’urine normale provoque une élévation de température, parfois précédée d’un léger abaissement initial. L’urine émise pendant une journée de repos est moins thermogène que l’urine émise pendant une journée de travail.
TECHNIQUE EXPÉRIMENTALE Appareil pour injections intra-veineuses (CXXXII),
Cet appareil se compose simplement d’un réservoir gradué qu’on remplit du liquide à injecter. Une poire à air permet d’exercer une pression constante sur le liquide qui s’écoule par une tubulure inférieure. Le récipient est contenu dans un vase de verre qu’on remplit d’eau à la température nécessaire. L’appareil peut être facilement stérdisé.
Stéthographe bi-latéral (CXCI).
Ce stéthographe diffère des pneumographes ordinaires en ce qu’il inscrit séparément la dilatation de chaque moitié du thorax.