G. — RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR DIVERSES MALADIES INFECTIEUSES
Septicémie consécutive au choléra (XCIII, CXXVII).
A l’autopsie d’un malade ayant succombé à une septicémie consécutive au choléra, j’ai trouvé dans le sang et le liquide céphalorachidien, à l’état de pureté, un microbe nouveau que j’ai désigné sous le nom de Bacillus septicusputidus.
Voici un résumé des principaux caractères qui peuvent servir à déterminer ce microbe :
i° Caractères morphologiques. — Petit bacille, mobile, ovalaire, mesurant de o,6 à i |* dans son plus grand diamètre, présentant parfois un étranglement central. Se colore facilement, mais se décolore par la méthode de Gram ; présente, dans les vieilles cultures, un espace central clair.
ment anaérobie, se développe sur les divers milieux employés en bactériologie.
a. Géiose. — Sillon épais, crémeux, parfois entouré de larges îlots demi-transparents.
b. Gélose glycérinée et gélose fuchsinée. — Cultures suivant exactement le sillon d’ensemencement ; le développement est moins abondant que sur la gélose simple.
c. Gélatine. — Liquéfaction rapide ; lors d’ensemencement par
piqûre, canal liquide, rempli de flocons et surmonté d’une large cupule. Sur les plaques, colonies rondes, bien isolées, donnant plus tard des prolongements ramifiés.
d. Sérum gélatinisé. — Liquéfaction en six ou sept jours.
e. Pomme de terre. — Tache brune, sèche ou humide.
f. Bouillon. — Trouble uniforme ; teinte verdâtre devenant plus tard d’un jaune brun sale.
g. Bouillons sucrés. — Fait fermenter la glycose et la saccharose ; n’a pas d’action sur la lactose.
h. Lait. — Si le lait est peu ou pas aéré, coagulation en vingtquatre ou quarante-huit heures, avec apparition plus tardive d’un liquide séreux, clair, incolore; si l’aération est facile, le lait se transforme en un liquide épais, visqueux, d’un brun chocolat.
i. Urine. — Trouble uniforme.
Réaction des cultures. — Fortement alcaline, sauf si elles contiennent de la glycose ou de la saccharose.
Odeur des cultures. — Odeur désagréable et nauséabonde, sauf si la culture est à l’abri de l’air.
Pouvoir chromogène. — Peu appréciable dans le bouillon, très accusé sur la pomme de terre et dans le lait aéré : coloration brune dans les deux cas.
3 ° Pouvoir pathogène. — Virulence assez marquée, s’affaiblissant par les cultures successives dans les milieux artificiels. Trois éventualités sont possibles :
a. Mort rapide, en un, deux ou trois jours (injection de o ,5 à i centimètre cube d’une culture virulente dans les veines du lapin) : présence du microbe dans le sang et les viscères.
b. Mort en cinq ou sept jours (injection sous-cutanée d’une culture virulente (lapin ou cobaye) ou injection intra-veineuse (lapin) d’une culture atténuée : présence du microbe dans les viscères, absence dans le sang.
c. Mort du septième au soixantième jour (mêmes conditions que ci-dessus) : absence de microbes dans l’organisme.
Cette mort tardive, survenant quand l’évolution microbienne est terminée, ne peut s’expliquer que par l’action des matières toxiques
que l’agent figuré a déposées dans l’organisme. C’est ce que démontre en effet l’étude des produits solubles.
4° Action des produits solubles. — Leurs effets diffèrent suivant qu’on expérimente sur la grenouille ou sur le lapin.
a. Gbenouille. —Action très marquée sur le cœur. Ralentissement des battements ; allongement des systoles ; arrêt en diastole, sans affaiblissement progressif ; suppression rapide de l’action des pneumogastriques ; inexcitabilité du myocarde aux courants faradiques (cette action sur le cœur ne s’observe pas avec les autres toxines expérimentées jusqu’ici).
b. Lapin. — 0,5 à i centimètre cube par kilogramme amène la mort au bout de cinq à quatorze jours ; 5 à io centimètres cubes tuent en un jour; 20 ou 3o en quelques heures ; 45 en quelques inimités. Dans les cas à marche rapide, on observe de la paralysie, parfois du nystagmus, puis des convulsions : la mort survient par
Ce qui est surtout spécial à l’action de ces toxines, c’est que fréquemment l’animal ne succombe que fort longtemps après leur injection : ce résultat explique la mort tardive à la suite des inoculations virulentes ; il conduit à admettre, dans ce dernier cas, une intoxication chronique. L’examen histologique justifie ce rapprochement et, en même temps, explique le mécanisme de la mort.
5“ Lésions viscérales. — Appréciables seulement au microscope, peu marquées dans les reins, très accentuées au niveau du foie.
Reins. — Dans les cas aigus, foyers de désintégration cellulaire au niveau de quelques tubes contournés.
Dans les cas chroniques, quelques rares foyers semblables ; souvent les reins paraissent indemnes.
Foie. — Dans les cas aigus, dilatation des capillaires, foyers de thrombose, accumulation de cellules rondes.
Dans les cas chroniques, cirrhose généralement embryonnaire au niveau des espaces portes, pouvant donner lieu à des anneaux périlobulaires plus ou moins complets. En même temps, on trouve souvent des lésions nodulaires caractérisées par des accumula-
tions de cellules rondes ou une dégénérescence vitreuse des cellules hépatiques. 11 existe enfin des' néoformations de canalicules biliaires.
Ces diverses lésions, identiques à celles qu’on observe chez l’homme, peuvent être reproduites par les injections de cultures stérilisées : elles sont toutes d’ordre toxique, depuis les thromboses capillaires jusqu’aux foyers nodulaires et jusqu’à la cirrhose.
Les lésions du foie, si accentuées dans les cas chroniques, semblent jouer un rôle prépondérant dans la pathogénie des accidents consécutifs à l’infection et dans le mécanisme de la mort.
Recherches expérimentales sur le charbon symptomatique (LXX).
J’ai réuni, dans un travail d’ensemble, les différentes recherches que j’avais faites sur le charbon symptomatique et dont j’ai déjà eu l’occasion d’exposer quelques résultats.
Mes expériences ont porté d’abord sur les procédés capables de vaincre l’immunité naturelle du lapin. C’est ce qu’on obtient en injectant, en même temps que le virus, les produits solubles de divers microbes pathogènes ou saprophytes, ou certains ferments végétaux comme la papaïne. Parmi les autres causes qui abolissent momentanément l’immunité, on peut citer la fatigue, le surmenage et, à un moindre degré, les variations de la température organique.
L’inoculation du charbon symptomatique dans la chambre antérieure de l’œil, amène la mort du lapin et permet le développement du microbe, inoculé simultanément en d’autres points de l’organisme. Ce résultat tient à ce que le bacille sécrète des substances qui abolissent momentanément l’immunité naturelle.
A la suite de la vaccination, le sérum et même les tissus acquièrent de hautes propriétés bactéricides.
Recherches expérimentales sur le streptocoque (XCVIII). t . Dans ce mémoire, j’ai passé successivement en revue les ques-
gallinacés. Nous avons reconnu que le virus se transmet presque à coup sûr à la poule. Une seule poule sur onze a résisté; c’est un exemple de ces résistances individuelles qu’on rencontre si souvent dans l’étude des maladies virulentes.
L’inoculation au lapin réussit également bien. Parfois cependant l’infection revêt une marche spéciale : dans un cas il s’est produit de véritables tumeurs blanches. Le plus souvent, tous les viscères sont envahis et la mort survient au bout de trois mois.
Contrairement à la tuberculose humaine, la tuberculose aviaire est bien moins active chez le cobaye que chez le lapin. Nos expériences, qui ont porté sur 52 cobayès, établissent que le bacille aviaire ne produit souvent aucune lésion : ou bien il donne lieu à un abcès caséeux, ou bien il suscite la production de quelques rares tubercules viscéraux ayant une grande tendance à subir la transformation fibreuse. Mais, dans plusieurs cas, il s’est produit des poussées de granulations miliaires identiques à celles que détermine le virus des mammifères. C’est ce qui eut lieu notamment dans une de nos expériences où la tuberculose, provenant d’un faisan, fut réinoculée en série pendant cinq années consé-
Plusieurs cobayes, qui avaient résisté à des inoculations de virus aviaire, furent inoculés plus tard avec du virus humain; ils succombèrent dans le même laps de temps que les témoins. Une inoculation antérieure de virus aviaire ne modifie donc en aucune façon la réceptivité du cobaye pour la tuberculose humaine.
IL — Dans une autre série de recherches, nous avons étudié l’inoculabilité de la tuberculose des mammifères aux oiseaux; 86 poules furent mises en expérience, 7 d’entre elles coptractèrent la maladie et purent la transmettre à 2 autres. L’immunité de la poule n’est donc pas absolue, mais les résultats positifs ont été absolument livrés au hasard; leur déterminisme nous échappe. Toutes les tentatives que nous avons faites pour préciser les conditions qui favorisent l’infection tuberculeuse, notamment l’abaissement de la température, les associations microbiennes, les traumatismes concomitants, n’ont pas donné de résultats constants.
sn injectant dans les veines de répétant et en augmentant pro- , on rend les animaux capables x à trois fois supérieures à celles