IX. — THÉRAPEUTIQUE
Les injections intra-veineuses d’eau salée (CLXXXIX, CXC).
Des recherches expérimentales m’ont conduit à cette double conclusion : les injections préalables d’eau salée dans le système circulatoire retardent l’action de la strychnine, quand elle est injectée sous la peau et précipitent l’évolution des accidents, quand le poison est introduit dans les veines. L’effet défavorable des injections intra-veineuses d’eau salée, dans ce dernier cas, tient à ce que ces injections augmentent le pouvoir dynamogénique des centres nerveux : elles agissent dans le même sens que le poison ; les deux effets s’ajoutent.
Dans une autre série de recherches, j’ai essayé d’établir l’influence des injections sur l’absorption et l’élimination des poisons. En opérant avec le ferrocyanure de potassium injecté sous la peau ou dans les veines, j’ai vu la substance apparaître dans l’urine et en disparaître beaucoup plus vite chez les animaux traités que chez les témoins. Les résultats ont été analogues avec le sulfindigotate de soude. Les injections intra-veineuses d’eau salée réalisent donc réellement le lavage de l’organisme, au moins pour certaines substances.
On conçoit les déductions qu’on peut tirer de ces recherches pour la thérapeutique humaine.
Bactériothérapie : action des toxines streptocoeeiques sur le lupus (CLXXXII).
On doit à Coley une méthode bactériothérapique qui semble avoir donné quelques résultats encourageants dans le traitement
observations confirmatives. Sans parler des recherches de M. Marmorek, dont le sérum est préparé suivant d’autres procédés, nous pouvons citer les importants travaux de Denys, qui a montré l’efficacité du sérum préparé suivant notre méthode.
Un fait curieux, c’èst que le sérum antistreptococcique semble efficace contre les infections pneumo-bacillaires ; c’est ce qu’établissent quelques recherches expérimentales que j’ai faites à l’occasion des bons effets obtenus par le sérum chez trois malades atteints d’infections à pneumo-bacille.
Tuberculose. — J’ai fait, avec MM. Cadiot et Gilbert, un certain 'nombre de recherches en vue d’obtenir un sérum antituberculeux. Après bien des tentatives infructueuses, nous sommes arrivés à préparer un sérum qui retarde considérablement l’évolution de
la tuberculose chez le cobaye. Mais nos expériences sont trop peu avancées pour qu’on puisse les exposer actuellement.
Scarlatine. — J’ai eu l’occasion d’observer un malade qui était atteint d’une scarlatine maligne : la terminaison fatale semblait imminente ; je lui ai injecté 80 centimètres cubes de sang défibriné provenant d’un homme convalescent de la même maladie. Les effets furent surprenants et dès le lendemain l’évolution morbide était arrêtée. Il y a là une méthode qui pourra peut-être rendre des services.
Accidents imputables a la sérothérapie. — Les merveilleux effets obtenus avec la sérothérapie dans le traitement des diverses maladies infectieuses et notamment de la diphtérie ne doivent pas faire perdre de vue la possibilité d’accidents consécutifs à cette médication. Des expériences faites avec M. Charrin nous avaient déjà montré les profondes modifications que le sérum antidiphtérique provoque dans l’urine. J’ai conseillé à M. Poix de consacrer sa thèse (1896) à l’étude des accidents post-sérothérapiques ; l’auteur a bien montré que presque tous les effets fâcheux dépendent de l’introduction d’un sérum étranger et non d’une action de l’antitoxine. Cependant, il existe certaines modifications de l’organisme qui sont bien sous la dépendance de la substance spécifique ; ce sont celles qui se produisent au niveau de la moelle osseuse. Le sérum normal ne détermine pas les mêmes effets, c’est-à-dire n’amène pas la même prolifération de petites cellules que le sérum antidiphtérique. Il s’agit donc d’une action spécifique qui nous paraît tout à fait caractéristique et qui explique certains troubles consécutifs à la sérothérapie, notamment les douleurs osseuses dont se plaignent souvent les malades.
x. — PROGRAMME DES CONFÉRENCES