AFFECTIONS DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE
coques, des bacilles, des pneumocoques. Ces divers microbes, inoculés isolément ou simultanément à des animaux, ne produisirent aucun trouble. La présence de pneumocoques, qui se trouvaient dans ce cas en grande abondance, vient à l’appui de l’opinion des auteurs qui pensent que la gangrène pulmonaire est souvent consécutive à une pneumonie.
Dans un deuxième cas, j’ai trouvé quelques saprophytes et de nombreux streptocoques; l’inoculation du liquide sanieux recueilli au moment de la pneumotomie provoqua une paraplégie qui évolua en deux mois; les cultures furent inoffensives. Voilà donc un fait qui établit, une fois de plus, qu’il n’y a pas de rapport nécessaire entre les accidents qu’un microbe détermine chez l’homme et ceux qu’il peut provoquer chez les animaux.
Toxicité de l’urine dans la pneumonie (XXXIV, XXXV).
La toxicité de l’urine, dans la pneumonie, va diminuant au fur et à mesure que la maladie progresse ; à la fin de la période d’état, elle est deux ou trois fois moindl-e que normalement. Puis, au moment de la défervescence, il se produit une crise urotoxique ; la toxicité devient supérieure à la normale : dans quelques cas, elle la dépasse de peu, parfois elle peut acquérir une valeur double, triple, ou même quadruple. Cette décharge dure vingt-quatre à quarante-huit heures, puis l’urine, pendant la convalescence, présente une toxicité assez variable, égale, inférieure ou supérieure à la normale.
Différents expérimentateurs ont obtenu des résultats semblables en étudiant la toxicité urinaire dans d’autres infections.
Acétonurie dyspnéique.
L’acétonurie ne semble pas rare au cours des affections qui déterminent une forte dyspnée. Je l’ai rencontrée, dans ces circonstances, chez huit malades, qui succombèrent quelques jours plus tard. Le phénomène semble donc comporter un pronostic
donnait par millimètre cube 1600 000 globules rouges et 3oo 000 globules blancs. La toxicité urinaire était très élevée. L’étude histologique des principaux viscères a fait constater les lésions habituelles.
Sur une variété de sarcome kystique (XXXVII).
Chez un malade qui succomba dans la cachexie, après avoir subi plusieurs opérations pour des tumeurs kystiques siégeant au niveau de la cuisse, on trouva à l’autopsie les lésions suivantes : deux kystes sanguins, gros comme une noix et accolés au périoste du fémur ; dans les poumons, un grand nombre de petits kystes, tous remplis de sang. L’examen histologique démontra qu’il s’agissait d’un sarcome fasciculé, présentant dans tous les néoplasmes sans exception une évolution cysto-hémorrhagique.
Du frémissement artériel dans l'insuffisance aortique.
Le frémissement artériel de l’insuffisance aortique n’ayant guère fixé l’attention, j’ai conseillé à M. Cahuzac de faire de son étude le sujet de sa thèse (1896). Le frémissement est surtout perceptible au niveau de la sous-clavière droite : on peut l’exagérer en comprimant l’artère avec un doigt placé au-dessus du point qu’on explore. Pendant la fièvre, le frémissement peut devenir assez intense pour qu’on ait pu penser, dans un cas, à un anévrysme du tronc brachio-céphalique. Il est donc important de connaître ce signe pour éviter une erreur d’interprétation ; son étude peut servir aussi à différencier une insuffisance aortique de certains souffles extra-cardiaques qui se produisent au moment de la diastole.