‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 16 sur 38 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

M. le Professeur Maurice LETULLE

Mon cher ami,

Vous m’avez fait le grand honneur de me demander quelques lignes pour présenter au public le Livre magistral que voici, écrit par vous-même, sur un nouveau mode de traitement local des brûlures des téguments, au moyen de l’Ambrine.

Vous m’avez mené auprès d’innombrables blessés, victimes de brûlures étendues et profondes. J’ai pu constater le soulagement immédiat et constant apporté par vous aux souffrances résultant

de la destruction des tissus. J’ai admiré l’indolence, que dis-je? l’état d’euphorie véritablement extraordinaire, qui, pour les plus vastes foyers de destructions cutanées, accompagne chacun de vos pansements. J’ai vu, de mes yeux vu, l’admirable réparation des pertes de substance tégumentaire, si vastes fussent-elles. Enfin, grâce à vous, j’ai pu suivre, à longue échéance, nombre de vos blessés guéris et reconnaître la vitalité, la souplesse et l’élégante solidité des belles cicatrices ainsi obtenues...

Mais ma trop grande inexpérience des différents modes de pansement applicables aux brûlures et aux suppurations cutanées ne saurait constituer, aux yeux du monde chirurgical, qu’un témoignage sans valeur, un appoint négatif en faveur d’une méthode nouvelle. 11 m’a semblé que, dans le-cercle étroit et spécialisé de mes connaissances, je pourrais instituer une sorte d’examen critique, quasi-expérimental, de votre traitement par l’Ambrine. Je vous ai donc proposé d’ouvrir une enquête sur l’anatomie pathologique de vos peaux brûlées, et de contrôler, au moyen de la « Biopsie » les résultats de votre méthode. Vous m’avez déclaré accepter d’avance un jugement impartial, uniquement basé sur les caractères histologiques des cicatrices cutanées obtenues par vos soins. Pouvait-on demander une épreuve scientifique plus sévère et, j’ajoute, plus équitable ?

Et voici les premiers résultats de mon enquête, consignés dans une courte note. Ils sont, à mon avis, des plus probants. Ces documents ne peuvent laisser place à aucun doute. Aussi, pour éviter toute controverse, nous avons décidé, d’un commun accord, de les publier in extenso, sous forme d’une esquisse histo-pathogénique, et de représenter par la trichromie les plus importantes de ces lésions cicatricielles. Les faits sont là, en belle place, en pleine lumière. Tout le monde peut les y étudier et a les moyens de les contrôler. Us démontrent, de visu, de la façon la plus péremptoire, les bons effets de cette nouvelle cure locale des brûlures cutanées.

Le microscope apporte la preuve tangible, irréfutable, que l’Ambrine conserve d’une façon méthodique tout ce qui n’a pas

été irrémédiablement détruit par la chaleur dans l’épaisseur des téguments. La démonstration est faite de la production mesurée, proportionnée, sans désordre, d’un tissu conjonctivo-vasculaire de cicatrisation. La cicatrice n’est soumise ni aux rétractions déformantes d’un tissu « inodulaire », cause de ces infirmités tardives si connues autrefois, ni aux hyperplasies chéloïdiennes, dont le pronostic redoutable assombrit, trop souvent, la guérison des brûlures. Non, vos cicatrices sont souples, lisses, assez riches en tissu élastique et en vaisseaux de nouvelle formation pour constituer une membrane tégumentaire, bien vivante, une « peau » suffisamment restaurée.

Mon enquête continuera, suivant nos conventions; elle s’amplifiera autant que je le croirai nécessaire. Dès à présent, elle suffit pour justifier, mon cher ami, vos généreux efforts et pour alimenter votre ardeur combative en faveur d’une méthode vraiment utile.

Marchez donc, sans crainte, puisque vous luttez pour rendre service à des milliers de victimes. Vous-vous battez pour ce que vous croyez être la vérité. Vous faites le bien, - en soulageant [nos blessés. Qu’importe le reste ?

Professeur Maurice Letulle.

Noter.

Le professeur Letulle a bien voulu rédiger un chapitre entier de notre ouvrage : l’Étude histo-pathogénique des brûlures traitées par la méthode cirique. Ce chapitre est accompagné de quinze planches en couleur, exécutées en trichromie d’après les préparations histologiques exécutées dans le laboratoire d’anatomie pathologique de l’hôpital Boucicaut.

Étude analytique du Traité des Brûlures.

Notre Traité des Brûlures est divisé en trois parties. La première étudie les brûlures en général. Elle occupe quatre-vingt-quatorze pages du volume, et elle se divise en six chapitres :

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