‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 18 sur 38 · Chapitre I. — Historique du traitement des brûlures · texte numérisé non relu

Chapitre I. — Historique du traitement des brûlures

— IL — Traitement classique des brûlures.

— III. — De la valeur du traitement classique.

- IV. — Insuffisance de certaines techniques opératoires d’avant-guerre. Progrès réalisés par la chirurgie depuis 1914.

— V. — Traitement actuel des brûlures.

La troisième partie, cent cinquante pages de l’ouvrage, compte dix-sept chapitres ; elle est entièrement consacrée au traitement des brûlures par la méthode cirique.

Le chapitre I est consacré à l’historique de la méthode cirique.

Le chapitre 11 expose le traitement à l’ambrine dans ses grandes lignes.

Les chapitres suivants, de III à X, sont consacrés à la technique de la méthode cirique, qui est étudiée dans ses moindres détails, depuis la préparation de la cire (chauffage au bain-marie) jusqu’à la terminaison du pansement par un enveloppement au coton cardé et en passant'par cette opération indispensable, que les chirurgiens

de la guerre ont appliquée à toutes les plaies par projectiles : le nettoyage mécanique, ou chirurgical des lésions. Cette technique a permis d’éviter, dans une large mesure, la gangrène gazeuse et la septicémie, qui ont fait tant de victimes pendant les premiers temps de la guerre.

Nous n’insisterons pas ici sur la technique du pansement cirique. Elle est aujourd’hui connue de tous les chirurgiens. Après avoir été l’objet de controverses violentes, elle est entrée petit à petit dans la pratique courante de la chirurgie des brûlures.

Le chapitre XI étudie la thérapeutique complémentaire du pansement cirique, c’est-à-dire le traitement général des blessés, et les différents traitements complémentaires locaux qu’il convient d’appliquer à mesure qu’évolue le processus de réparation.

Le chapitre XII traite de l’évolution pormale des lésions et des complications qui peuvent se produire au cours du traitement par l’ambrine.

Le chapitre XIII est consacré à l’action mécanique, analgésique et cicatrisante du pansement.

Le chapitre XIV étudie l’évolution des lésions soumises au traitement cirique. (Depuis les brûlures superficielles jusqu’aux brûlures profondes du quatrième et du cinquième degré.)

Le chapitre XV est consacré aux réparations des lésions et à l’évolution du processus cicatriciel.

Le chapitre XVI, à l’époque où nous avons publié notre ouvrage, a été supprimé par la censure militaire. Il était consacré au traitement des brûlures produites par les gaz vésicants, qui ont fait tant de victimes. Grâce à l’Ambrine, les «vésiqués» étaient immédiatement soulagés, et l’on évitait la lymphorragie, à laquelle succombaient rapidement les grands vésiqués, chez lesquels on voyait l’épiderme former, sur toute la surface du corps, de vastes poches lymphocéreuses.

Le chapitre XVII, que nous devons, pour une grande partie, à la collaboration des docteurs Bergeron et Normand, chefs de laboratoire de l’hôpital Boucicaut, traite de l’étude bactériologique et. histologique des brûlures soumises au traitement par l’Ambrine.

Ajoutons que notre Ouvrage est complété par une bibliographie importante dont nous avons vérifié toutes les indications. Notre texte, répétons-le, est illustré de plus de cent planches en noir et en couleur. Ces documents iconographiques permettent de suivre exactement le mode d’action du traitement cirique sur les lésions superficielles, ainsi que le processus normal de réparation, par révolution de cellules épidermiques de néo-formation, qui se développent progressivement, sans courir le risque d’être traumatisées, ou détruites par l’ablation du pansement. Ce dernier, en effet, se détache spontanément des plaies, tandis que les pansements classiques demeurent toujours adhérents, et ne peuvent être renouvelés que par lacération des tissus de néoformaiion. Ces lacérations répétées retardent la réparation, sont particulièrement douloureuses pour les blessés, et aboutissent à des cicatrices fibreuses et mutilantes.

La Mission de l'Ambrine (Hôpital bénévole 17 bis, pour le traitement des brûlés, à Compiègne), 1918; 19 pages pet. in-4 0 . Avec 11 hors-texte et 1 plan.

M“' Henri de Rothschild, infirmière-major à l’hôpital auxiliaire 78, à Paris, après avoir constaté, en septembre 1916, à l’hôpital militaire Saint-Nicolas à Issy-les-Moulineaux, les résultats obtenus avec le nouveau traitement des brûlures, préconisé par le docteur Barthe de Sandfort, résolut d’appliquer cette méthode aux « brûlés » militaires, hospitalisés dans son ambulance.

Conformément aux dispositions prises par le Sous-Secrétaire d’État du Service de Santé militaire pour les infirmières des hôpitaux de l’avant et de l’arrière, M™ Henri de Rothschild accomplit un stage réglementaire dans le service du docteur

Barthe de Sandfort. Elle acheva son éducation professionnelle durant cette période d’études, qui se prolongea pendant près de six mois, tant à l’hôpital auxiliaire 78, qu’à l’hôpital auxiliaire d’Issy-les-Moulineaux. C’est alors, seulement, que M mc Henri de Rothschild se chargea de l’organisation matérielle d’une nouvelle formation sanitaire, « La Mission de l’Ambrine », qui fut installée près du front, à Compiègne. Le Service de Santé militaire lui confia la direction de cette importante formation. Le médecin aide-major de i re classe Ribo, élève du docteur Barthe de Sandfort, fut désigné comme médecin-chef, tandis que le personnel infirmier fut placé sous les ordres de M"" 1 Van Cleef, infirmière-major, précédemment attachée à l’hôpital Saint-Nicolas, à Issy-les-Moulineaux.

Dès le mois de mars 1917, la « Mission de l’Ambrine », définitivement organisée sous les auspices de M. Justin Godart, sous-secrétaire d’État du Service de Santé militaire, s’installa dans l’ancien couvent de la Compassion, 18, rue de la Sous-Préfecture, à Compiègne. La méthode du docteur Barthe de Sandfort put y être appliquée dans des conditions plus favorables qu’à Issy-les-Moulineaux. M. le médecin-inspecteur Sabatier, directeur adjoint du Service de Santé, fit toute diligence pour doter le nouvel hôpital des installations chirurgicales nécessaires. Les blessés ne tardèrent pas à arriver. Le i er mai 1917 un appel téléphonique demandait l’envoi des ambulances de la Mission dans la région de Soissons.

Le nombre des lits, d’abord fixé à cinquante, fut porté successivement à soixante-dix, ■ puis à cent, à deux cents, et enfin à deux cent cinquante, à mesure que l’efficacité de la méthode cirique fut reconnue par les médecins des ambulances divisionnaires et des hôpitaux d’évacuation.

On eut l’occasion d’appliquer, avec des résultats particulièrement satisfaisants, le traitement par l’Ambrine aux blessés atteints par les vapeurs vésicantes. Tandis que les « vésiqués » soumis aux méthodes classiques, guérissaient seulement après deux ou trois mois de traitement, ceux qui étaient soumis au traitement cirique étaient immédiatement soulagés et guérissaient en moins de trois semaines.

C’est à la « Mission de l’Ambrine » que la technique de la 1! méthode cirique a été mise au point, et considérablement perfectionnée.

■A la date du i5 janvier 1918, le nombre des brûlés admis depuis le t er mai 1917, à la Mission de l’Ambrine, s’élevait à 477. îf Sept décès seulement avaient été enregistrés, soit une mortalité a totale de 1,46 0/0; un blessé fut versé dans les services auxiliaires : fl pour menace de tuberculose pulmonaire. Ainsi 98,35 6/0 des brûlés hospitalisés ont pu reprendre un service actif.

Ces chiffres démontrent la valeur du traitement cirique ét sa supériorité sur toutes les autres méthodes thérapeutiques.

Grâce aux propriétés analgésiques du pansement cirique, grâce à la facilité de son ablation, les blessés soignés par cette méthode J ont pu, sans souffrances, sans cris ni gémissements, supporter leurs JS terribles blessures et retrouver rapidement un état général satis- j|| faisant.

La thérapeutique analgésique par les applications d’Ambrine, f qui diffère si complètement du traitement habituel des brûlures, M si douloureux et si pénible, valut à la Mission de l’Ambriiîè, la dénomination de « Maison du Silence ». L’établissement des pre- J miers pansements, ainsi que leur renouvellement, s’opérait sans douleur, et procurait aux blessés le calme et le repos indispensables . S à la réparation rapide et complète de leurs lésions.

Nota. — Après le bombardement de Compiègne (mars 1918), la Mission de VAmbrine fut transférée à Autnont (Oise), où M™ H. de Rothschild demeura avec son personnel jusqu’à l’armistice.

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