CONTRIBUTION A -L’ÉTUDE DE LA TUBERCULOSE
; - .Un proverbe dit : « La main droite doit ignorer ce que fait la main gauche ». Nous aurions un véritable scrupule à rappeler dans l’exposé de nos travaux scientifiques, la part, purement matérielle, que nous avons prise à la publication de l’admirable ouvrage sra le Poumon, que le Professeur Maurice Letullè a présenté au monde scientifique en 1924 (4), si l’aüteur lui-même n’avait inscrit notre nom sur la première page de son ouvrage. C’est avec une sincère et profonde émotion que nous exprimons au Professeur Lctulle notre reconnaissance pour ce témoignage d’estime et d’affection.
En igig, le Professeur Maurice Letulle nous convia un matin à venir examiner, dans son laboratoire de l’hôpital Boucicaut, son admirable collection de photographies autochromes. « Je voudrais publier ces documents », fit le maître, d’un ton mélancolique, tandis qu’il nous montrait, l’un après l’autre, ses documents iconographiques. « Hélas, ni moi ni mon éditeur, ne pouvons eçyvi- ■ sager la possibilité d’engager les fonds nécessaires à une pareille
entreprise. Mon premier volume a coûté, avant la guerre, une petite fortune. Le second, que je rêve de publier, exigerait une dépense au moins quatre fois plus grande. » En écoutant ces paroles, à la fois si. sincères et si émouvantes, une idée nous passa par la tête, et nous décidâmes de ne pas tarder à la mettre à exécution. Dans le courant de l’après-midi, le maître recevait un pneumatique dans lequel son visiteur de la matinée s’exprimait en ces termes: « Mon cher maître, publiez votre livre sur le poumon. Mettez-vous au travail sans perdre de temps et sans vous occuper du reste... » Après quatre années de labeur, l’œuvre magistrale du Professeur Letulle paraissait en librairie avec une dédicace à laquelle nous ne nous attendions guère. Elle nous a touché jusqu’au fond du cœur. Aujourd’hui, nous sommes heureux d’adresser publiquement à l’illustre anatomopathologiste, au philanthrope, dont la bonté et le dévouement sont inépuisables, l’expression de notre gratitude, de notre admiration et de notre inaltérable affection.
Le Poumon, par le Professeur, Maurice Letulle, porte en première page la dédicace suivante :
B Au Docteur Henri
de Rothschild.
» Mon cher et grand Ami,
» Ce Livre vous doit le jour.
» Lorsqu’au lendemain de l’Armistice, les pires angoisses assaillirent les hommes de science dans leurs laboratoires appauvris, votre vieille amitié, toujours fidèle et toujours généreuse, vint m’interroger. En face du terrible problème de l’accroissement des frais de fabrication imposé à nos publications, qui se trouvaient plus que quadruplés, mes forces défaillaient. L’œuvre entreprise par moi, l’avant-veille de la Grande Guerre, dans des conditions jugées pleines de sécurité, était désormais plus qu’entravée : je la crovais condamnée à mort .
» Vous, mon bon ami, vous avez eu confiance et, remontant mon courage, m’avez fourni tous les subsides nécessaires. Et voici, grâce à vous, un second tome debout, complet, paré de toutes ses belles couleurs, prêt à affronter le jugement du Grand Public médical. Quelle que doive être la sentence, je n’oublierai jamais, mon cher Henri, le service rendu par vous, non seulement à l’anatomo-pathologiste impénitent que je suis, certain d’être dans la bonne voie, mais aussi, je le dis en toute sincérité, à la Science médicale dont nos deux mains, unies dans un geste désintéressé, s’efforcent de consolider le Temple.
» Merci donc, ami très cher, en toute cordialité, en toute' gratitude.
Septembre 1924.