L . — CHIRURGIE DES OVAIRES ET DES TROMPES
119. Malformations congénitales ;ectopie desjovaires, absence d’utérus et de vagin, phénomène de congestion supplémentaire. Laparotomie, ablation des ovaires en ectopie; création d’un vagin. — Cong. franc- dé Chir., Paris, 1891, 5« sess., 346.
L’auteur rapporte l’observaUon d’une jeune fille de 23 ans chez laquelle il fit une laparotomie, enleva les ovaires et créa un vagin, le 4 février 1891, et le 16 du même mois. Après avoir décrit l’état de la malade, ses antécédents, M. Delagénière entre dans les détails delà première intervention (laparotomie, ablation des ovaires en ectopie), et de la seconde (création d’un vagin). Il rapporte les résultats de l'examen microscopique des pièces, et, de l’examen histologique, qui démontrent qu’on avait affaire h des ovaires scléro-kystjques. L’auteur fait suivre son étude clinique des réflexions suivantes : On peut, dans cèriains cas, diagnostiquer des ectopies déterminant par leur situation anormale des troubles fonctionnels justiciables d’une intervention chirurgicale. La recherche des ovaires est considérablement facilitée par la position déclive de la malade sur le plan incliné à 45 degrés. Pour ce qui concerne la restauration vaginale, les résultats thérapeutiques ne peuvent pas encore être considérés comme définitifs. L’ablation des ovaires paraît au contraire avoir eu un résultat des plus favorables. Cette observation démontre l'atrophie complète des organes développés aux dépens des canaux de Millier. Dans ce cas, l’existence d’un hymen très bien conformé, semblerait démontrer que cette membrane ne se forme pas aux dépens des canaux de Muller puisque le vagin n’existe pas, mais aux dépens des conduits de Wolff. La vessie était en rapport direct avec le rectum, auquel elle adhérait par l’intermédiaire d’un tissu dense. C’est dans cette espèce de cloison fibreuse que l'auteur a cherché à créer un vagin.
120. Discussion sur les suppurations pelviennes.— Congrès périodique international de Gynécologie et éé Obstétrique, Re session, Bruxelles, 13-17 septembre 1892. Tiré à part, Bruxelles, lmp. Bulens, in-8», 8 p.
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- --- de santé du Mans, et dont il
conclut que: 1° la laparotomie est moins paraissent devoir être aussi
is la laparotomie que dans l’hystérectomie ; 3° l’inconv dominale est moins important que les dangers d’ouvri: hystérectomie. Il faut donc ------- J — '
une opération de choix, mais
r suppurations pelviennes, qui ne devra' une opération de très rare exception.
121 De l’hystérectomie abdominale totale dans certaines lésions suppurés des annexes. Une observation. — Tirée à part des Ann. de Gynécologie et d’Obstétrique, mars 1892. Paris, 1892,
En présence des lésions suppurées des annexes : 1° la laparotomie suivie de l’ablation des annexes malades, sera l’opération de choix, lorsque l’ulérus sera atteint de métrite de moyenne intensité, curable par un simple curetage préalable ou par un traitement médical, ou lorsque les annexes ou les poches purulentes seront inaccessibles au toucher vaginal ou formeront avec les anses agglutinées un magma compact dans le bassin au milieu duquel se trouve l’utérus mobilisé ; 2“ l’hystérectomie abdominale totale sera réservé aux mêmes cas que précédemment, lorsque l'utérus sera atteint de métrite ancienne ou fongueuse, lorsqu’il renfermera des noyaux fibreux, lorsqu’après isolement des annexes, il présentera une surface dénudée, saignante, pouvant devenir après l’opération un danger d’infection péritonéale ; 3° l’hystérectomie vaginale sera indiquée dans le cas de poches purulentes immédiatement en contact avec l’utérus, c’est-à-dire accessibles au toucher vaginal, et dans les cas oit l’utérus est. malade, à la condition d’avoir la certitude de pouvoir enlever les annexes en totalité, c’est-à-dire lorsque les lésions ne sont pas très avancées et que l’utérus est encore mobile.
122. Delà castration abdominale totale dans les affections septiques de l’utérus et des annexes. — Assoc. franç. de Chir., Lyon, Proc, verb., etc., 1894, Paris, 1895, VIII, 729-759.
Comme tous les chirurgiens, l’auteur a eu à déplorer fréquemment des échecs thérapeutiques dans des cas de lésions septiques de l’utér,us et des annexes, aussi bien après la simple castration par voie abdominale qu’après l’hystérectomie vaginale. Ces deux opérations excellentes dans certains cas déterminés, deviennent absolument insuffisantes dans d’autres. En effet, il n’est pas rare de rencontrer des malades qui, ayant subi une laparotomie et une ablation des annexes, continuent à souffrir de leur métrite pu périmétrite, ou bien conservent une fistule abdominale. Il est peut-être moins rare encore d’observer des malades hystérectomisés par la méthode de Péan continuant à souffrir de tout ou partie de leurs annexes laissées dans le ventre ou s’affaiblissant par une suppuration interminable. Pour tâcher de remédier à cet état de choses, l’auteur a suivi l’exemple d’un certain nombre de confrères américains (Polk, Krug, Baldy, Brown, etc.), et a pratiqué la castration abdominale totale, c’est-à-dire l’ablation complète par le ventre de l’utérus et des annexes. Sa première opération remonte au 20 janvier 1895 et il a communiqué
l’observation de cette malade à la Société de "*■' . A ~~' : '.~*
nouvelle en France, fut loin d’être accueillie très important, il montre quelles en sont le
irurgie. Cette opérât .'Orablement. Dans le
123. Indications de la castration abdominale totale dans le traitement
de certains cas de suppurations pelviennes. — Congrès int. de Gyn. et d’Obst., Genève, 1896, sept. — Ann. de Gynéc. et d’Obst., Paris, 1896, XLVI, 161-163. — Arch. prov. de Chir., Paris, 1896, 639.
11 est des cas de suppurations pelviennes pour lesquels les interventions classiques, la colpotomie, l'hystérectomie vaginale, la laparotomie suivie de l’ablation des poches, sont notoirement insuffisantes. Les unes peuvent laisser intactes dés poches suppurées, si celles-ci sont haut situées ou très nombreuses : d’ou échec thérapeutique. L’autre expose à laisser en place un utérus malade. Pour les cas oit ces méthodes de traitement paraissent devoir échouer, l’auteur a recours à la castration abdominale totale. Il considère donc cette opération comme une opération d’exception, une méthode complémentaire des trois autres. 11 choisit la'voie abdominale toutes les fois qu’il y a quelque incertitude dans le diagnostic ; quand l’utilité de l’ablation de l’utérus est douteuse ; enfin quand l’opération faite par le vagin présente quelque difficulté particulière. Restreinte à ces proportions, la castration abdominale est une opération rarement indiquée ; mais elle nous paraît remplir une lacune importante dans le traitement des suppurations pelviennes. Quant à la question des résultats définitifs, la castralion abdominale totale donne des résultats incomparables, tels que l’auteur n’en a jamais observé avec les autres méthodes ; la guérison est rapide et radicale ; elle l'a été du moins chez huit malades sur dix, qu'il a opérées. Ce sont ces résultats définitifs qui ont para suriout importants à l’auleur et sur lesquels il altire.l’attention du Congrès.
124. Kyste dermoïde de l’ovaire droit et lithopedion provenant d e
l’ovaire gauche. — Arch. méd. d’Angers , 1902, VI, 376-377.
Les deux pièces présentées par l’auteur proviennent d’une malade de S6 ans. Le kyste dermoïde volumineux dépassait l’ombilic ; il avait donné lieu d’abord à des accidents péritonéaux simulant assez bien une péritonite, puis, tout était rentré dans l'ordre, quand huit jours plus tard, la malade eut une phlébite dés veines superficielles de la cuisse droite. Le pédicule do ce hyste était tourné deiïx fois sur lui-même dans le sens des aiguilles d’une montre et cette torsion avait amené dans l’épaisseur des parois un vaste hématome. La ponction donna issue à environ 1800 gr. de liquide d’aspect crémeux, et, à l’ouverture de la poche, on trouva une quantité considérable de cheveux et un os, qui rappelle de loin la structure d’une vertèbre. En recherchant l’ovaire gauche, on le trouva enfoui dans des adhérences, au milieu desquelles se terminait la trompe gauche. Cet ovaire était dur, ligneux, plus gros qu’un œuf de poule. L’auteur crut avoir affaire à un deuxième kysle dermoïde; mais cette hypothèse s’accordait mal avec une grossesse normale qu’avait eu la malade il y a environ trente-cinq ans. Ayant pratiqué une section longitudinale le long de la partie dépressible, correspondant à l’insertion dé l’ovaire, il pénétra dans une cavité remplie d’une matière granuleuse, analogue à de vieux caillots transformés. En lavant ces caillots, il mita découvert un embryon calciné, accolé à la paroi postérieure de la coque calcaire, blanchâtre et ovoïde, qu’offre la pièce.— Il est donc probable qu’il s’agit d’une grossesse extra-utérine ovarienne, enkystée, et ayant subi une transformation calcaire.
125. De la grossesse tubo-utérine ou interstitielle. Deux observations.
— Paris, 1902, Institut de Bibliographie, in-8°, 16 p.
Les deux faits de grossesse extra-utérine interstitielle, que rapporte l’auteur, ont pourbut d’attirer l’atten tion des gynécologistes etdes'chirurgiens sur cette formeencore peu connue de grossesse extra-utérine, qui lui paraît être beaucoup plus fréquente que le disent les classiques, qui la déclarent fort rare. 11 résulte, de ces deux faits et des autres faits connus, que, lorsque le ventre est ouvert pour un cas de grossesse extra-utérine diagnostiquée cliniquement, on reconnaîtra la grossesse tubo-utérine à l’asymétrie de l’utérus, à l’existence d’une tumeur kystique dans la partie hypertrophiée, à l’asymétrie dans l’insertion des trompes et des ligaments ronds, et surtout à l’insertion du ligament rond en dehors de l’œuf. La symptomatologie de la grossesse tubo-utérine se confond avec celle de la grossesse extra utérine'proprement dite. Mais, parmi les variétés de grossesse utérine, la grossesse tubo-utérine doit être considérée comme une des plus graves, sauf au début de la grossesse où elle pourra évoluer du côté de la cavité utérine par un avortement. Le traitement sera purement chirurgical. Le ventre ouvert, il faut toujours préférer les méthodes conservatrices, lorsque la fonction'génitale pourra être conservée, et employer la castration abdominale totale ou subtotale dans les cas graves, avec ou sans infection, lorsque l’utérus est en partie détruit, ou infiltré de sang.— C’est à cette dernière opération que l’auteur a eu recours dans ces deux cas.
126. Des opérations pratiquées sur les annexes de l’utérus pendant le cours de la grossesse. Trois observations. — Paris, 1894, Bureaux des Archives provinciales de Chirurgie , in-8».
Ces trois observations de kystes de l'ovaire et de salpingites pendant la grossesse ont nécessité des opérations qui mettent en relief les faits suivants. La gravité opératoire ne paraît pas être plus grande que dans toute autre laparotomie. L’acte opératoire en lui-même ne paraît pas avoir une grande influence sur l’évolution de la grossesse, dans les cas simples et même compliqués. Dans aucun cas, l’état de grossesse ne doit modifier les indications opératoires. Au point de vue de l’affection primitive, la grossesse n’est en somme qu’une complication, qui rend l’opération nécessaire et quelquefois même urgente.