‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 22 sur 52 · DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE DE LA VESSIE · texte numérisé non relu

DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE DE LA VESSIE

Surcharge graisseuse de la vessie. Bul. de la Soc. Anat., 1888, page 576.

A l’autopsie d’un homme mort avec les symptômes d’un prostatique et présentant des lésions rénales ascendantes, j’ai trouvé la prostate saine et la vessie présentant une atrophie simple de la couche musculaire avec sclérose et infiltration graisseuse du muscle vésical.

C’est un cas d’impuissance primitive de la vessie, le premier décrit l’atrophie simple avec infiltration graisseuse. En 1903, Halle et Motz ont décrit trois autres cas. L’étude de ma pièce démontra, pour la première fois, la sclérose primitive de la vessie, indépendamment de toute lésion prostatique.

CYSTITES,

(Cystites verruqueuses. Les tumeurs de la vessie, Paris, 1892, p. 170. • — Des cystites douloureuses. Ann. des malad. des org. gén.-urin., février 1899. — Trois observations de cystites leucoplas'iques avec plaques et ulcérations. Ulcération simple de la vessie, guérison par taille, curetage et exiirpation in Escal. Sur les cystites rebelles de la femme. Obs. 1, 2, 5, 4, 5, 6, 7, lu. Ann. gén.-urin , février 1896, page 139. — La cystostomie dans l’infection vésicale. Ass. franc. d'Orol. 1898, page 117).

Cystites papillaires. — Dans mon livre sur les tumeurs de la vessie j’ai décrit trois cas de cystites papillaires, avec formation de petits papillomes fongiform.es dus à l’irritation de la muqueuse; un de ces cas est représenté dans une planche. Ces observations sont, croyons-nous, les premières de leur genre.

Leucoplasies. — La première mention faite en France d’épidermisation de la muqueuse de la vessie se trouve dans mon livre sur les tumeurs de la vessie (1892). Sur les coupes d’une vessie atteinte de cystite ancienne, et je

superficielles de l’épithélium vésical présenter tous les caractères de la cornification. Dans ce cas, pourtant, le processus de kératinisation n’est pas régulier et il n’y a pas d’éléidine dans les cellules qui précèdent la couche cornifiée.

Ces leucoplasies ont été ensuite très bien étudiées par Dallé (1896).

Diagnostic de la leucoplasie vésicale. — Nous avons été le premier à faire le diagnostic ferme de leucoplasie vésicale, en nous basant sur l’examen cystoscopique (1898).

Chez plusieurs malades nous avions vu les plaques blanc brillant ou grisâtre, ci bords irréguliers, parfois surélevés, de la leucoplasie. Dans tous ces cas l’opération confirma le diagnostic.

Cystites verruqueuses. — En 1892, j’ai fait représenter une coupe microscopique d’une plaque verruqueuse que je trouvai dans le bas-fond de la vessie chez un vieux prostatique. 11 ne s’agit pas ici d’une simple néoformation de papilles, mais d’une véritable prolifération épithéliale qui s’enfonce dans le tissu sous-muqueux. Or, il semble logique d’attribuer cette plaque épithéliale à l’irritation causée par l’urine infectée qui croupissait dans le bas-fond.

Curetage de la vessie par voie hypogastrique dans les cystites

rebelles. — En 1899, la pratique courante dans les cystites rebelles consistait à fisluliser la vessie par la voie vaginale chez la femme, par les voies périnéales ou hypogastriques chez l’homme. Chez l’homme, mon maître Guyon pratiquait la taille hypogastrique avec curetage. Sauf dans des cas exceptionnels, que j’indique, je préconise dans les deux sexes la taille hypogastrique, suivie du curetage très étendu et de la cautérisation thermique de la vessie. J’ai pu ainsi guérir en quelques semaines deux malades atteintes, l’une de leucoplasie en voie de transformation épithéliomateuse, l’autre de cystite ulcéreuse. J’ai depuis employé maintes fois ce procédé avec fistulisation généralement peu prolongée.

La cystotomie dans l’infection vésicale. — Il y a quelques années on discutait beaucoup les avantages et les inconvénients de la cystotomie dans l’infection générale d’origine vésicale. Comme mon maître Guyon et mon élève Michon, je pensais que la cystotomie est inutile dans la plupart des cas. Chez les rétrécis la cystotomie n’est indiquée que lorsque l’urétrotomie ne donne pas de résultat; il peut alors être utile de dériver

PATHOLOGIE SPÉCIALE 1»E L’APPAREIL URINAIRE. - 1 9

le courant de l’urine. Chez les prostatiques la cystotomie n est indiquée que lorsque la sonde à demeure, bien placée, est insuffisante et que la prostatectomie d’emblée se trouve contre-indiquée.

CYSTITES GRIPPALES HÉMORRAGIQUES.

( Congrès international île médecine. Lisbonne, avril, 1906).

Nous avons eu occasion d’observer plusieurs cas de cystite grippale, avec des symptômes douloureux peu accentués, s’accompagnant d’hématurie abondante. L’examen cystoscopique montre chez ces malades que la muqueuse vésicale est parsemée d’ecchymoses ou présente de petites ulcérations, source de l’hémorragie. Le traitement par les lavages de la vessie au protargol ou au nitrate d’argent et par l’urotropine à l’intérieur, nous a donné dans ces cas d’excellents résultats.

Cette variété d’hémorragie vésicale n’avait pas été signalée par les auteurs, seuls le Dr P. Albarran (de la Havane) et M. Pasteau ont observé des cas semblables qu’ils ont lait connaître en même temps que nous publiions les nôtres au Congrès international de Lisbonne (1906).

PSOROSPERMOSE VÉSICALE.

(Psorospermose vésicale. Congrès Int. de Berlin, 1890. Les tumeurs de la vessie. — Paris. Steinheil, 1892, page 177).

Je crois avoir donné la démonstration de l’existence des psorospermies dans certains épithéliomas de la mâchoire. Dans la vessie, sans pouvoir l’affirmer, je crois avoir vu des psorospermies dans un cas dont j’ai donné la description au Congrès de Berlin en 1890.

Dans la couche épithéliale proliférée de cette vessie, on voit de place en place quelques éléments cellulaires dont le volume est beaucoup plus consirablc que celui des cellules voisines et qui sont très nettement limités par un double contour; dans l’intérieur de ces cellules, on trouve un noyau entouré d’un protoplasma clair. Ces éléments cellulaires ainsi constitués, tous semblables les uns aux autres, se trouvent parmi les cellules épithéliales; celles-ci ne présentent aucune modification qui puisse rappeler en quoi que ce soit des lésions dégénératives, rien non plus ne rappelle ici la formation de globes épidermiques. Il est probable que ces cellules sont des coccidies qui ressemblent à celles décrites par Darier.

BILHARZIOSE VÉSICALE

(Alharran cl I.. Bernard. Sur un cas de luineur épithéliale due à la Bilharzia Hœmalobia. Contribution à 1 étude de la palhogénie du cancer. Arch. de Méd. Expér., novembre 1897, page 1096.)

Étudiant les organes urinaires d’un malade mort de bilharziose en Egypte, nuits avons vu que la vessie, extrêmement rétrécie, était parsemée de larges saillies mamelonnées, qui, en s’agglomérant au niveau du bas-fond, formaient là une véritable tumeur.

L’étude histologique de cette vessie démontre l’existence d’une prolifération épithéliale ayant abouti à la formation d’un véritable épithélioma et ({ne cette tumeur est due a la présence des œufs de bilharzia. On suit la prolifération épithéliale, dans les papilles, dans les kystes et dans la portion franchement épithéliomateuse de la vessie. Dans les kystes la néoformation épithéliale tend à prendre la forme typique de revêtement; dans les formations papillaires elle ressemble à s’y méprendre à ce qu’on voit dans les papillomes vésicaux; enfin, dans la tumeur principale elle revêt le type de l’épil hélioma lobulé. Dans ces derniers points la prolifération est atypique; elle forme une masse qui envahit la sous-muqueuse et la tunique musculaire dans laquelle on trouve, loin du foyer principal, les fins bourgeons de l’infiltration larvée. H y a un rapport étroit entre la prolifération épithéliale et la présence des œufs de bilharzia; c’est ainsi que dans les uretères, dans les bassinets, où il n’existe pas de néoformation épithéliale, on ne trouve {tas d’œufs, tandis que la sous-muqueuse vésicale en est farcie.

Moire obsercation est la première qui démontre , d’une manière indiscutable, r existence de cancers d’origine parasitaire. On ne peut en eflet arguer, comme on l’a fait pour les coccidies, de la confusion possible du parasite avec des cellules dégénérées : les œufs de bilharzia ne peuvent être méconnus. Les observations publiées par Goebel en 1 005, sont venues confirmer ce que nous avions décrit.

En 1892, j’avais étayé la théorie irritative dans la pathogénie de certaines tumeurs vésicales par la série de lésions de cystite que je faisais connaître alors : la cystite papillaire; la formation de verrues fongiformes ; celle de véritables papillomes; enfin la formation de plaques épithéliales bourgeonnantes. Notre cas de tumeur, duc indiscutablement au bilharzia hématobia, publié en 1897, vient compléter la série.

PATHOLOGIE SPÉCIALE DE L'APl’AllEIL Ultl.NAlItE.

Page 1