UNE NOUVELLE VARIÉTÉ D’INCONTINENCE D’URINE
(Ann. des malad. des org. génito-urin., 1895, p. 1057).
En 1894, j’ai observé chez une jeune fille une incontinence d’urine, qui, ayant débuté au moment de la puberté, à l’âge de 15 ans, persistait encore 6 ans après. L’incontinence n’existait que lorsque la malade était, debout, et disparaissait dès qu’elle se couchait : ce caractère permettait d’attribuer la perle
des urines à une cause mécanique, qui ne pouvait être urélralc puisque le canal était sain. Je constatai chez cette jeune fille l’existence d’une malformation qui consistait dans l’adhérence anormale de la face antérieure de l’utérus à la vessie; il en résultait, lorsque la malade était debout, un tiraillement. de la paroi postérieure de la vessie et de l’urètre. Je me basai pour diagnostiquer celte malformation sur les constatations suivantes: le cul-desac vaginal antérieur manquait; l’ovaire droit était prohibé en avant; au
cystoscope on voyait derrière le trigone un vrai bas-fond formé par la traction de l'utérus dans la position couchée.
Je pratiquai chez cette malade une opération destinée à séparer l’utérus delà vessie, que je trouvai très adhérents l’un à l’autre, et à reconstituer le cul-de-sac antérieur du vagin. La malade guérit rapidement et était en bon étal un an après.
LES INJECTIONS ÉPIDURALES DE SÉRUM ET DE COCAÏNE DANS CERTAINS CAS D’INCONTINENCE D’URINE.
(Amarra* el Cathelin, Bull, de In Soc. de Biologie, 15 juillel 1901, et Astoc. franç.
d'Urol. 1902).
Nous avons été les premiers à pratiquer, avec Cathelin, des injections épidurales pour traiter l’incontinence d’urine. Appliquant à certaines incontinences d’urine le même ordre d’idées pathogéniques que j’avais proposé pour comprendre quelques variétés de rétention d’urine, nous nous sommes demandé si, dans des incontinences d’urine d’origine diverse, il ne faut pas attribuer un rôle important à l’inhibition de la contractilité sphinctérienne : les injections épidurales pourraient agir en provoquant la dynamogénie de la contractilité et de la tonicité du sphincter, suspendue mais non abolie.
En fait, pratiquant des séances successives d’injections épidurales de cocaïne ou de sérum, nous sommes arrivé à guérir un grand nombre d’incontinences infantiles nocturnes : nous avons même obtenu des résultats dans certaines incontinences névropathiques ou par lésion nerveuse chez l’adulte; dans des incontinences par insuffisance urétrale chez des femmes âgées; dans un cas de calcul vésical; enfin chez un tuberculeux vésical.
Voici comment nous avons agi :
Chez l’adulte, faire une première série de 5 injections avec 1 centimètre cube de la solution de cocaïne tà 2 pour 100 ; suivant le résultat obtenu, recommencer plus ou moins souvent. Il est à remarquer que dans les bons cas les résultats favorables s’observent presque toujours dès les premières injections.
Chez l’enfant, faire une première série de 5 injections séparées par un intervalle de 48 heures, avec 5 ou 10 centimètres cubes de sérum physiologique : si le résultat obtenu est bon, ne plus faire d injections ; mais si l’incontinence revient, recommencer le même traitement. En cas <1 insuccès, remplacer l’injection de sérum par celle de fi milligrammes de cocaïne en solution à 1/2 pour 100 (1 centimètre cube de la solution à 1/2 pour 100).
PATHOLOGIE SPÉCIALE DE L’APPAKEIL l'HINAlHE.