CONTRACTURE
En l’étudiant dans ses rapports avec les réflexes tendineux et les réflexes de défense, je suis arrivé à distinguer par des caractères intrinsèques diverses espèces ou variétés de contracture et à montrer que chacune d’elles doit avoir un mécanisme piopie.
Babinski.
$ SÈMIOtOGlË
A. — Il était admis autrefois que la contracture hystérique, considérée en soi (voir pp. 116 et 194). pouvait avoir un aspect symptomatique identique à celui de la contracture dépendant d’une affection organique de la voie pyramidale ; on pensait d ailleurs que les faisceaux pyramidaux étaient irrités dans la contracture hystérique et qu’ils étaient même susceptibles de subir à la longue des alterations matérielles.
J’ai établi que c’était là une erreur, que la contracture hystérique pure ne s’accompagne d’aucune modification des réflexes (voir p. 196), que par sa nature elle diffère essentiellement de la contracture organique et qu’elle peut être assimilée à une contraction musculaire volitionnelle.
B. — J’ai montré que, dans le groupe des contractures liées à une perturbation de la voie pyramidale, il était nécessaire de faire une subdivision, et de distinguer deux formes de rigidité musculaire, qui souvent, il est vrai, s’associent l’une à l’autre (194).
a) L’une de ces formes est constituée par la contracture vulgaire en relation, comme on le sait depuis longtemps, avec l’exagération des réflexes tendineux ; on peut l’appeler contracture tendino-réflexe. Cette relation me conduisit à penser que dans cette forme de contracture la rigidité musculaire pourrait être supprimée par une opération sur les racines postérieures qui ferait disparaître la surréflectivité tendineuse.
En 1906, à l’occasion d’une discussion à la Société de Neurologie sur les injections intra-nerveuses d’alcool, je me suis exprimé en ces termes :
« Je m’étais souvent demandé, en présence de malades atteints de paraplégie avec contracture intense chez lesquels, la force musculaire paraissant absolument conservée, 1 impotence était liée à l’état spasmodique, s’il ne serait pas légitime de chercher à supprimer le spasme par une intervention chirurgicale portant sur les racines postérieures de la moelle, mais la crainte d’accidents m’avait toujours empêché de
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mettre cette idée à exécution » ( Revue neurologique, 1906, p. 676).
Deux ans plus tard, en 1908, Foerster eut le mérite de passer de l’idée à la réalisation et de fixer la technique de l’opération qui porte actuellement son nom. Elle consiste à sectionner quelques-unes des racines postérieures de la région lombo-sacrée.
« En décembre 1912, Foerster écrivait que la résection des racines postérieures a été pratiquée jusqu’à cette date dans 159 cas; sur ce nombre, il y eut i 4 morts, soit une mortalité de 8,8 pour 100. Sur ces 159 cas opérés, 88 concernaient des enfants atteints de maladie de Little, il y eut 6 morts. Dans la plupart des cas guéris, les résultats furent très bons » (G. Guillain, in « Médication des troubles de la motilité », p. 4 o 8 , chez J.-B. Baillière et fils).
6) La deuxième forme de contracture liée à une perturbation de la voie pyramidale a été déterminée par moi. Elle se différencie principalement de la précédente par les traits suivants : elle est indépendante de l’état des réflexes tendineux qui sont tantôt forts, tantôt normaux, tantôt affaiblis ou abolis ; mais elle a des liens avec les réflexes cutanés de défense qui sont toujours exagérés. J’ai proposé de la dénommer, par opposition à la contracture tendino-réflexe, contracture cutanéo-réflexe.
La contracture cutanéo-réflexe peut occuper les membres supérieurs, mais c’est aux membres inférieurs qu’on l’a observée le plus souvent ; je reviendrai sur cette question dans le chapitre : (( Paraplégie spasmodique en flexion » (voir p. 86).
C’est aussi à la suite de ce chapitre que je donnerai 1 indication des travaux confirmatifs des miens.
C. — Enfin, j’ai attiré l’attention sur une variété de contracture, observée dans la syringomyélie et qui, imputable à une affection organique de la moelle, doit cependant être distinguée aussi bien de la contracture tendino-réflexe que de la contracture cutanéo-réflexe, car elle se développe sans qu’il y ait de surréflectivité tendineuse ou cutanée.
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Elle paraît due à une irritation des cellules des cornes antérieures de la moelle produite par la néoformation gliomateuse (199)-