AFFECTIONS DES MUSCLES
prédisposés, les muscles moteurs du pavillon de 1 oreille et les masticateurs sont réfractaires. Aux membres inferieurs, le triceps crural est prédisposé, le triceps sural est réfractaire.
Nous montrons dans ce travail que 1 anatomie de développement permet de comprendre la prédominance de la myopathie dans certains muscles. Voici les résultats de cette étude. Quelle que soit la région que l’on examine, on constate, sur des fœtus de cinq mois environ, des différences histologiques très manifestes entre les divers muscles. Les muscles prédisposés sont ceux dont le développement est le plus avancé; dans les fibres qui les composent, la substance striée est très abondante, les champs de Cohnheim peu apparents, les noyaux rélégués à la périphérie sous le sarcolemme. Dans les muscles réfractaires, on observe une disposition inverse : la substance striée est moins abondante, les champs de Cohnheim très apparents et il existe beaucoup de noyaux à la partie centrale des fibres. Ainsi, le long supinateur, les muscles orbiculaires des lèvres et des yeux, le triceps crural sont très avancés dans leur développement; au contraire, les fléchisseurs des doigts, les masticateurs, les muscles moteurs du pavillon de l’oreille, le triceps sural sont relativement peu développés.
Ces recherches conduisent donc à établir une loi de corrélation entre le degré de prédisposition des muscles à la myopathie et le degré de rapidité de leur développement ; elles montrent qu’il existe pour le système musculaire, comme pour le système nerveux central, un lien entre l’anatomie pathologique et l’anatomie de développement.
Aswadouroff, dans une note présentée à la Société de Biologie (séance du 6 octobre 1888) et suggérée, dit l’auteur, par le mémoire de Babinski et Onanoff, a exposé les résultats de ses études sur la distribution relative des muscles blancs et des muscles rouges du lapin. Cet auteur, en montrant que les muscles blancs du lapin adulte correspondent aux muscles les plus avancés dans leur développement chez l’embryon humain, a corroboré d’une façon indirecte les conclusions de notre travail.
MYOPATHIE PRIMITIVE
B. — Excitabilité idio-musculaire et réflexes tendineux dans la myopathie progressive primitive.
(En collaboration avec J. Jarkowski)
Nous avons établi que, dans la myopathie progressive primitive, la diminution ou l’abolition de la contractilité idio-musculaire coïncide avec la subréflectivité ou l’irréflectivité tendineuse, que ces phénomènes sont connexes, qu’ils ont la même origine et que l’abolition des réflexes tendineux dépend, dans l’espèce, d’une altération propre de la fibre musculaire.
De plus, nous avons fait remarquer que l’abolition des réflexes tendineux et de l’excitabilité idio-musculaire peut s’observer dans des groupes musculaires qui ont conservé l’excitabilité volitionnelle et l’excitabilité électrique. Il est donc permis de dire qu’il y a là une dissociation des divers modes de l’excitabilité musculaire (i81).