III. affections des nerfs
NÉVRITES
Dans le Traité de Médecine de Charcot-Bouchard j’ai publié un article de 200 pages environ sur les Névrites.
C’est la première fois que ce sujet a été expose d une maniéré méthodique et détaillée dans un ouvrage de pathologie. J’ai du compulser de nombreux documents, les soumettre à la critique, les coordonner et constituer un ensemble avec ces matériaux épars.
Je ne fais que signaler ce travail qui n’est pas, à proprement parler, une œuvre originale. Toutefois, je citerai les conclusions du chapitre « Introduction à l’étude des névrites d’origine interne ». Il contient, sur les relations entre les lésions de la périphérie et des centres, des idées qui étaient en partie nouvelles à l’époque où elles furent émises.
« Ce terme, névrite périphérique, ne doit pas impliquer l’idée que les lésions des nerfs sont primitives, qu’elles sont l’origine de tous les troubles symptomatiques observés et que le système nerveux central ne présente aucune modification. Il signifie simplement que les altérations anatomiques du système nerveux, perceptibles par nos moyens d investigation, sont exclusivement localisées dans les nerfs ou y sont bien plus accusées que dans le système nerveux central. Il y a tout lieu d admettre, et ce n’est pas là du reste une simple hypothèse, que bien des agents qui déterminent des névrites provoquent à
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la lois une perturbation du système nerveux central et du système nerveux périphérique ; que parfois même ils exercent en même temps, d’une façon directe, leur action pathogène sur d’autres systèmes anatomiques ; que les troubles fonctionnels qu’ils occasionnent sont causés non seulement par des lésions histologiquement perceptibles mais aussi par des modifications de nature dynamique ; et qu’en définitive les lésions des nerfs ne peuvent être considérées comme constituant tout le substratum anatomique de l’affection, dont elles représentent seulement les altérations les plus apparentes » (voir à ce sujet p. 126).
NÉVRITE SCIATIQUE Scoliose sciatique.
J’ai fait paraître, il y a 2 5 ans, un travail inspiré par mon maître Charcot sur la scoliose sciatique (20). J’en ai relaté cinq observations ; le caractère essentiel de la déformation décrite consiste en une inclinaison du tronc du côté opposé à la sciatique, sans soulèvement du pied du côté malade; de là, une attitude toute spéciale qui distingue cette scoliose des diverses déformations provoquées par d’autres affections, la coxalgie, par exemple, et qui peut servir, dans un cas douteux, à établir le diagnostic de sciatique.
Cette donnée est devenue classique. Brissaud a appelé ce mode de déformation « scoliose croisée » par opposition à un autre mode de déformation qu’il a observé aussi dans la sciatique, «scoliose homologue», ouïe tronc est incline du côté malade.
Abolition du réflexe achilléen dans la sciatique.
Ce signe, objet d’un travail (46) publié en 1896, avait été, il est vrai, mentionné déjà par Sternberg dans deux observations, mais il
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n’avait pas retenu l’attention des cliniciens qui considéraient le retlexe achilléen comme inconstant à l’état normal (voir p. 28) ; il n était pas signalé dans les traités classiques.
Je l’ai constaté non seulement dans des cas de sciatique intense, avec amyotrophie notable, correspondant a la forme que 1 on désigné sous la ' dénomination de sciatique névrite, mais aussi chez des malades atteints de la forme légère de cette affection, que l’on appelle sciatique névralgie, épithète qui n’implique pas, du reste, l’idée que, dans les cas de ce genre, il n’y ait pas lésion du nerf.
« Ce signe, comme en général tous les signes objectifs, me paraît avoir une grande valeur diagnostique ; sa présence indique l’existence d’une altération organique du nerf, et elle suffit pour écarter l’hypothèse de simulation ; elle peut aider à distinguer la sciatique vraie de la sciatique hystérique qui n’est pas une véritable névralgie, qui n’a pas le nerf pour siège, mais qui consiste en une douleur de nature psychique, et dans laquelle, si j’en juge d’après les faits que j’ai observés jusqu’à présent, le signe en question fait défaut. »
Cette notion, confirmée d’abord par Janot (Contribution à l’étude de la sciatique et en particulier des modifications du réflexe du tendon d’Achille. Thèse, Toulouse, 1897), P uis P ar Forestier (Le réflexe du tendon d’Achille dans la sciatique. Soc. médico-chirurgicale, séance du 27 février 1899), est aujourd’hui admise par tous les neurologiste:.
Radiothérapie.
En 1908, j’ai rapporté l’histoire d’un malade, atteint de spondylose et de douleurs très vives particulièrement sur le trajet des deux sciatiques, et dont l’état s’est très notablement amélioré à la suite de la radiothérapie (149). Voici un résumé de cette observation. Depuis deux ans le malade souffre aux chevilles, aux genoux, aux hanches, a la région vertébrale et il éprouve des douleurs très vives sur le trajet de
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deux sciatiques ; son tronc est fléchi et sa colonne vertébrale est rigide ; il ne peut marcher qu’en s’aidant de deux cannes. Aucune médication ne l’a soulagé. On le soumet à la radiothérapie ; dès la deuxième séance les douleurs s’atténuent ; après la huitième le malade peut marcher sans canne. L’amélioration s’accentue progressivement ; la rigidité de la colonne vertébrale subsiste, il est vrai, mais la taille se redresse, les douleurs sur le trajet des sciatiques disparaissent complètement et, plusieurs mois après le début de la cure, le malade peut franchir sans appui une distance d’un kilomètre.
« Y a-t-il, disais-je, entre la radiothérapie d’une part, la spondylose et les douleurs névralgiques liées vraisemblablement à cette spondylose, d’autre part, une relation de cause à effet? Je ne suis pas en droit de l’afTirmer, mais je suis porté à le croire, et j’ai pensé que ce fait méritait d’être rapporté. »
En avril 1911, j’ai fait paraître avec Charpentier et Delherm (179) un travail basé sur quatre observations semblant bien établir que la radiothérapie a une action curative sur la sciatique accompagnée ou non de scoliose.
Ces résultats ont été confirmés par d’autres observateurs.
Zimmern et Cottenot, dans un article ayant pour titre : « Quelques cas de sciatique guéris par la radiothérapie » ( Bullet. ojjficiel de la Société française d'Électrothérapie et de Radiologie médicale, juin 1912), écrivent :
« Nous rapportons huit observations de sciatique traitée par la radiothérapie appliquée sur les racines rachidiennes dans la région lombo-sacrée ; les résultats que nous avons obtenus confirment pleinement les heureux effets de cette thérapeutique déjà signalés par Babinski et par Freud. Systématiquement, nous ne nous sommes adressés qu’à des cas graves, à des sciatiques névrites, avec disparition ou diminution nette du réflexe achilléen. »
NÉVRITE RADIALE
J’ai décrit (98) une forme spéciale de névrite radiale caractérisée par les symptômes suivants : douleurs, qui sans etre exclusivement