‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 4 sur 56 · DE LA CONTRACTILITÉ ÉLECTRIQUE DES MUSCLES STRIÉS APRÈS LA MORT · texte numérisé non relu

DE LA CONTRACTILITÉ ÉLECTRIQUE DES MUSCLES STRIÉS APRÈS LA MORT

On enseigne, dans les traités de physiologie, qne chez les animaux à sang chaud la contractilité musculaire disparaît très vite après la mort, que l’irritabilité des nerfs se perd toujours avant la contractilité directe des muscles et que l’excitabilité disparaît plus vite pour les courants faradiques que pour les courants voltaïques. Chez la grenouille, la diminution de l’excitabilité électrique des muscles, après la mort, serait précédée d’une période d’augmentation. Enfin, d’après Jeanselme et Lermoyez ( Arch . de Physiologie, 1 885 ), chez les cholériques, le muscle, avant de mourir, passerait par une période que caractériserait l’exagération de l’excitabilité idio-musculaire.

Voici les notions nouvelles qui résultent de mes recherches ( 52 ).

Chez l’homme, après la mort, les muscles ou tout au moins certains muscles, particulièrement ceux de la face, avant de perdre leur contractilité électrique, passent par une phase dans laquelle, leur excitabilité indirecte ayant disparu et leur excitabilité directe faradique étant abolie ou affaiblie, ils se contractent lentement, paresseusement sous l’action directe des courants voltaïques et présentent une inversion de la formule normale de l’excitabilité voltaïque, PFC étant > NFC et NOG > POC ; par conséquent, la contractilité électrique de ces muscles subit après la mort des modifications qui, à une période donnée, offrent une très grande analogie avec la réaction de dégénérescence.

Chez le lapin, j’ai observé après la mort des modifications du même ordre, mais bien moins nettes que chez l’homme.

DE LA PADALYSIE PYOCYANIQUE 15

Quelle est la cause de ce phénomène ? El d'abord, quelle est la cause de la réaction de dégénérescence qui apparaît à la suite de certaines lésions des nerfs? On admet généralement que cette réaction, en particulier la modification qualitative de l’excitabilité galvanique (Erb, Traité d'Électrothérapie, traduit par Rueff, p. 181) est sous la dépendance des modifications histo-chimiques se produisant dans les muscles dont les nerfs sont dégénérés. Mais si l’on considère que les caractères de la réaction de dégénérescence peuvent apparaître dans certains muscles, ceux de la face, ainsi que je l’ai indiqué (Traité de Médecine, t. X, p. 76), dès le troisième ou le quatrième jour après la section du facial, c’est-à-dire à une période où, le bout périphérique du nerf étant dégénéré, les fibres musculaires ne présentent que des altérations morphologiques à peine appréciables, il y a lieu de penser que cette réaction de dégénérescence tient, au moins pour une part, à ce que le muscle est alors complètement soustrait à l’influence du système nerveux et que l’excitation électrique ne porte que sur les fibres musculaires ; en d’autres termes, la réaction dite de dégénérescence ne serait, en partie au moins, que la réaction propre des fibres musculaires. On pourrait donc expliquer la réaction de dégénérescence dans les muscles après la mort de la manière suivante : les éléments histologiques succombant avec une rapidité d’autant plus grande qu’ils sont d’un ordre plus élevé, cette réaction serait due à la persistance de l’excitabilité électrique propre des fibres musculaires à une période où celle des filets nerveux intra-musculaires est abolie.

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