‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 5 sur 56 · DE LA PARALYSIE PYOCYANIQUE · texte numérisé non relu

DE LA PARALYSIE PYOCYANIQUE

(en collaboration avec charrin)

Voici les résultats de nos études sur ce sujet (29,) :

La paralysie est produite par l’inoculation des microbes ou l’injection de leurs produits solubles. 11 y a toujours une période d’incubation,

16 HISTOLOGIE NORMALE ET PHYSIOLOGIE. PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE dont la durée varie de quinze jours à deux mois, et qui est en rapport avec les doses, la virulence et peut-être aussi avec les prédispositions individuelles.

Il n’est peut-être pas sans intérêt de faire remarquer à ce sujet que certaines paralysies infectieuses observées chez l’homme, la paralysie diphtérique entre autres, se développent, très souvent aussi, longtemps après le début de la maladie.

Les membres postérieurs sont atteints les premiers. Cette paralysie est de nature spasmodique ; les réflexes tendineux sont exagérés ; la percussion des tendons, comme aussi celle des masses musculaires, provoque une véritable trépidation, qui se propage parfois à tous les membres. Ce spasme, qui disparait quand l’animal est endormi par le chloroforme, peut entraîner à sa suite des rétractions fibro-tendineuses analogues à celles que Charcot a décrites chez l’homme, rétractions qui ne disparaissent plus sous l’influence delà chloroformisation et qui rendent définitive l’attitude anormale. Il n’y a pas d’amyotrophie. L’excitabilité électrique des nerfs et des muscles mis à nu est conservée. La sensibilité à la piqûre est émoussée dans certains cas, mais elle ne nous a jamais semblé complètement abolie. Déplus, les lapins éprouvent parfois des douleurs vives, qui se traduisent par des Cris perçants, lorsqu’on exerce des tractions sur les membres ou quand on comprime la paroi abdominale. On observe aussi de la rétention d’urine dans les cas où les lapins sont paraplégiques. Le mode de terminaison n’est pas toujours le même. Lorsque la paralysie est généralisée, la mort est la terminaison habituelle. Parfois ces paralysies finissent par disparaître.

Nos recherches anatomiques ont porté sur les muscles, les nerfs et le système nerveux central des lapins paralysés, et cela aux diverses périodes delà paralysie qui, dans deux cas, remontait à deux mois. Nous avons employé, dans ces examens, des méthodes variées et pourtant les résultats ont toujours été absolument négatifs.

Ilne s’agit pas là, comme on le voit, d'une paralysie banale, mais

PARALYSIE DIPHTÉRIQUE 17

bien d’une affection ayant sa physionomie propre, au même titre que la paralysie saturnine ou alcoolique de l’homme.

Nous ferons remarquer, au sujet de l’absence de lésions dans la paralysie pyocyanique, que les recherches ultérieures entreprises sur d’autres paralysies infectieuses (par exemple sur la paralysie expérimentale observée par Gilbert et Lion consécutivement à l’inoculation d’un microbe recueilli dans un cas d’endocardite infectieuse) ont donné des résultats conformes à ceux que nous avons obtenus.

ARTHROPATHIES EXPÉRIMENTALES (en collaboration avec charrin)

Nous avons observé sur plusieurs lapins atteints de la maladie pyocyanique des arthropathies qui paraissent se développer de préférence dans les membres paralysés. Ce ne sont pas des arthropathies nerveuses. Les lésions articulaires reconnaissent pour cause un agent infectieux dont nous n’avons pu déterminer la nature avec certitude ; il s’agit soit du microbe de la pyocyanine, soit d’un organisme qui provoque une infection secondaire ( 25 ).

PARALYSIE DIPHTÉRIQUE

J’ai fait des recherches anatomo-pathologiques sur la paralysie diphtérique expérimentale obtenue par Roux et Yersin au moyen de l’injection des substances solubles du bacille diphtérique ; dans les cas que j’ai étudiés, les nerfs correspondant aux muscles paralysés, examinés depuis leur origine jusqu’à leur terminaison dans les plaques motrices, se sont montrés tout à fait normaux.

(( De ces faits me semblent découler des conséquences importantes.

Babinski. 2

En effet, si d’une part on admet, ce qui est tout à fait légitime, que

la paralysie diphtérique est identique chez l’homme, quant à sa pathogénie, à la paralysie diphtérique expérimentale, si d’autre part on se rappelle que dans la paralysie diphtérique de l’homme on trouve des altérations organiques des nerfs périphériques, on est amené à reconnaître : i° que le poison diphtérique trouble profondément le fonctionnement du nerf avant d’altérer sa disposition morphologique ; 2° que les lésions de la névrite périaxile diphtérique ne peuvent être considérées comme la cause essentielle de la perturbation fonctionnelle, ce qui, du reste, n’empêche pas de supposer que ces lésions, une fois produites, n’exercent à leur tour une influence perturbatrice )) ( 32 ).

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