‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 11 sur 13 · Le signe otique dans les maladies cérébrales · texte numérisé non relu

Le signe otique dans les maladies cérébrales

[Ann. du larynx, des oreilles, etc., Bull. Soc. Biol.). Etude clinique de l’épreuve du réflexe d’accommodation binauriculaire dans des cas d’affection cérébrale (service du P r Charcot). L’auteur montre que le réflexe est conservé dans la surdité d’origine centrale, cérébrale, soit sans lésion (hystérie) soit avec lésion (hémorragie cérébrale), dans les surdités avec hémiplégie croisée (lésion protubérantielle); mais qu’il estaboli dans les lésions de la moelle allongée et de la moelle cervicale. Il peut donc être utilisé pour le diagnostic du siège des lésions causes de surdité.

Si l’on se reporte à ce qui a été dit, au n° 88, de l’hypothèse d’un centre médullaire oto-spinal, admise d’après des faits où la perte du réflexe coïncidait avec une audition bonne, et des signes indiscutables de pachyméningite cervicale, on enverra la confirmation dans cette curieuse conservation de ce même réflexe dans les affections cérébrales avec ou sans lésion en foyer. L’opposition n’est-elle pas significative ?

92. De la modification de l’audition par la contraction des muscles masticateurs (Soc. Biol., 1882, octobre). Applications à la sémiotique; étude expérimentale, faite au

moyen d’un diapason implanté dans un tube de caoutchouc, adapté à l’oreille ; chaque fois que l’on contracte les muscles masticateurs, on observe l’atténuation du son perçu. Cette coïncidence s’explique par la communauté d’origine (branche motrice du trijumeau) des nerfs masticateurs et du nerf qui anime le tenseur tympanique ; il en résulte une excitation synergique; de plus, cela explique aussi que ces contractions soient excitées par toute irritation vive de la 5° paire, dans les affections douloureuses de la face, des dents, des fosses nasales et de la tête, et soient un des éléments étiologiques de l’abaissement de l’ouïe.

93. De la pharyngite rhumatismale chronique dans ses rapports avec les affections des oreilles, (1883, Bull. Soc. Otul. de Paris , et Trib. méd., 1883, p. 122). Gellé, Précis d'otologie.) L’auteur décrit les aspects du pharynx, dont les parois latérales subœdématiées, font saillie en gros bourrelets verticaux, arrivant parfois au contact presque, et placés immédiatement en arrière des piliers postérieurs du voile du palais. L’auteur les désigne sous le nom de «faux piliers». C’est un pilier, parfois une saillie unilatérale qui coïncide avec l’otite, le vertige ou le bruit subjectif du même côté ; comme les manifestations rhumatismales, ces faux piliers formés par l’œdème du tissu sous-muqueux, sans catarrhe aucun, sont susceptibles de durer longtemps, soit de disparaître d’un côté pour se former sur l’autre, soit d’être remplacés par une arthrite ou une douleur arliculaire plus ou moins tardive. La présence de ce faux pilier, dans le cas de vertige subit, a suffi pour faire rechercher la lésion otique, ce qui a permis d’éliminer toute localisation cérébrale de la cause ; opinion confirmée par l’apparition de l’arthrite type consécutive ; étude clinique ; observations détaillées.

94. Des progrès de l’Otologie aux Etats-Unis {Trib. méd., 1882, p. 461.) Revue.

9o. De la surdité, de troubles subjectifs de l’ouïe, liés aux maladies dentaires {Trib. méd., et S. otol., t. 11). l’auteur donne des observations d’otites suppurées causées par l’éruption de la grosse molaire.

96. De l’otite externe pèriostique circonscrite {Trib. méd., 1884, p. 510).

97. De la formation des battements et de quelques phénomènes subjectifs de l’ouïe (Soc. Biol. etT. I. Et. d'otol.). Analyse du phénomène sonore; sa formation expérimentale par deux sensations, isolément apportées aux deux oreilles ; leur rencontré ou interférence se fait dans le sensorium, sans l'intervention d’aucun élément autre : 2 sensations acoustiques inégales, d’où relief.

De l’oreille au point de vue anthropologique et médico-légal ( Trib. méd ., 1885) (2° article). L’auteur répond à la critique de son opinion sur la valeur du signe de la respiration du nouveau-né tiré de « l’examen de l’oreille » (Y. n° 4 dé ce catalogue). Il montre le développement de l’oreille humaine, l’existence du magma gélatiniforme et son mode de disparition à la naissance ; il persiste à voir là un signe sinon absolu, sérieux de l’absence de la vie, quand le magma est trouvé intact, si l’inspection despoumons nepermetpas de sefaireune opinion ferme sur l’établissement de la respiration, etc...

99. Un cas d’allochirie auditive. Observation suivie delà discussion des causes du phénomène curieux (Soc. Biol., janv. 1888, et T. II. Et. olol.).

100. Un cas de surdité totale subite prémonitoire d’une albuminurie (Trib. méd.).

C’est la perte complète de l’audition qui a amené à faire l’examen des urines ; deux ans plus tard la malade mourait de son albuminurie, dont le premier symptôme avait été l’affection auriculaire subite.

101. Lésions auriculaires trouvées à l'autopsie de lapins atteints de vertiges avec rotation, impulsions motrices, troubles de l’équilibre, etc. (Troisautopsies avec observations (Soc.Biol., avril 1888). L’auteur a trouvé les lésions les plus diverses : surtout la suppuration de la bulle, la suppuration du labyrinthe ; mais dans un cas la seule ankylosé de l’étrier.

102. De l’épreuve de Weber, dans le diagnostic et le pronostic des affections auriculaires (Bull. Soc. olol. de Paris, 1888 et Congrès Bâle, 1881). - Le diapason-vertex est latéralisé, perçu par l’oreille oblitérée du doigt ; la lésion cause est du côté où la sensation se porte, se latéralisé. L’épreuve de Weber compare les deux oreilles qui sont fré-

quemmént pathologiques toutes deux ; sa valeur en est discutable ; cependant elle signale une lésion de l’appareil de transmission certainement, surtout si l’autre oreille, est normale ; mais où siège la lésion, au tympan, dans la chaîne, dans la caisse, à la platine de l’étrier? il faut d’autres signes pour en juger. La latéralisation existé avec l’absence de membrane tympanique et d’ankylose de l'étrier, par le seul fait de la sensibilité accrue du côté qui a été frappé d’inflammation suppurative. La possibilité de latéraliser à volonté par l’application du doigt est un bon signe de lésion légère ; l’impossibilité signale une lésion fixe, sérieuse ; cependant une oreille malade que l’on clôt au méat peut bénéficier de la rétention du courant sonore, laquelle peut être sans action sur une oreille pire. L’aération de la caisse peut enlever la latéralisation causée par l’enfoncure, la tension du tympan et l’intropulsion de l’étrier ; il peut se faire alors que Je son du diapason-vertex se porte à l’autre oreille, dès que la première est ainsi dégagée. On sait que la sensation est latéralisée du côté sain, dans le cas d’anesthésie ou de paralysie de l’acoustique ; mais, dans l’hypèresthésie labyrinthique, cela peut avoir lieu du côté lésé. Dans le premier cas l’apposition du doigt au méat du côté sourd ne change rien, ne déplace pas la latéralisation. Il y a des degrés variés dans les lésions otiques qui causent celle-ci, ce qui explique que tantôt on puisse, tantôt non, changer le sens de la sensation par l’oblitération du conduit auditif. Le tympan est l’organe qui transmet à l’air du conduit et à la caisse, par suite à la chaîne et à l’étrier, les vibrations apportées par les solides du crâne (Diap. Vertex). La latéralisation expérimentale précise la valeur de la latéralisation morbide ; mais un seul signe ne peut servir de base sûre à un diagnostic aussi complexe : dix centimètres de tube de caoutchouc adaptés à une oreille saine, font aussitôt latéraliser le son du diapason posé au vertex.

103. Traitement du vertige labyrinthique ('Rapport à la Soc. Franc, d'otol ., mai 1896).

Cette thérapeutique doit être basée sur la connaissance d’une pathogénie analytique de ce syndrôme auriculaire. L’auteur expose les rapports anatomiques du labyrinthe avec les centres nerveux, le cervelet, les pédoncules ; puis il cite les autopsies qui montrent les causes des excitations morbides

des nerfs vestibulaires (portion excito-motrice du nerf acoustique). Il rappelle qu’une démonstration du fait est souvent donnée par l’épreuve des pressions centripètes, qui provoque le vertige en certains cas. Il ajoute que ce syndrôme succède à la mastication, à l'acte d’avaler, de se moucher, à l’effort, mouvements qui agissent sur l’oreille moyenne et par là sur le labyrinthe; de même font les bruits violents, la douleur, l’attention auditive, l’otite, les bouchons, l'obstruction tubaire, les lésions des fenêtres ovales et rondes et les polypes de la caisse qui les compriment ; de même les injections brutales ou froides, par le geste de défense, spasme du tenseur chez le sujet prédisposé par une lésion otique, soit seulement par l’hypéresthésie labyrinthique, laquelle semble être la condition importante des perturbations motrices, troubles de l’équilibre, impulsions, oscillations, hallucinations de la vue, vomissements, sueurs froides, chute à terre sans perte de connaissance qui caractérisent le vertige labyrinthique dans son accès subit. Il y a un vertige persistant, lié sans doute à des lésions fixes (ostéomes) et très rebelle. L’auteur donne les conseils utiles au moment de l’attaque, quand les accidents durent, se répètent, avec état semi-syncopal, ou avec mouvements épileptiques (otorrhées avec lésions osseuses englobant une partie du labyrinthe). Par cette énumération, on saisit l’importance de la lésion otique et la nécessité de la rechercher et de diriger le traitement de ce côté pour éviter choc, commotion, compression du nerf labyrinthique origines du syndrôme si grave. L’auteur signale ,1’hémorrhagie, la fluxion inflammatoire, la suppuration du labyrinthe, mais aussi l'anémie (affections cardiaques, épuisement, convalescence, etc.). Gomme traitement ayant fait ses preuves, le sulfate de quinine à haute dose pendant des séries de 8 à 10 jours ; puis le bromure de potassium, ce calmant des réflexes ; l’opium chez certains; les douches froides, le séjour à la campagne ; tels sont les meilleurs agents, les plus utiles; on y ajoutera suivant la pathogénie reconnue, les médications toniques ou générales appropriées, que l’auteur expose dans toutes leurs indications.

104. La propagation des vibrations au labyrinthe estelle moléculaire ? l’oscillation de l’étrier est-elle totale ? unité de la période des graphiques du phonographe,

avec planches ( Trib. méd. 12 octobre 1898; Soc. Biol., 15 octobre 1898 ; et La Voix, décembre 1898).

L’auteur, se basant sur l’examen des vibrations moléculaires si bien inscrites sur le phonographe, conclut à la transmission d’un mouvement moléculaire par l’étrier au labyrinthe. Cependant l’étude du graphique d’une période montre une première phase très fragmentée oùles vibrations moléculaires abondent; et puis une deuxième phase, si facile à voir dans les graves et dans les intensités moyennes, est presque plane et sans dépressions. Du contraste il semble que le mouvement pendulaire admis depuis Weber et Helmholtz existe constamment. L’unité de cette période inscrite, typique toujours, conduit à admettre la numération allemande pour la vibration entière irréductible. D’autre part, la grande différence des graphiques des sons graves et des aigus, de leurs périodes, montre bien que l’acoustique les différencie non seulement par la rapidité de leur succession, mais surtout par la diversité des formes des excitations que ces tracés mettent en évidence.

105. Otite suppurée, accidents cérébraux à la suite du tamponnement postérieur des fosses nasales pour épistaxis (1890, Bul. Soc. Olol. de Paris et Trib. méd.),

106. Observations avec autopsie et pl. Vieille otite suppurative ; poussée infectieuse récente ; méningite, mort [Ann. mal. lar. et or. 1893, p. 598). Ostéo-sclérose de l'apophyse mastoïde ; sinus latéral oblitéré, fibreux ; ostéomyélite du rocher ; destruction du tympan, de la chaîne; fusée purulente du conduit et de la région temporale ; méningite suppurée.

107. Sémiotique, Signes tirés de la comparaison de l'audition par le sujet et de celle par l’observateur du son du diapason-vertex pendant l’acte de la déglutition [Ann. mal. lar. et or., se/jltmbre 1890). On oppose les deux résultats ; quand ils concordent, c’est-à-dire si le sujet avalant, sent le son du diapason atténué, et l’observateur aussi, on juge que la chaîne du tympan à l’étrier est mobile, puisque c’est leur déplacemeut au dedans qui affaiblit la conduction ; c’est le fait de l’état normal ; la diminution a lieu pour les deux observateurs à la fois. Quand il y a discordance, si le sujet n’a rien ressenti (atténuation nulle) e’est l’étrier qui

est fixe, immobilisé ; mais si l’opérateur n’a rien éprouvé non plus, c'est que l’appareil de transmission est tout entier immobilisé (dépression extrême, raideur du tympan, vieille obstruction tubaire, etc). On exagère la sensation, et l’on rend l’expérience plus nette en faisant déglutir, le nez pincé. Le signe se tire de la concordance ou de l’opposition entre les résultats.

108. Clinique otologique delà Salpêtrière, service du P r Charcot, conférences (2 e fasc. 1893). Statistique ; observations classées et commentées, au point de vue de la sémiotique, du diagnostic, et du traitement ; exposé de cas de surdités nerveuses et de leurs signes diagnostiques (tabes, épilepsie, hystérie, hémiplégie etc ).

109. Valeur sémiologique des battements pulsatiles constatés avec l’endotoscope [Ann. des mal. dular. et or., septembre 1891). Au moyen de l’endotoscope, manomètre gradué amplificateur de l’auteur, on observe les pulsations transmises à l'air du conduit par la caisse tympanique ; signe de fluxions, congestions, objectivement invisibles, et qui expliquent certaines persistances de troubles auditifs (vertiges, bruits d’oreille, otalgie).

110. Des lésions du « Mur de lalogette », avec figures [Mémoire lu au Congrès international de Paris, i88g, septembre; Gell è, président delà section d'olologie). Partie anatomique bien décrite ; le mur de la logette bien limité, et région otique des plus utiles à étudier.L’auteur expose son développement, sa constitution, sa forme, ses rapports, puis les diverses lésions pathologiques observées, avec leurs causes, leurs signes, et des observations à l’appui. La paroi sus-tympanique externe de la caisse est depuis ce travail appelée « le mur de la logette » ; c’est une paroi accessible de la caisse du tympan.

111. Ostéoclaste, pour échancrer le mur de la logette, le perforer et ouvrir l’attique ( Annales des mal. du larynx, de l'oreille, avec planche).

112. Un point de la physiologie de l’étrier (Soc. Biol. octobre 1893, et Ann. mal. lar. or.). C’est une étude des mouvements de la platine de l’étrier, et la discussion des diverses opinions émises par les auteurs. L’auteur conclut de ses expériences sur les organes frais que l’étrier n’a qu’un sens de

mouvement, de dehors en dedans, dans le plan horizontal ; mais aucun mouvement de bascule ni de volet n’est possible sur la préparation fraîche, normale.

113. De la lésion dans la surdité à la suite des oreillons {Rev. internat, d'otol. laryng.). Travail basé sur des faits cliniques qui ont permis à l’auteur de constater que finalement la lésion est labyrinthique ; au début, les pressions centripètes provoquent le vertige; plus tard tout disparaît dans une insensibilité complète du labyrinthe, tant au point de vue auditif que des réflexes ; d’où l’incurabilité de la surdité ourlienne. Grâce aux procédés d’investigations de l’auteur, ce diagnostic peut être bien établi ; le vertige ourlien doit faire porter un pronostic grave pour l’audition.

114 Empyème du sinus maxillaire consécutif au tamponnement de la fosse nasale gauche pour l’épistaxis ( Arck. internat, d’ot. 1893). Une observation.

115. De l’audition colorée (in. Vol. Audition, chez Alnan, p. 320, et Tri b. méd. 1898).

116. Un cas de Bourse de Luseka, avec pièce anatomique et planche [Bul. Soc. Fr. d'olologie, 1889). Démonstration devant la Société.

117. Préparation histologique et planche de la Bourse de Luseka, précédente par le D r Retterer; conclusions. [Ann. m. or. lar. 1889).

118. Mémoire sur : Otite et paralysie faciale, lu au Congrès international de Berlin, 1890 (Ann. mal. lar. et or. et C. R. Congrès ). Observations nombreuses ; diagnostic pathogénique ; analyse des signes otiques de cette paralysie ; Fallopite, etc.

119. Innervation des muscles tympaniques (Congrès internat, de Berlin, 1890, C. R. du Congrès, et Ann. mal. or. Larynx et nez.)

120. Etude expérimentale sur la conduction de la membrane tympanique, suivant les tensions imprimées

(Trib. méd. et J. B. 1899). Au moyen d’un tympan artificiel en baudruche, qu’un dispositif permet de tendre à volonté en agissant sur une sorte de manche de marteau, l’auteur constate que les sons aériens graves sont transmis plutôt par le

segment inférieur, et les sons aigus par le supérieur; si celui- - ci est tendu, il les transmet plus facilement.

121. Du « Massif osseux de facial auriculaire » et de ses lésions (Mémoire lu au Congrès internat, de Rome en septembre 1893, avec pl.; et Ann, mal lar. et or. 1894). — Prix d’Académie, 1894. — Travail basé sur 40 observations. Dans un premier chapitre, l’auteur précise les rapports si importants du facial dans son passage de la paroi labyrinthique de la caisse du tympan à travers sa paroi postérieure; et à sa sortie en bas et en arrière du cadre tympanal, sous la paroi du conduit auditif externe. L’exposé des faits pathologiques montre l’influence des lésions des diverses régions traversées par le canal de Fallope sur celles du facial. Ce travail a valu à l’auteur un prix d’otologie à l'Académie de Paris (1894).

122. Le torticolis ab aure lœsâ (Mémoire lu au Congrès médical de Lyon, 1894, C. R. du Congrès et Ann. mal. du lar. et de l'or.). Basé sur des observations cliniques détaillées, ce travail montre les rapports étroits entre les torticolis, déformation du cou, inclinaison anormale de la tête, par raideur ou contracture musculaire dans les lésions les plus insoupçonnées du rocher et de l’organe auditif (suppuration, carie indolore de l’enfance). Méningite ou méningitisme, il y a là un diagnostic d’une haute importance, et une étiologie bonne à reconnaître. Le torticolis, symptôme otique, est une notion que ce travail impose aux cliniciens : le torticolis récent ou ancien doit conduire à explorer les oreilles. Il peut reconnaître pour cause une lésion labyrinthique. L’auteur, parmi ses observations, cite le fait d’une hémorragie labyrinthique qui coïncida avec un torticolis énorme, resté incurable. — Enfin ce symptôme saillant résulte parfois de lésions du pharynx (traumatismes, cautérisations). L’otite aiguë des petits enfants débute souvent par la raideur du cou et le renversement de la tête en arrière.

123. Du traitement général dans les affections de l’oreille (Rapport lu au Congrès d’otologie de Florence, 1895), C’est un mémoire des plus étendus sur les rapports de la pathologie otique avec la pathologie générale ; l'affection auriculaire n’est pas envisagée comme source d’infection, mais sur-

tout comme résultat d’une infection de l'organisme. Chez les petits enfants l’auteur signale l influence des troubles de nutrition, liés à une alimentation défectueuse, (diarrhées, cachexies, athrepsie), et à l’auto-infection. L’action curative d’une thérapeutique générale dans les otorhées, n’exclut pas celle d’un traitement spécial. Toute la pathologie auriculaire, lésions et symptômes subjectifs, sont passés en revue ; et leur thérapeutique exposée méthodiquement ; l’électrisation, le massage, l’hypnotisme même, ne sont pas oubliés ; l’auteur recommande aussi la sérothérapie et l’organo thérapie, qui sont actuellement d'un usage reçu et ont fourni des résultats encourageants ; l’auteur a montré le chemin et s'y est engagé des premiers.

(Ce travail est tout entier dans le vol de la Thérapeutique de A. Robin, spécial aux maladiesde l’oreille.)

124. Des œdèmes phlegmoneux sous-cutanés périotiques [Bull. Suc. Franc, d'otol , mai 1895).

Il s’agit d’œdèmes infectieux, liés ou non à des lésions suppuratives oubliéesou méconnues del’oreille, envahissant parfois le côté du pharynx (œdème sous-muqueux latéral), comprenant le pavillon et le haut du cou jusqu’à la région temporale, à marche aiguë, douloureux, chauds, avec engorgement ganglionnaire concomitant, se résolvant vite, s’il n’y a pas reveil d’une otite suppurée, méconnue. L’examen de l’oreille s’impose ; elle est souvent le point de départ de cette infection aiguë. L’aspect au début est celui du phlegmon diffus.

125. Traitements des bourdonnements d’oreille. Conférence à la Salpêtrière ( Trib. méd., 1894.), pathogénie, traitement local et thérapeutique générale (Presse méd., 3 mars 1894, leçon recueillie par le D r Helme).

126. De l’aura du vertige labyrinthique. (Ann. des mal. lar. et or., 1895).

L’auteur a analysé un grand nombre d’observations de vertige auriculaire, et a trouvé une aura très nette au début de l’accès dans une grande partie des cas. Cette aura est complexe ou simple ; elle précède l'accès de déséquilibration, ou d'impulsion motrice ; elle consiste en troubles sensoriels de l’ouïe, de la vision, du toucher, en troubles gastriques et respiratoires; et même de l’intellect; car il a noté l'apparition de

véritables hallucinations visuelles’ tactiles, indiquant d’une façon indiscutable la participation des centres nerveux, et l’association de désordes psychiques aux accidents de la motricité qui caractérisent le vertige ab aure lœsâ chez l'homme: le vertigen’est il pas une hallucination motrice?

Des observations nombreuses appuient cette opinion ; les réflexes labyrinthiques n’ont donc pas seulement une influence sur la motricité, mais aussi sur les autres sens, et sur le fonctionnement mental, d’où les psychoses ab aure lœsâ.

127. Instrument pour éclairer le fond de l’oreille présenté au Congrès de Berlin, 1890, in C. R. et in : Paralysie faciale (Ann. de mal. or. lar., 1891), spéculum éclairé par la lumière électrique, l’œilétant bien abrité.

128. Du développement de l’ouïe chez les sourds et les sourds-muets, par les exercices acoustiques (Trib. méd. 26 mai 1897) L’auteur rappelle l’origine française de cette méthode dont il recommande l’emploi chez les entendants, et à laquelle il doit des succès.

129. L’audition (article de 100 pages du Dicl. dephysiol. de Richet avec pl. et bibliog.). C’est un traité complet de la fonction auditive et de ses annexes; l'auteur y a joint le développement de l’organe chez l’homme, l’audition colorée, etc. (Alcan, éd. 1895).

130 De l’audiphone et de son emploi à la sémiotique auriculaire (Trib. méd. 1892. ; Annal, or. lar. 1892. T.XVIII). Étude complète de la théorie et de l’application médicale de cet instrument: l’auteur y expose les progrès obtenus par l’audiphone de son invention, bien plus sensible, puisqu’il permet de parler à une bonne distance de la plaque, à la vue du sourd.

131. Article « Thérapeutique des maladies des oreilles, traitement local et général » du Dicl. de Thérapeutique de H. Robin (volume spécial tout entier de l'auteur chez Rueff). C’est l’exposé de l’état de la science et la (vulgarisation la plus large des moyens thérapeutiques employés en olologie ; chaque maladie otique est étudiée à ce point de vue ; chaque maladie générale de même est analysée au point de

vue de ses complications otiques et des troubles auditifs qui peuvent s’y rattacher ; c’est le complément indispensable d’un traité de pathologie médicale et chirurgicale ; les indications de ce dernier ordre sont en effet fort nombreuses.

132. De l’audition avec l’ankylose de l’étrier (1896, novembre, Bull. Soc. Biol.). Lésion très fréquente dans la sclérose otique, souvent bilatérale, le devient successivement ; audition diminuée, mais constante, si le nerf est sain; les pressions centripètes négatives font reconnaître la lésion ; souvent l’aspect de la caisse est sain.

133. De la migraine auriculaire ( in 3 8 conférence à la Salpêtrière 1898; et Brêcis d'otol., chap. labyrinthe).

134. Des bruits subjectifs, des vertiges, de l’otalgie, dus à des affections cardiaques {in. Thérap. général des mal. de l'or, et Bull, du Congrès de Florence 1895, septembre 20), observation et exposé théorique ; hypotension surtout et affection otique prédisposante.

135. Des erreurs du Rinne +, et de leur correction. 12 et 19 septembre 1900 {Trib. méd.). Surdité avec R +, indique l'affection du nerf (classique). Discussion d’après l’expérimenlation et la clinique de la valeur de Rinne +. Valeur excellente du Rinne —Valeur très discutée et discutable du R Pourquoi ? on compare la durée de l’audition du Diapason par deux voies différentes ; mais la perte de l’audition aérienne a une bien autre valeur que l'autre. Supposez les durées par l’air et le crâne égales ; l’abaissement de l’audition par l’air est bien plus considérable, puisque cette voie donne une durée normale de l’ouïe bien plus longue, et fournit des sons plus intenses ; c’est là le point intéressant et le constat le plus important, R -(- coïncide ainsi avec une perte souvent énorme de l’ouïe par l’air, fait bien plus utile à connaître que le rapport avec la perception crânienne (deux articles, très utiles à méditer). Conclusion : R +, si la-surdité est extrême, n’a pas la valeur admise.

136. De l’éducation des sourds-muets au moyen des exercices acoustiques avec le micro-phonographe

{Trib. méd. septembre 1897 ; et Soc. Biolog.) L’auteur a pu étudier l’action des sons donnés par le micro-phonographe sur une centaine de sourds-muets de tout âge. On sait que les sons

obtenus au moyen de cylindres de phonographe méthodiquement préparés et inscrits, ce cfui est un art, sont amplifiés remarquablement par cet appareil.

Il fournit des sons de toutes les tonalités, musicaux ou vocaux, et des timbres les plus divers, à volonté, docilement, avec des intensités qu’un dispositif permet de graduer. Le son est apporté aux oreilles par deux téléphones Ader.

Il faut dire tout d’abord que la pénétration de ces sons est bien supérieure à celle du diapason ; aussi l’auteur a-t-il constaté qu’il est possible avec le micro-phonographe d'obtenir l’éveil de sensations acoustiques chez un bienplusgrand nombre d’individus qu’on ne l’a signalé dans les statistiques connues, si savamment établies, mais avec les diapasons et les tonalités simples. L’action si vive des timbres y est absolument négligée ; à tort, car l’expérience montre leur pénétration bien plus subtile ; et, à tonalité égale, les grandes différences dans leur audition tout à l’avantage de l’exploration avec les timbres.

Cette éducation est une œuvre de patience ; elle est fort longue, surtout chez les enfants au-dessous de 8 ans ; quand on a éveillé les sensations auditives, on a souvent, trop souvent, la déconvenue de se trouver en face d’un minus habens, d’une mémoire nulle, d’une attention inégale ou insuffisante. Rarement on rencontre la mauvaise volonté : les enfants suivent les leçons avec plaisir, et finissent par rechercher même les excitations spéciales que les téléphones transmettent à leurs oreilles; au surplus pour cet éveil, l’attention est inutile; on n’a besoin d’elle que pour la différenciation qui n’a lieu que plus tard. Fait notable, la première sensation du sourd-muet, comme du vieux sourd, n’a rien de vocal ni de musical; ce sont souvent les bruits insupportables pour nous, de grincement, de frottement, de râpe, de grattement, de crépitation dits de friture, si pénétrants, et que l’appareil exagère, qui sont les premiers perçus ; les vieux rouleaux de cire, usés, inégaux, fêlés donnent les meilleurs résultats: c’est un début informe. Les trilles, les arrêts et les reprises, les intermittences aident toujours à l’audition, et le maître doit en user à propos, comme des forte, et des alternances et oppositions des sons aigus et graves.

Parfois, chez ceux qui lisent et parlent, en cinq leçons les

sons voyelles sont appris, le livre aidant. Est-il besoin de dire que l’étude de l’articulation s’impose, qu’elle est indispensable : les exercices auditifs en seront un adjuvant excellent pour donner à la voix un timbre normal. Le microphonographe, toujours prêt, infatigable, permet de varier à l’infini les exercices ; les solos de musique valent mieux que les bruits d’orchestre ; seuls les morceaux de musique bien rythmée sontutiles. La flûte, le cor, le piston, aident à faire connaître l’i, l’o ; le piano, qui frappe le son, se fait bien entendre seul ou en accompagnement. Les sons-voyelles sont les principaux sons perçus ; les explosives se confondent avec le son-voyelle brusquement lancé. Les syllabes formées par la dé'ente brusque, (cri, cra, pra, serpette, par exemple), émeuvent fortement l’acoustique, etc. En général, il faut compter surtout sur la durée des exercices et des sons, sur leur répétition, sur le rythme de leur débit, sur la cadence marquée pour obtenir des résultats rapides ; il faut craindre et graduer les intensités : c'est toute une éducation pour le maître. Le temps et la patience sont des éléments de succès indispensables, car le sens et l’organe auditifs se créent, se développent ainsiavecla mémoire auditive ; aussi les résultats sont-ils meilleurs chez les sujets intelligents, adultes, jeunes qui lisent et parlent.

137. De la formation des sons voyelles, des consonnes et des syllabes, d’après les graphiques du phonographe. Communication appuyée de 28 grandes planches représentant les vibrations inscrites sur le rouleau phonographique, dessinées à la suite et amplifiées, faite au Congrès international de 1900, section de Laryngologie (Extrait, C. R. Congrès, 1900).

L’auteur explique les dessins des vibrations simples, puis des périodes caractéristiques des sons-voyelles. Il fait voir les modifications de leurs formes dans le cours même de l’émission sonore, soit sous l’influence de l’intensité, à notre insu, grandissante ou diminuée ; il. insiste sur la complication des formes qui signale le timbre du son, sur la profondeur des empreintes en rapport avec l’énergie sonore, dans les forte, les éclats. Par la comparaison des éléments graphiques, il fait comprendre pourquoi a et o peuvent se confondre ; de même i et é ; de même encore o et e dans les graves. Les dessins montrent la période type de la voyelle disparaissant dans les

éclats et les tons suraigus, et les figures devenant semblables à celles des sons chantés, indistincts, où la note laryngée s’entend mieux que la voyelle. Des exemples rendent saillante la différence des périodes des types de a, par exemple, suivant qu’on le dit sans effort ou avec explosion. Quelques remarques sur l’action dynamogénique des consonnes terminent cette communication : un tracé rend manifeste l’action de r , et d’autres celle des C. explosives. Un autre est celui d'un bègue dont la lourdeur de la langue et la lenteur de ses mouvements se trouvent clairement marquées dans l’émission successive des deux voyelles a, ?.. On voit, grâce à la difficulté avec laquelle la langue s’élève pour faire ?, les périodes dè è s’intercaler entre a et ? et servir de transition de l’une à l’autre, de sorte qn’on a inscrit a é i. D’autres graphiques montrent les modifications causées par la succession trop rapide des sons qui se fusionnent sans interruption et se pénètrent intimement période à période. On saisit ainsi la confusion qui se produit chez le sourd, quand les syllabes se succèdent vite ; ses sensations incomplètes se superposent et la distinction devient impossible. Plus lente est l’audition, plus facile devient la confusion des paroles, quand s'accroît la vitesse de la phonation.

138. Les graphiques des sons-voyelles, leur complexité (Soc. Biol., 20 octobre 1900). Au moyen de dessins des tracés phonographiques, l’auteur montre combien sont variées les formes des périodes dans un même son, suivant la tonalité, les timbres, etc. Combien sont complexes les sons qui nous paraissent simples ; mais le type se retrouve toujours en un point du tracé. Deux tracés du mot « Fable», dans l’un dit très fort, dans l’autre plus doux, offrent la démonstration de la complexité et des différences de deux sons identiquement écrits-

139. Les voyelles d’après les tracés du phonographe, avec planches gravées (20 octobre 1900. But. Soc. Biol.). On voit les types particuliers à chaque son voyelle, dessinés dans tous leurs détails avec amplification, montrant leur diversité. Effet de l’intensité sur les graphiques ; effet de la tonalité, de la durée, etc., et les variations du graphique dans la durée d’un son sans qu’on ait conscience de celles du son émis.

140. Les voyelles nasales d’après les tracés du phonographe ( Bul. Soc. Biol. 10 novembre 1900) avec planches. Ces types de périodes se différencient assez nettement des périodes de sons-voyelles purs, avec lesquels les planches permettent de les comparer, par leur volume et leur creux, signes d’intensité sonore, et par leur forme.

141. La surdité de J.-J. Rousseau (in France méd. 10 et 25 janvier 1901). Etude du cas, et discussion des opinions des divers auteurs; l’auteur conclut qu’il y a lieu d’accorder la plus grande importance à l’état névropathique de .Rousseau, à son état de faiblesse excitable incontestable, dans la genèse des accidents vertigineux et des troubles auditifs.

142. Les sons voyelles en fonction du temps, avec dessins par l’auteur, des graphiques du phonographe (Soc. Biol. 18 janvier 1901 )

L’auteur étudie les sons successifs sur les tracés variables suivant la rapidité de leur succession. Ces phonogrammes sont inscrites avec le métronome, on sait la vitesse de succession des sons-voyelles émis. L’auteur a copié patiemment la suite des périodes tracées. Dans une émission ordinaire les sons, les mots sont séparés par un intervalle plus ou moins long où le sillon est vide d’empreintes. Avec une succession plus rapide, on voit les deux séries de périodes caractéristiques de A et de É, par exemple (choisies ici à cause de leur complète dissemblance), se suivre bout à bout, sans arrêt. Pour une vitesse de débit plus grande, on voit, fait curieux, au niveau de la zone de contact, une partie des périodes de A et de É sè pénétrer, fusionner ; il y a là une phase de transition, où l’on reconnaît, et les dessins le montrent nettement, des périodes mi partie A et mi-partie É ; au début, c'est A type tranché ; au milieu du tracé, un mélange de A et É ; et à la fin, de É type très net. L’auteur a fait ainsi l’étude des sons en ion, ié, puis celle des rapides aïe, caille, etc., et suivant la vitesse de diction on voit les sons-voyelles se succéder côte à côte ou fusionner à leur point de contact, ainsi i et on très différent d’aspect chacun, se pénétrent au point qu’on voit les stries fines types de i incluses dans l’ovale allongé de on, etc.

On conçoit une vitesse d’émission qui produise une absorp-

tion totale, et la cacophonie. L’auteur montre ainsi l’état de l’audition du sourd, dont les images auditives informes sont lentement reconnues par son intellect ; et par conséquent ne le 'sont plus du tout si la parole est rapide. Les graphiques du phonographe, dessinés par l’auteur, montrent les premiers degrés de cette confusion et comment elle se produit.

143. De l’audition. De l’intensité des sons (Revue scientifique, 7 et 14 janvier 1899), avec planches nombreuses. C’est une étude des vibrations sonores basée sur l’inspection des graphiques du phonographe, du rôle de l’intensité, de l’effort vocal, du coup de glotte, de la consonne, etc. La constitution de la période apparaît faite des deux phases, que la période française à séparées ; la période telle que l’admettent 1rs Allemands, c’est à dire une avec ses deux phases, est la vraie.

144. Conférences, à la Salpêtrière sur l’otologie dans ses rapports avec les maladies du système nerveux ( Trib. méd., 7 mai 1897) M le P r Raymond avait organisé une série de conférences dans sa clinique des maladies nerveuses à la Salpêtrière, quand il y succéda à Charcot, Ce sont les premières de ces conférences que j’ai publiées à cause de leur caractère général et de leur allure d’introduction à l’étude de l’otologie et des maladies nerveuses.

Des exemples choisis, fixent tout d’abord dans l’esprit de 1 élève, l’importance des lésionsotiques capables de provoquer et d’entretenir des psychoses sérieuses. Dans une autre leçon les rapports de l’organe auditif périphérique et des centres nerveux, comme source de la connaissance, sont exposés avec la multiplicité des excitations quiviennentde l’organede l’ouïe, et des réflexes qui en partent, l’action du chant, du rythme, etc. Dans une autre conférence, c’est du développement de l’oreille dans la série animale qu’il s’agit ; puis de celle de l’homme, et les considérations pratiques se lient aux phases de l’évolution décrite.

145. Empyème du sinus maxillaire consécutif au tamponnement total de la fosse nasale gauche pour une épistaxis (Arch. internat, delaryng. etotol. 1893, T. YI).

L’auteur a montré les dangers du tamponnement postérieur ; ici le tampon a rempli toute la cavité, et cependant il y a eu une infection sérieuse de l’antre d’Hygmore.

l4fi. La période inscrite sur le phonographe, est formée d’éléments vibratoires associés (Soc. Bio. et Trib. méd., 26 octobre 1898). Réponse à une objection faite à l’opinion de l’auteur : la période est une unité, composée d’un nombre de petites vibrations élémentaires. Des exemples et une analyse précise appuient les conclusions de l’auteur. Les graphiques des périodes que la vitesse de l’émission a fusionnées sont des plus probants à ce point de vue.

147. Des mouvements de l’air expiré dans l’émission des sons-voyelles (Soc. Biolog., décembre 1900). Expériences manométriques qui montrent les différences tranchées dans le courant d’air expiré suivant la voyelle émise, suivant qu’elle est soutenue, ou répétée vite, etc. L’auteur lance les sons au-devant de l’extrémité du tube manomètre bien fixe, et note les déplacements variés du niveau.

147 bis. Dans une séance suivante, l’auteur donne les résultats de l’étude de l’action des consonnes sur le manomètre à eau et montre la différence tranchée et paradoxale entre les G. explosives et les G. sonores ou douces, etc.

148 Des mouvements de l’air intra-buccal pendant l’émission des sons-voyelles (Soc. Biol., décembre 1900 ). 1° L’extrémité du tube du manomètre est introduite dans la cavité buccale ; or, si elle est portée au fond, près de l’isthme, l’émission de A laisse le niveau fixe, tandis que si elle est placée plus près de l’orifice buccal, le niveau s’élève aussitôt. Geci a conduit l’auteur à rechercher s’il n’y a pas une légère aspiration dans le premier cas ; et celle-ci a lieu évidemment. 2° Une rondelle légère de papier portée au fond de la cavité buccale sur une tige lisse est brusquement emportée vers le voile etle pharynx par l’émission forte de A ; placée en avant, auprès des dents, elle glisse sur la tige hors de la bouche : il y a donc formation d’un courant rentrant profond, et d’un courant sortant superficiel. On en conclut à l’existence d’un tourbillon aérien au niveau de la base de la langue, auprès de l’isthme du gosier, d’autant plus énergique que l’émission de la voyelle est plus explosive. C'est donc la démonstration de cyclones vocaux.

149. Réplique aux critiques de cette conclusion. Démonstration indiscutable de la formation de

cyclones aériens dans la cavité buccale au moment de l’émission des voyelles. L'auteur rappelle le phénomène connu des tourbillons ou cyclones formés par l’air qui circule à travers des tuyaux d’inégal volume. D’autre part quelle que soit la cause des courants signalés, on ne peut les nier ; les expériences les ont rendus manifestes chez l’homme au moment de la phonation. Le cyclone existe, c’est un mouvement sur place, en tourbillon ; et l’auteur y ajoute comme preuve l’expérience suivante : La fumée de cigarette, aspirée et retenue dans le pharynx, n’est pas projetée au dehors, par l’émission explosive de A. — On voit que le mouvement aérien est giratoire au niveau de l’isthme ; l’absence de mouvement du niveau du manomètre, quand le tube est placé près de l’isthme, le transport brusque de la rondelle de papier sur le voile, toutes les expériences se prêtent mutuellement appui. Au début, le bout du tube manométrique introduit vers la base de la langue, dans la cavité buccale, aucune secousse n’agite le niveau liquide pendant l’émission A. ; à l’orifice buccal, c’est le contraire ; cette absence de mouvement en dehors dans l’air de la zone intra-buccale, si étrange, en fait rechercher le pourquoi : de là l’expérience de la rondelle de papier glissant sur une tige d’acier lisse, et portée au fond de la bouche. Là, l’émission de A. la jette en arrière sur le voile du palais; or, posée derrière l’arcade dentaire, à la partie antérieure de la bouche, elle est refoulée au contraire sur sa tige, hors des lèvres. Gourant rentrant au fond ; courant sortant à l’entrée; tourbillon aérien intra buccal en définitif, causé par l’émission vocale ; cyclones vocaux démontrés (22 décembre 1900, Soc. Biol.).

150. Plessimètre différentiel. Alliance de l’otoscope et du plessimètre (chez Collin), (Soc. Biol., 1901) : sensibilité remarquable de l’auscultation du son percuté.

151. Le signe de Babinski et le diagnostic électrique des lésions auriculaires (Trib. méd., 1901, mars). Quand il existe un état pathologique auriculaire, on constate que la rotation de la face ducôté du pôle positif n’a plus lieu comme chez l’individu normal, mais se fait du côté de la lésion ; signe utile dans certaines surdités, ou troubles nerveux.

Page 1