Des réflexes auriculaires; d’un centre oto-spinal
(T. II, El. d’otol. et Ann. mal. laryng. or. et nez, 1888). L'auteur étudie les mouvements bilatéraux d’accommodation auriculaire, leur simultanéité, leur synergie ; il expose le procédé par lequel il rend manifeste la synergie d’action des muscles accommodateurs (tenseur), (action de défense analogue à celle des paupières). Au moyen de pressions centripètes, il provoque le mouvement de l’appareil de transmission à droite par exemple, pendant qu’à gauche il présente à l’oreille gauche un diapason vibrant. Le sujet sain constate un affaiblissement net du son, quand on exerce la pression à droite. Le tenseur de l’oreille gauche se contracte synergiquement alors : de même que les pupilles se contractent à la fois par l’excitation d’un seul œil par la lumière : c’est là un fait physiologique. En analysant ce phénomène, l’auteur montre que, par ce procédé d’excitation de l’appareil d'accommodation de l’oreille opposée à celle sur laquelle on agit, on rend évidente et appréciable l’activité du tenseur opposé, en même temps que la conservation de la synergie d’accommodation binauriculaire ; deux fonctions importantes à explorer chez le malade, non seulement au point de vue otique, mais au regard des centres mêmes des coordinations motrices auriculaires et du diagnostic de leurs lésions.
Au moyen de figures très claires, l’auteur montre comment il procède, dans cette étude délicate, où les expériences successives se contrôlent. Cette importante découverte a en effet conduit l’auteur à rechercher l’état de cette synergie d'accommodation binotique dans la plupart des affections nerveuses avec ou sans troubles auditifs, puis à bien expliquer le fait connu de l influence inhibitrice de la lésion d’une oreille sur l’autre au point de vue de l’audition.
L’auteur a observé (Clinique; service du P r Charcot) la conservation de ce réflexe d’accommodation bilatérale 'chez les hystériques hémianesthésiques sensorielles ; en agissant par pression sur le côté sourd, il a vu la sensation éprouvée du côté opposé s’atténuer àchaque pression.
2° d’un centre oto-spinal. Ce travail a été fait à la clinique des maladies des systèmes nerveux du P r Charcot. L’auteur, ayant découvert l’existence à l’état physiologique d’une synergie d’accommodation bilatérale des oreilles et le moyen de la
mettre en évidence, a d’abord cherché les affections qui présentent une altération de cette coordination motrice. Pendant cette recherche, une série de malades atteints de pachyméningite cervicale, reconnus par le professeur, furent étudiés par l’auteur au point de vue de leur audition, et spécialement des réflexes d’accommodation, provoqués par l’épreuve des pressions centripètes, comme cela a été décrit; or, chez la plupart de ces malades, il constata une audition excellente des deux côtés, tant comme portée de l’ouïe, qu'au rapport des mouvements de l’appareil de transmission et de l’étrier (pressions centripètes). Cependant le réflexe d’accommodation manquait, au milieu des autres signes tous positifs. L’auteur vivement frappé de cette coïncidence, incline à penser que le centre oto spinal du réflexe binauriculaire siège dans la portion cervicale de la moelle, auprès de celui de la pupille. Cette hypothèse, est basée sur l’observation clinique qui a montré en même temps la parfaite intégrité des oreilles.
Il faut admettre que si le centre acoustique et l’expansion labyrinthique offrent une paralysie de leur portion sensorielle, il n’en est pas de même de l’activité réflexe des nerfs ampullaires, laquelle est conservée ; la pression agit donc par excitation du centre accommodateur dans ce cas de surdité nerveuse unilatérale: c’est une constatation des plus intéressantes. D’autre part, la clinique montre que les lésions graves du labyrinthe (hémorragies) anéantissent absolument la synergie d’accommodation auriculaire bilatérale; au début des inflammations, l’hypéresthésie est, au contraire, cause d’une exagération extrême des réflexes labyrinthiques et de l’effet des pressions par suite.
En clinique on agit soit de l'oreille saine sur la sourde, ou vice versa. Dans le cas de paçalysie faciale, le réflexe manquer le tenseur étant contracté au maximum du côté de la paralysie ; il en est de même avec une ankylosé de l’étrier soit du côté où l’on fait la pression centripète, soit de l'autre.
La sémiotique auriculaire trouve donc de grandes ressources dans l’application de ces nouveaux procédés si pénétrants d’investigations, qui permettent de reconnaître les lésions labyrinthiques, et même d’isoler les altérations fonctionnelles de la branche sensorielle de l’acoustique (Limaçon), de celles de la branche excito-motrice (nerfs des ampoules et
canaux semi-circulaires). Le diagnostic des surdités dites nerveuses s’en éclaire, et on sépare ainsi la surdité de cause cérébrale de la surdité d’origine labyrinthique, l’oreille moyenne étant saine.
80 Observations montrant la conservation du réflexe de l’accommodation synergique binotique, dans des cas d’hémianesthésie de la peau et des organes des sens. — Discussion — (T. IL Et. d'olol.). Surdité sans lésion auriculaire,réflexes conservés,diagnostic de surdité nerveuse centrale. On voit la confirmation de ces idées dans la thèse deChavanes (Symptôme otique et hystérie. Lyon, 1901).
90. Valeur sémiotique de l’épreuve des réflexes binauriculaires, ou de la synergie d’accommodation des deux oreilles (T. II. p. 93, Et. olol .), ( Soc. Biol ., 1884). Analogues aux réflexes pupillaires, les réflexes labyrinthiques peuvent être altérés dans diverses maladies du système nerveux. Il importait tout d’abord de savoir le siège de ce foyer réflexe otique.