‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 3 sur 13 · Considérations générales sur l'hygiène de l’ouïe · texte numérisé non relu

Considérations générales sur l'hygiène de l’ouïe

(1878, Ann. d'Hyg ., 3" série, T. I., p. 243) ; T. I. Et. d’otol., pp. 81 à 111). Ce sont les maladies de l’enfance qui font les sourds de l’âge adulte ; on ne pense pas à l’oreille.

17. Etude des mouvements du tympan par la méthode graphique (1878, Trib. méd., pp. 437,461,499, 526, 559, 583, et 1879, pp. 5, 42, 67, 126, 149, 174; et T. I. Et ., otol., pp. 114 à 207, inclus), avec planches.

C’est la première fois qu’on ait enregistré le déplacement de la membrane du tympan au moyen de la méthode graphique, soit à l’état normal, soit en cas de lésions ou de troubles auriculaires. Les tracés sont pris au moyen d’un style spécial amplificateur. L’auteur a étudié ainsi les mouvements plus ou moins étendus de la cloison sous l’influence de l’épreuve de Valsalva, de la poire de Politzer, soit de la déglutition simple ou le nez pincé ; le retour par l’action, élastique, et son absence ; l’aspiration causée par la déglutition, le nez clos, l'ampleur exagérée dans le relâchement, et l’effet de la perforation tympanique, etc., ce travail éclaire très vivement la sémiotique auriculaire parle contrôle de la valeur des signes classiques.

18. De l’exploration de la sensibilité acoustique au moyen du tube inter-auriculaire (1877, Trib. méd., et Soc. Biol. ; in-extenso, T. II, Et. d'otol.). C’est uneétude expérimentale. Les bouts d’un tube de caoutchouc sont adaptés hermétiquement aux deux oreilles ; un corps sonore est posé sur le milieu de l’anse (Montre, Diapason), ou glissé à quelque distance, à droite ou à gauche sur le tube. Au moyen d’un tube très long (un mètre et plus) on peut observer la capacité auditive, variable suivant la distance. De même on rend évidente la capacité plus ou moins grande des oreilles, suivant que l’une perçoit à l’exclusion de l’autre; on juge ainsi de la faculté d’orientation d’après la distance à laquelle il faut déplacer la montre, à partir du milieu de l’anse de caoutchouc, pour que le déplacement, non vu, soit signalé par le sujet ; si le corps sonore est posé sur le vertex, le pincé du tube à droite ou à gauche, provoque la latéralisation de la sen-

sation à droite ou à gauche, par le renforcement ainsi produit, et cette latéralisation du son a lieu du côté où l’on pince le tube au plus près de l’oreille. Nous nous orientons donc d’après la sensation maximum, dominante. L’adaptation à une oreille d’un tube de caoutchouc suffit à faire passer de ce côté le maximum, et à provoquer la latéralisation opposée. Quand la sensation sonore reste la même il n'y a pas d’orientation possible. L’expérience classique suivante le démontre.

Le tube inter-auriculaire bien assujetti, le sujet voit et entend la montre posée sur son milieu, devant lui ; il ferme les yeux, et l’on peut, à son insu, faire passer la montre et l’anse de caoutchouc derrière sa tète.

Gomme il n’a perçu aucun mouvement, il annonce qu’il entend toujours la montre devant lui ; il est très étonné de constater, ouvrant les yeux, qu’elle n’y est plus Le son n’avant pas changé; le déplacement n’ayant pas été senti ; l’orientation n’a plus lieu. Le tube inter-auriculaire supprime, les yeux clos, la différence de la sensation produite par le corps sonore suivant qu’il est en avant ou derrière les pavillons des oreilles. Ces deux écrans causent, en effet, une grande diminution d’intensité, quand le son vient de derrière la tête ; le rôle des deux pavillons auriculaires dans l’orientation auditive se trouve ainsi rendu très manifeste. Ces expériences ont démontré que la perception crânienne obéit aux mêmes lois que l’aérienne, et que l’orientation auditive se fait du côté de la sensation maximum.

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