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Valeur de l’épreuve des pressions centripètes

[Trib. méd., pp. 207 à 260). L’auteur expose la technique simple de cette épreuve, classique aujourd’hui, sous le nom d’épreuve de Gellé ; il en donne la théorie ; il agit par la pression obtenue au moyen de la poire à air adaptée à l’oreille ; c'est un choc léger et instantané sur le tympan, qui est transmis à l’étrier, et par là au labyrinthe. Au moment où le petit choc a lieu, le son d’un diapason, vibrant doucement sur le vertex, ou sur l’apophyse mastoïde du même côté, est atténué brusquement, si l’oreille est saine ; l’étrier est en effet comprimé et la fenêtre et la platine immobilisées ; le courant sonore crânien est coupé net, atténué, si l’organe est sain. L’épreuve est négative quand l’étrier est fixé (ankylosé) ; positive, tant qu’il se meut, et obéit à la poussée de l'air dans l’expérience. Parfois la pression centripète, nulle avant la douche d’air de Politzer, devient positive après elle ; le tympan doit être mobile et la caisse aérée pour que l’épreuve ait toute sa valeur. Parfois la pression provoque un bruit subjectif, soit un léger vertige ; c’est le labyrinthe qui réagit anormalement, soit par l’anomale étendue du mouvement en dedans provoqué par la pression, soit par le fait d’un état d’hypéresthésie du labyrinthe. Dans la paralysie ou destruction de celui-ci (hémorragie) l’épreuve est impossible, le diapason n’est plus perçu de ce côté. La suppression totale et très accusée ou prolongée du son crânien sous l’action de la pression centripète, sans aucun trouble, signale soit une audition bien faible, soit une enfonçure anormale de la platine, sans retour élastique de l’appareil conducteur (chaîne et tympan) à la position d'équilibre (relâchement inflammatoire).

67. Mémoire lu à l’Académie de médecine sur « les fonctions et le rôle des canaux semi-circulaires » (Bull. Acad, méd., 1886; T. II; Et. d ot., 1888). Travail de critique expérimentale des opinions des auteurs sur ce sujet; leur rôle dans la fonction auditive; l’orientation; le sens de

l’espace, les troubles de la motricité, de l’équilibre, la défense otique, etc.

68. Comment agissent les pressions centripètes? Est-ce par inhibition? (Soc. Biol et T. II, El. d'ot., 1881.) Réponse à des critiques qui prouvent qu’on n’a pas compris l’auteur. Les pressionsc entripètes, cho.es intermittents, passagers, immobilisent l’étrier, arrêtent le courant vibratoire; il ne se produit aucune compression du labyrinthe à l’état sain. Celle-ci peut se produire au contraire dans le cas de mobilité anormale de l’étrier et quand la fenêtre ronde n'est plus mobile (bruits, vertiges, provoqués alors).

69. Des lésions auriculaires (or. moyenne et or. interne) consécutives à l’élongation des nerfs pneumogastriques : autopsies de bulles et labyrinthes de chiens, cobayes, lapins, ayant subi l’élongation d’un ou des deux nerfs, avec le D r Wiet ( Thèse de Paris, 1882; avec pl. et Trib. méd., 1882).

70. Tonométrie du globe oculaire. Travail fait à l’hospice des Quinze-Vingts, service du D r Fieuzal (Trib. méd., 18861 L’auteur a tenté de diagnostiquer l’hypertension oculaire au moyen de l’auscultation. Un diapason sonne au contact de l'œil ; un tube de caoutchouc est appliqué par un bout sur l’œil, à distance du talon du diapason, et l’autre bout est introduit dans l’oreille de l’observateur. L’expérience apprend qu’il passe un son d’une certaine intensité à l’état sain, mais que si la tension intra-oculaire s’exagère, il y a affaiblissement très sensible du son perçu, après son passage à travers la coque oculaire distendue, comme cela se fait pour toute membrane' tendue.

71. Importance de la chaîne des osselets pour la transmission des sons. Soc. Biol., 1888, 13 octobre).

72. De la surdité à l’Ecole (2 e mémoire), (Trib. méd. 1885, pp. 534 à 544 inc. ; Soc. Biol.) ; étude originale ; l’auteur a repris ses recherches, qui ont donné les mêmes résultats ; puis, il a constaté une proportion énorme d’enfants à audition insuffisante, dans le milieu scolaire, parmi ceux que les maîtres classent aux derniers rangs, toujours les derniers, et regardés comme incapables, réfractaires, indociles, pour le moins inattentifs, mauvais élèves, cancres. Le chiffre des malenten-

dants, des auditions mauvaises, et.des surdités doubles est tout à fait remarquable et éloquent chez cette catégorie d’enfants (5 sur 10 au moins).

73. Des dangers du tamponnement postérieur des fosses nasales (I er mémoire; observations) {France méd., 1882, et Bull. Soc. méd. prat., 1882, avril; Trib. méd., p. 149, 1882). L’auteur à récolté les observations des complications les plus graves (infection purulente, coma, mort, otites suppurées bilatérales, méningite) à la suite de cette opération d’urgence. Il montre le nez transformé en 48 heures en un clapier infect, en foyer d’infection ; celle-ci envahit les deux organes auditifs, à l’insu de tous. Gréquy en a déjà parlé ; l'auteur a décidément montré le danger de ce traitement de l’épistaxis; c'est une notion classique aujourd’hui, vulgarisée par Tillaux (Anat.).

74. Des otites hémorragiques, épistaxis liée à l’otite aiguë (T. II, El. otol.). Travail clinique, montrant par des faits, la marche simultanée des deux manifestations nasale et otique sous l'influence d’un même processus.

75. Observation d’une surdité guérie aussitôt par la boulette d’ouate d’Yearsley {Bull. Soc. otol. laryng. de Paris, 1884). Fait choisi comme très démonstratif, une oreille étant perdue, l’autre fut aussitôt améliorée ; et la parole à nouveau suffisamment, nettement entendue; le sujet apprit à placer l’ouate.

76. De la fatigue de l’accommodation auditive ; des intermittences du son perçu à la limite extrême de la portée de l’ouïe {Soc. biol., et T. II, Et. d'otol.), étude d’un phénomène physiologique curieux, que les états morbides rendent plus sensible : on note l’insuffisance ou la fatigue de l’accommodation auriculaire dans les cas où le tenseur est atrophié (otorrhée), dans les adhérences, la raideur auriculaire ; mais il y a souvent aussi épuisement facile de l’attention, incapacité d'une attention durable (névrose, neurasthéniques). Une sensibilité maladive au bruit peut causer au contraire le spasme des tenseurs, et affaiblir aussitôt l’audition (lettres sonores des mots éteignent les autres). Normalement, à la limite de la perception, c’est par intermittence qu’il arrive quelques sons à l’oreille ; il y a une fatigue après la recherche

de cette sensation ultime, comme à la suite d’une excitation trop forte.

77. De la durée de l’excitation sonore nécessaire à l’audition et appareil pour cette mensuration, av. pl., ( Trib.méd ., 1886, p. 62 ; Soc. Biol. ; in extenso , T. II, Et. d'otol.). Cette mesure est prise au moyen du dispositif suivant :

line lame d’acier, fixée par un bout, oscille horizontalement au-dessus d’un demi-cercle gradué ; son extrémité libre porte un diapason (soit un téléphone, soit une montre) ; en face de cette extrémité, une planchette trouée isole l’oreille du patient, qui s'y applique; on écarte le bout libre portant le diapason, d’une distance marquée sur le cadran ; la lame abandonnée oscille, et passe avec le diapason devant l’oreille du sujet. La durée de ce moment où le son est perçu se calcule d’après les lois de l’oscillation pendulaire; cette lame est en effet un pendule. Si l’on a écarté le bout libre de 10 centimètres à partir du 0, d’équilibre; le diapason parcourt 20 centimètres dans son oscillation ; il passe donc devant l’oreille en 1/80° de seconde. Si l’audition a lieu, on l’écarte davantage dans une seconde épreuve, jusqu’à ce qu’on trouve la limite, le point où l’audition cesse. Ainsi on observe combien de différences offrent les oreilles et les individus à ce point de vue de la durée du son nécessaire, qui devient de plus en plus longue avec des auditions de moins en moins bonnes : c’est donc un procédé de mesure scientifique de la capacité acoustique.

Plus longue a dû être la durée de l’impression sonore, plus faible est la puissance auditive ; l’épreuve peut être faite avec des diapasons de tons différents, avec la montre, etc.

Depuis longtemps l’auteur se servait, dans la clinique de la Salpêtrière, du procédé suivant pour apprécier à ce point de vue du temps la faculté auditive des sourds : un diapason suffit. On le présente vibrant («<2 ,laz,uti ) enface de l’oreille, à quelques centimètres à peine : le sujet déclare le percevoir très net. Aussitôt, le diapason tenu entre les doigts par le talon, est agité horizontalement comme une pendule au-devant de l'oreille ; on débute par oscillations lentes, qu'il est facile de calculer à tant par seconde, puis, on va plus vite ; on fait passer vite le diapason (3,-5 et 6 fois) a la seconde en face le méat. Chez beaucoup de sourds, il suffit d’une vitesse oscilla-

toire de 2, 3 à 4 par seconde pour qu’il y ait inaudition de ce diapason qui, vibrant, immobile, à la même distance, est très bien perçu. La durée de l’impression est trop faible, quand la vitesse du passage atteint un certain degré , et le sujet ne distingue plus rien, ne perçoit plusrien; il n’y a plus de sensation; mais aussitôt que le diapason n’est plus agité et reste fixe vibrant, à la même distance cependant du méat auditif, le son du diapason est de nouveau perçu.

Pour être moins exact que le procédé instrumental, celui-ci est très suffisant dans la pratique, et bien plus simple.

L’affaiblissement du pouvoir auditif se trahit bien nettement ainsi, par la durée du son nécessaire à la sensation, ainsi que la capacité de distinction suivant le temps.

En somme, on a là de véritables mensurations de la fonction acoustique; mais approximatives, partielles, etnon générales. On n'ignore pas, en effet, que les sensations auditives peuvent être étudiées sous d’autres rapports que la quantité, l’intensité, et que les tonalités seules se prêtent à une appréciation numérique : ce qui explique l’importance de l’examen de l’audition tonale, qui ne donne cependant qü’une partie de la solution.

78. Sur l’acuité auditive et la portée de l’ouïe, examinées avec le tube otoscope (Soc. Biol. p. 70,2fév. 1894).

L’auteur montre qu’il se forme, dès l’apposition du diapason sur le tube otoscopique ou à son extrémité (diapason-tube) des nœuds et des ventres de vibrations, dont il faut tenir compte pour expliquer les changements imprévus d’intensité que perçoit l’observateur, suffisants pour causer des erreurs d’appréciation de l’acuité auditive.

79. Des inhibitions auriculaires (27 février 1894, Soc. Biol.) Analyse des effets inhibitoires observés sous l’action des réflexes ab aure lœsâ. L’auteur mentionne l'arrêt ou la suspension brusque ou durable des fonctions les plus importantes de l’économie, et l’inhibition d’une oreille par lésion de l’autre.

80. A propos d’une observation de perte de la sensibilité périphérique limitée au bras, par suite de décubitus prolongé sur le côté le bras pris sous le tronc {Soc. Biol., 20 avril 1889) ; la nuit, le sujet avait totalement perdu la

notion de la direction et de la situation de ce bras, perte de conscience du membre.

81. L’oreille et l’épidémie de grippe actuelle {Médecine moderne, 16 janvier 1890)

L’auléur constale la gravité de ces complications otiques, leur fréquence, celle des lésions bilatérales ; celle des suppurations; celle des fusées au loin; celle des mastoïdites suppurées ; enfin, la multiplicité des lésions ; puis, à la suite, l’état d’épuisement nerveux, de neurasthénie, qui demande un traitement spécial, par les douches froides même les oreilles à peine guéries ou en suppuration. L’épidémie actuelle débute souvent par les lésions auriculaires, par des otorrhagies, et la rapidité extrême de la suppuration. Le traitement doit être actif, et la paracentèse, faite dès le début de la poussée 'otique, a pour effet souvent d’enrayer le mal, et toujours d’en limiter la marche et l'intensité.

82. Des fonctions du limaçon {Congrès de Reims pour l’av. des Sc. 1880, Séance du i 9 août). Exposé des expériences et opinions de l’auteur et la démonstration précise de la dualité de l'acoustiqué; le limaçon représente l’organe sensoriel.

83. Le chemin des ébranlements labyrinthiques dans l’audition {Soc. Biol., 15 octobre 1898). L’auteur montre que c’est par la platine de 1 étrier seule que passent les vibrations aériennes ou solidiennes utiles à l’audition ; son épreuve des pressions centripètes ne laisse aucun doute à ce sujet.

84. De l’écouvillonnage du pharynx rétro-nasal et présentation de l’écouyillon de Gellè. Procédé excellent, instrument très simple que le médecin auriste seul peut manier (avec figures, Soc. d’otol. de Paris),

85. Trois faits de troubles de l’ouïe liés à une névropathie {Annal, mal. or. et lor. 1892, janvier, p. 924). Exposé de faits de clinique otologique où la lésion otique semble prendre une grande valeur étiologique dans les psychoses.

86. De la gravité des lésions auriculaires compatibles avëc l’audition {Trib. méd.). Observations qui montrent les rapports entre la lésion objective parfois énorme de l’organe, et la conservation possible de quelque fonction : on trouve là des oppositions curieuses.

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