ORGANES URINAIRES
l)n diagnostic des lésions des reins dans les affections des Toies urinaires. — Des indications qu’elles fournissent au point de vue du pronostic et du traitement. Th. imug. Paris. i880.
Les lésions des reins dans les affections des voies urinaires peuvent être réduites ii deux types principaux : la nephnteinterstitielle secondaire, avec dilatation des calices et du bassinet et la néphrite aiguë suppurative ou non, celle-ci pouvant se greffer sur la précédente, les deux types correspondant aux deux formes de 1 empoisonnement urineux et aux deux dernières formes de la fièvre urineuse étudiées et décrites par M, le professeur Guyon.
La néphrite interstitielle secondaire, consécutive à la rétention incomplète, a parmi ses symptômes la polyurie : celle-ci a 1“ aneoriginefonctimlîclfe, réflexe, due ilia fréquence desmictions, ÆémeîiffransîtoVe,•2'une<»'i- ^ine crgam</ue, néphrite interstitielle, élément permanent', la première peut disparaître avec le cathétérisme qui su pprime I9 fréquence des mictions. Dans la forme aiguë, on peut constater l’existence d’ahcès glomérulaires; d'autres fois, les altérations paraissent être d’ordre purement congestif, parce que la mort est survenue rapidement, et alors elle est le résultat de lésions viscérales étendues et rapides du côté des méninges,
du périrarde. de la plèvre, du poumon surtout, lésions (pu accompagnent la lésion rénale,
Clie/. les vieillards, il faut tenir compte des altérations rénales primitives qu’on doit rattacher à l’artério-sclérose ainsi que l’a montré depuis longtemps Al. Lancereaux. — Donc, chez les prostatiques les lésions rénales sont de deux ordres, frinniives et secondaires, aussi les complications rénales chez les vieillards et par suite chez les prostatiques, sont-elles plus graves que chez les jeunes, et par suite chez les rétrécis, reins ne sont pas primitivement altérés.
Un grand nombre de taillés (par la taille périnéale) mourant de néphrite, il serait peut-être possible de supprimer cette cause de mort en dont les employant la taille hypogastrique.
De l’intervention chirnvsicalc dans les tuiiieiira de la vessie chez l'homme. — BulieL et Mém. de la Soc. de chir. 1883. Rapp. H. Ch. Monod. - Am. des mal. des org.gén. Mrm.1883, p. 621-661.
Dans ce travail qui a pour base la première extirpation de tumeur de la vessie qui ait été faite dans notre pays, sont examinés pourla première fois les contre-indications, les indications, le meilleur mode opératoire.
1° Les contre-indications sont : a) généralisation de la tumeur dans d’autres parties de l'économie; J) les adhérences de la tumeur avec les organes voisins ; c) l’infiltration diffuse des parois par le néoplasme ; d.) la néphrite supputée et la sclérose rénale secondaire, cette dernière exceptée, quand elle ne parait pas très prononcée.
2° Les indications existent dans tous les autres cas : qu’il s’agisse de tumeurs à marche rapide, ii évolution inquiétante, avec douleurs violentes, hémorrhagies abondantes, ou qu’il s’agisse de tumeurs à symptômes torpides ou peu accusés.
Les douteurs vives, les envies fréquentes d’uriner, les hématuries, la rétention d’urine sonl’des indications opératoires de premier ordre.
L’intervention exige un diagnostic rigoureux qui repose surVétudedes symptômes et en particulier de Yhématurie, si bien faite par M. le professeur Guyon, aar h palpation bimamelle et le cathéchisme explorateur. La palp.ation bimanuelle doit être faite, la vessie vide ; dans quelquescas.
il sera bon de la faire avec un peu de liquide dans la vessie, et on pourra avoir une sensation de M/offcroênt.
Un autre symptôme est tiré de la discordance qui existe entre la quantité d’urine extraite avec la sonde et la quantité qu’on pourrait supposer exister.
Le cathétérisme doit être fait avec précaution et peut fournir des renseignements précieux sur le siège de l'implantation, le volume de la tumeur, sa consistance.
3" L’intervention décidée, on peut se proposer deux buts : ou faire une opération palliative qui tasse cesser les symptômes douloureux ou menaçants ; ou bien faire une cure radicale.
.Même avec l’existence des contre-indications signalées plus haut,, l’opération palliative serait peut-être indiquée par les hématuries et les douleurs
Cette opération palliative est l'analogue de l’anus contre nature dans le cancer du rectum, elle consiste dans l’établissement d'une fistule hypogastrique.
Quelle voie prendre? J usqu’ici on avait paru préférer la voie périnéale, et elle avait (à ce moment) l’appui de sir H. Thompson. Cette voie périnéale n’est ni commode, ni facile, ni sûre.
La voie hypogastrique est la meilleure pour aborder la vessie et faire l’ablation du néoplasme.
La taille hypogastrique pourra être faite en tant qu’incision exploratrice avec plus de profit et moins de danger que la taille périnéale et elle pourra, d’incision exploratrice, être convertie en incision thérapeutique; enfin elle se prête mieux à l’application des procédés antisep-
L’incision est celle de la taille ordinaire, on pourra faire des incisions de décharge en L avec suture du muscle droit, ou en T. Dans un cas résumé en tableau dans « lumeurs de la vessie, par.M, Albarran »,le muscle droit du côté gauche a été complètement incisé et celui du côté droit è
L’ablation de la tumeur peut se faire soit par torsion du pédicule, soit en grattant la base d’implantation. Si la tumeur siège sur la face antérosupérieure, au sommet ou même sur les parties latérales, il vaudrait mieux faire une perte de substance à la vessie.
Cefle perte de substance peut être totale ou partielle: totale, c’est-àdire s’étendre à toutes les couches de la vessie ; partielle, c’est-à-dire n’intéresser que la couche muqueuse et musculaire interne.
La suture est indispensable pour les pertes de substance totales, elle est facultative pour les pertes de substance partielles.
Toute plaie, réunie ou non, contre-indique l’occlusion de la vessie : l’emploi des deux tubes-siphons adossés de MM. Perier et Ouyon paraît réaliser les meilleures conditions pour la sortie facile de Turine, au fur et à mesure qu’elle tombe dans la vessie.
De l’extirpation des tumeurs de la vessie. —BuUet. méd., 16 janvier 188!),
Dans ce mémoire, je défends la résection des parois de la vessie au moyen du bistouri et je propose, avec un fait à l’appui, d’étendre à la région des uretères cette résection que dans mes travaux antérieurs j’avais cru devoir réserver à la région extra-urétérale. On peut se comporter de deux manières différentes à l’égard de l’uretère : ou faire une suture partielle de la perte de substance et drainer le reste avec un drain entouré de gaze antiseptique ou avec de la gaze antiseptique seule ; ou bien, si on peut apercevoir l'extrémité de l’uretère,le saisir et le suturer aux bords de la plaie vésicale, — C’est la première manière que j’avais suivie dans le cas qui a été le point de départ de ce travail.
La résection est moins hémorrhagique que les autres moyens.
Dn traitement chirurgical des tumeurs delà vessie. — Sfédedne moderne, n’3.
Janv.90, page 41.
Deux nouveaux faits qui me permettent de défendre encore la cause de l’exérèse des fumeurs au histouri. Dans ces deux faits, l’hématurie au début de la miction chez un malade, la rétention incomplète chez l’autre ont permis de diagnostiquer une tumeur au voisinage du col.
Fibrome de la vessie chez une femme, extirpé par la taille hypogastrique. — Bull, de la Soc. anaiom., avril 1886.
Observation relatant un cas de tumeur de la vessie, dont la présence
avait été méconnue pendant 4 ans, quoique la malade eût été vue et examinée par de nombreux chirurgiens. Il s’agissait d’une fibrome pédiculé implanté sur la paroi antérieure de la vessie, et donnant lieu à de la rétention mécanique d’urine, et compliqué d’un volumineux calcul fragmenté.
La simple application du ballon de Petersen dans le vagin a suffi et suffit en comprimant l’urèthre, traversé ou non par une sonde, pour maintenir l’urine injectée dans le réservoir urinaire. La guérison a été absolue.
Une indication de la taille hypogastrique. — BaieUe des !iôp., 26 mars 1889.
La taille hypogastrique dans le cas d’hématurie vésicale peut être indiquée, en l’absence de toute lésion appréciable par nos moyens d’investigation, par l’existence seule d’hémorrhagies prolongées et menaçantes.
Dans le cas particulier, il s’agissait d’une ulcération superficielle siégeant entre les deux orifices urétérins.
La suture totale de la vessie a été tentée et a réussi : elle était constituée par une série de sutures en bourse empiétant les unes sur les autres et assurant une fermeture hermétique.
Dans ce cas, le cathétérisme de l’uretère, quoique fait aseptiquement, fut suivi d’une poussée de néphrite aiguë, ce qui doit rendre très réservé dansl’emploi de cemoyen, d’autant que les jBOÿCTscKm'îues de diagnostic sont, dans l’immense majorité des cas, suffisants et qu’il est possible de se passer des moyens mécaniques qui peuvent n’être pas sans danger.
Note anr le traitement des cystites blennorrhagiques suraiguës et aiguës par
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Observations venant s’ajouter aux faits nombreux publiés par M. le prolesseur Guyon ou ses élèves et montrant la nécessité d’un traitement actif dans les cas où on est plutôt disposé aux atermoiements et à la médication dite calmante.
Des cystites blcnttorrhagiques tardives. — In Thèse de Ohampeil, Paris 1887.
L’étiologie des cystites n’est pas facile à établir en l’absence de renseignements immédiats et positifs. Les observations publiées dans celte thèse ont pour but de montrer que des cystites survenant chez des individus d’un certain âge ou déjà vieux peuvent être rattachées à une ouàdes blennorrhagiessurvenues vinglà trente ans et même plus longtemps auparavant. Ces blennorrhagies ont toutes atteint l’urètre profond ou le col de la vessie. L’étude attentive [de la période qui s’est écoulée «ntre la blennorrhaç/ie, accident primitif, et la cystite, accident tardif, prouve la relation qui doit exister entre les deux affections.
Le cadre des cystites essentielles se rétrécit donc de plus en plus.
Des urétrites chroniques biennorrhagiquee. — Progrès médwal, 1890.
La persistance des suintements urétraux, de la goutte militaire et le retour facile des écoulements à l’état aigu ou subaigu sont souvent attribuables à la localisation d’une blennorrhagie antécédente dans l’urètre postérieur. Elles ne se traduisent souvent que par le trouble du premier jet et les filaments dans ce premier jet. La goutte matutinale peut être absente. Aussi faut-il traiter ces malades, tant qu’ils présentent ce phénomène, d'autant que cet écoulement peut être contagieux.
L’urétrite chronique est-elle contagieuse? — Buikt. méd., 189i, p, 527.
L’urétrite chronique est contagieuse, surtout quand elle n’a pas été tioignée.
Quand on pourra confronter les malades susceptibles de se contagionner mutuellement, on pourra avoir souvent la preuve de cette contagion.
Note sur un cas de corps étranger de la vessie extrait avec le redresseur de Collin. — Ann. des mal. des org. ginü.-win., 1881, page 235.
L’extraction des corps étrangers rigides et volumineux (celui-ci mesurait 8 centimètres de long et avait 6 millimètres 1/3 de diamètre) peut être faite sans inconvénient par les voies naturelles et il n’est pas nécessaire de faire courir au patient les dangers (beaucoup diminués aujourd’hui) d’une taille, soit hypogastrique, soit périnéale.
Note sur quelques cas de corps étrangers de la vessie. — Annales des mal. des org. génito-urm., 18(11, page 1.
Une des observations publiées dans ce travail montre que les corps étrangers organisés et en particulier ceux d’origine animale introduits dans la vessie peuvent donner aux urines une odeur telle qu’elle peut donner le change et faire croire à une lésion profonde etgrave de la vessie, lîlle montre en outre que ces corps, malgré leur consistance absolument analogue è celle du réservoir urinaire, et leur longueur (il s'agit d’un corps cylindrique de 30 centimètres de long, verge de porc), peuvent être extraits par les voies naturelles.
En outre, les sondes en caoutchouc rouge arrêtées dans le canal de l’urètre antérieur et postérieur seront plus facilement extraites si on les repousse dans la vessie, que si on essaie de les extraire avec des instruments introduits dansle canal.
Revue critique exposant l’état de la question, à cette époque, comparant les diftérentes variantes de la méthode de liigelow, et montrant dans quelles conditions la lithotritie ne peut être faite rigoureusement «n une séance.
(irilce il la mctiiode de Bigclow, on peut s’allaquer aujourd’hui par la litliotrilie à des calculs volumineux et les guérir en une séance. Celui dont il est question dans ce travail pesait plus de 100 grammes et avait presque le volume d’un œuf de poule.
L’opération dans ces cas a pour limite la force des instruments et pour condition, l’intégrité tout au moins relative du réservoir urinaire. Une vessie inlectée et suppurante a besoin d’être ouverte, nettoyée et même drainée.
Du raclase et de récouviltoiniaiïo de ta vessie. — é'eiMnie mW., ütijuiii 1889,
Dans certaines cystites anciennes, la vessie est le siège de nombreuses arrière-cavités déterminées par les colonnes vésicales; de plus, la muqueuse est revêtue d’un enduit muco-purulent, l’éceptacle et abri des micro-organismes que les lavages seuls sont impuissants ii chasser.
Dans ces conditions, un écouvillonnage faitavecun écouvillon, dontles crins sortent à travers les yeux agrandis et symétriques d une sonde à petite courbure, a pu me rendre service dans quelques cas que je relate et auxquels je pourrais en ajouter quelques autres depuis.
Le rêclage et le broiement ont pu me permettre de débarrasser un vieillard de 76 ans, atteint d’ailleurs d’un calcul et qui avait des hématuries très abondantes, de papillômes nombreux qui étaient la source de ces hémorrhagies; Le calcul fut d’abord broyé et expulsé, puis avec le litbotriteur entr’ouvert, la muqueuse vésicale fut rdclée et après cela, par le rapprochement brusque des deux mors, un certain nombre des papillomes fut mortifié ; ils sortirent dans une séance ultérieure de lavage.
De l’antiseiisie dans le.; lualadics des voies urinaires. — Semaine médicale. 1891, cl ÊnrÿcUpédie seienti/ijue des Aide-mémoire. Ci. Masson, éditeur.
L’antisepsie des voies urinairesdoit être recherchée par tous les moyens possibles; les moyens externes — lavages antisepliqiies— sont assuré-
ment les meilleurs; mais mallieureusemeiit ils sont quelquefois impuissants : tels les cas de rétrécissement et autres.
L’asepsie des instruments ne suffit pas quand on opère dans un milieu septique : il faut aseptiser ce milieu ou tout ou moins neutraliser le poison qui s’y trouve. .\ la suite d’essais nombreux, le salol m’a seul paru réaliser cette condition ; mais il n’agit, que s’il est donné à dose suffisante (4 grammes au minimum) et seulement dans la forme franchement intermittente de la fièvre urineuse : il empêche absolument le retour des accès; de plus il est bien toléré par l’estomac. Les autres effets attribués au salol ne sont pas constants.
Le sang se montrant à la fin de la miction est généralement considéré comme venant de l’urètre profond ou du col de la vessie.
Il peut cependant provenir de \'urhre antémur, chez les individus atteints d’urétrite clionique ou dont l’urètre a été traumatisé.
Ce sang provient de la distension brusque et de la déchirure de l'urètrn par le jet liquide sortant de la vessie : il existe donc des le début de la miction, mais il n’apparatt pas alors, dans l’urine, parce qu’il est en trop petite quantité ; il ne peut apparaître qu’à la fin, au fur et il mesure que le volume du jet et par suite la quantité d’urine mêlée au sang diminue. Il faut connaître ces faits, quand on retrouve l’antécédent hématurie chez des individus qu’on pourrait soupçonner d’être atteints de tuberculose.
Ces faits ont été vus et confirmés un an plus tard par le docteur .lanet.
AtiMles lies maladies des organes génilmix urinaires, 189), page 160.
L’urètre peut être déchiré ou rupturé dans la miction normale par la seule contraction de la vessie, quand on arrête le jet d’urine ; en d’autres termes, la force contractile de la vessie est assez puissante pour donner lieu à une déchirure de l’urètre quand on empôclic l'écoulement de l'u-
rine, surtout et peut-être seulement, si l’urètre est malade (dans le cas d'urétrite clironique). Cette déchirure se traduit par une hémorrhagie qui colore peu l’urine au début de la miction mais qui estformée de sang pur à la fin ; ce fait vient confirmer le mécanisme de l’hématurie terminale ayant son siège dans l'urètre antérieur, tel que je l’ai indiqué plus haut (hématurie terminale de la miclion). La déchirure doit se faire au niveau du cul-de-sac du bulbe.
hes expériences cadavériques m’ont montré que c’est la région bulbeuse et membraneuse qui se déchire quand on distend l’urètre. Elles viennent confirmer les idées émises et les remarques faites par .M. le professeur (iuyon qui professe que, même dans les rétrécissements péniens, l’infiltration d’urine a le plus souvent pour point de départ la région périnéale du canal.
Etude sur les faux urinaires et eu particulier sur les faux urinaires glycoauriqucs, — Congrès frmig. deehir. 1889, p, 229, et Arch. gin. dt Méd. 1890,
A la grande classe des faux urinaires, depuis longtemps étudiés par .\1, le professeur Guyon, il convient d’ajouter les malades ayant des troubles de la miction relevant de la glycosurie ou d un état particulier qui les rapproche des glycosuriques, ou bien relevant de l'hystérie, de la neurasthénie et même des troubles gastriques et en particulier de la dilatation de l'estomac. Ces troubles sont variables : ils consistent en envies fréquentes d’uriner, douleurs pendant la miction et dans l'intervalle, rétention incomplète, etc, ; ils cessent ou diminuent avec la disparition ou l’amélioration des affections qui les déterminent.
Ces faits ont été confirmés par d’autres auteurs, en particulier par le D'Pousson, de Bordeaux,
Epispadias féininin complet, — Observation in Union midicah, 10 oct, 1886,
Atlas des maladie des voies urinaires, — Paris, O, Doin, éditeur, en collaboration avec M, le professeur E, Guyon,