ACTION DU COURANT CONTINU SUR LES ECHANGES
Cette action générale dit courant continu est indépendante des ions transportés. Elle m'a semblé devoir mériter la confirmation expérimentale par voie d'analyse physiologique afin d'essayer de fai re un pas si possible dans l'interprétation de très nombreuses cons "
iatations empiriques.
Il y a une manière de l’étudier: c'est de dresser le bilan énergétique du sujet soumis et non soumis h l'action du courant con-J tinu ( mesure de la chaleur dégagée, analyse des gaz de la respira- f tion, évaluation énergétique des ingest.a et des excréta) voilà prés de huit ans que je m'occupe de cette question à laquelle j'ai peutêtre consacre le plus de temps et j'avoue n'y avoir fait plutôt jus qu'ici qu'un apprentissage, me familiarisant, avec les difficultés que l'on y rencontre cons+ arrent,. J'ai à peu prés interrompu cette étude il y à trois ans après le dépôt d'un pli cacheté à l'Académie des Sciences, mais j'espère la reprendre bientôt. Je serai mieux outillé car je n'avais autrefois qu'un matériel primitif, et aussi i.iieux j exercé sur certains points par quelques recherches faites dans le la boratoire de M. Chauveau. Elles me donnent une certaine confiance en corroborant des observations délicates que j’aval3 faites isolément et sur lesquelles j'avais encore des doutes. J
Du reste la méthode préeédrnte w peut, que renforcer en les précisant les conclusions résultant d'observations cliniques bien fai tes. Elle ne renseignerait pasplus que ces dernières sur le mode | d'action du courant continu sur l'organisme et la question posée res ! te entière.
Il était donc bien plus simple, et c'est, par là que j'ai I commencé, d'étudier l'action de la modalité physique sur un tissu vivant , isolé des connections vasculaires et nerveuses, avant de la | chercher sur un organisme complexe. Il est évident qu’on ne pourra 1 en induire directement avec certitude ce qui se passe dans l'organls] me complexe, mais c'est, en tout cas une action que l'on peut quali- 1 fier d'élémentaire et qu'il m'a semblé des plus intéressantes à connaître .
Je suis parti d'un point établi par M. Tissot: à savoir que l'aotivité vitale du muscle est seulement correllat.ive de son abaorp tion d'oxygène et est indépendante de la quantité d'aoide carbonique’ qu'il dégage. Cela simplifiait beaucoup mes méthodes d'expérimentation.
ACTION DU COURANT CONTINU SUR LA RESPIRATION DU MUSCLE PENDANT SA PERIODE DE SURVIE. ( 45, 47, 57, )
M. Duclaux, daas sa préface du Traité de Microbiologie ne parait pas croire que l'on puisse étudier l'action du courant sur un organisme; les e,ffets observés jusqu'ici ne seraient dus qu'à l'action chimique des acides et des alcalis produits par lecourant, aux ]
pôles
je me suis mis à l'abri de oes critiques e+ je orols avoir réglé avec assez de sûreté la conduite de mes expériences. Je renvoie à mon aé moire déjà très condensé où je donne la conclusion suivante:
"•Le courant continu suraotlve les oxydations dans le muscle en sut " vie après qu'il a cessé d'agir, et cette suractivité semble persister au même degré pendant un temps fort long jusqu'à deux et même « trois Jours pour un courant de 1 à 2 mA passant pendant dix minu » tes. C'est bien le type d'une action diastasique. “
J'ai vu que dans la d'Arsonvalisation il n'y avait pas de, ' différence entre l’absorption d'oxygène par la pat te placée dans le champ et celle d'une patte témoin qui y était soustraite. Il y a d'assez grandes difficultés pour éviter les erreurs expérimentales entr'autres celles des variations de température qu’il faut éviter j avec le plus grand soin. M. D'Arsonval ayant observé des effets sur les échanges respiratoires de l'homme, il faut en oonolure que le mécanisme d'action n'est pas identique a celui du courant continu, qu'il n'y a plus cette action élémentaire en quelque sorte protoplasmique 1 demeurant si longtemps continue après la cessation de l'agent excitant. Rien ne s'oppose à priori à ce que les aotions que je qualifie; rais d'indirectes, se produisant par voie sanguine ou nerveuse, existent seules et pour ce motif et d'autres encore on ne peut créer d'op position entre ces expériences d'un ordre tout différent.
Dans des muscles en survie auxquels on donne quelques contractions, à une augmentation dans l'absorption de 1'oxygène fait sui te rapidement une diminution de cet effet. Si des muscles sont soumis à une action chimique, par exemple, si dans l'atmosphère où respire la patte, il y a production de vapeurs d'ozone ou de vapeurs ni- : treuses, on observe une augmentation dans l'absorption d'oxygène qui signale oette action. Mais elle ne se produit pas longtemps et elle { est. bientôt suivie par rapport au témoin, d'une diminution dans l'ab sorption d'oxygéna au lieu de conserver oette suractivité se poursuis vant si longtemps après l'action du courant oontinu.
En étudiant l'aotion d'autres agents, champs magnétiques, rayons N et en multipliant les expériences ( j'ai consigne plus de 800 lectures d'absorption d'oxygéne pour des musoles soumis aux » rayons N. ) Je trouvai que les résultats étaient très remarquable- : ment identiques à ceux donnés par les pattes témoin.
SUR L'ELECTROLYSE ET LA GALVANOCAUSTIE CHIRURGICALE.
On trouvera dans un rapport déjà très résumé ( 66 ) un expo sé portant à peu prés exclusivement sur ces applications avec lesquel les la pratique m'avait familiarisé.
Je signalerai entr'autres
L'étude de l'élect.rolyse des rétrécissements ( 66 )
Celle des fibro-myomes utérins, celle des tumeurs vasculaires ( 66 )
Je signalerai comme plus particuliérement intéressant le traitement combiné de 1'électxolyse et de l'extirpation chirurgloale We J'ai fait avec M. Th. Weiss et qui depuis a été repris bien des
fois. C'est dans tous les cas difficiles et dangeureux, un procédé de choix. WÊ
J'explique aussi pourquoi on n'a pas d'embolie gazeuse dans l'électrolyse des angiomes malgré que l'on voie souvent des chapelets gazeux dans les vaisseaux efférents.
J'ai fait une étude théorique de l'action du courant dans ses applications de la galvanocaustie.
Je n'admets pas la différence que l'on a voulu faire entre vj l'électrolyse et la galvanocaustie. On fait toujours au voisinage d'électrodes métalliques des actions électrolltyques, car sans elles, le courant ne passerait pas. Les actions polaires résultent au vois! nage des électrodes métalliques de la diffusion et du transport élec- ; trolytique, des produits secondaires.
Les actions interpolaires existent dans tout le trajet au sein même des tissus. C'est ce phénomène d'électrolyse interstitielle que M. G. Weiss a mis en évidence par des expériences tréa nettes.
Cette action est h non avis capitale et bien des déductions sont enco re à en tirer. J'en ai fourni une explication en rapport avec la t.héo rie de la migration des ions. J'ai aussi fait remarquer qu'il pou- 1 vait se former des combinaisons variées aux surfaces de séparation de milieux de composition chimique différente, même si leur oonductibili té est analogue.
J'ai expliqué me basant sur des observations histologiques | qu'il n'y a pas de différences fondamentales h établir, malgré les apparences, entre l'action du pôle positif et celle du pôle négatif dans la galvanocaustie chirurgicale, et que l'on pouvait obtenir les mêmes actions définitives par l'un ou l'autre pôle.
Le tissu, quelque soit- son mode d'irritation, réagit indé pendaisment de la nature du caustique (Acide ou Base) Les altérations sont les mêmes, mais plus intenses et plus ciroonsorites, au pôle po aitif qu'au pôle négatif parce que sous l'influence du courant la dif fusion des produits secondaires se fait plus vite au pôle négatif qu'au pôle positif. On peut dono se demander si en variant les oondi : tions de la galvanocaustie on ne peut produire avec l'un ou l'autre pôle des cicatrioes d'aspect absolument identique. Je suis certain J d’être arrivé en pratique k ce résultat. Ceci n'infirme reste en : rien les conclusions de Ciniselli et Tripier qui ont examiné les cicatrices suivant des galvanocausties négatives et positives produites dans les mêmes conditions d'Blectrolyse et en ont connu que la oica ' ! trioe suivant l'escharre positive était dure, celle suivant l'esohar re négative, molle.
J'en dirai autant de l'opinion de M. Brocq, partisan de 1 l'éleotrolyse négativeet on conçoit que l'on s'y rallie, car il y a i autre chose h considérer que l'action définitive que l'on peut produi re. Il faut se préoccuper en particulier de la facilité avec laquel le on fera l'application.
L'électrode négative n'adhérant pas au tissu sera plus com mode et les changements d'aspect immédiats au tour de l'aiguille sont Plus faciles à suivre que ceux donnés par l'aiguille positive.
(le que j'ai voulu établir, «c'est qu'il lyexistait pas de différence capitale, au point de vue' a résult,at entre l’aiguille I
positive et X’aiguille négative, k part l 1 adhérence k l'escharre. I Il en est de même des propriétés hémostatiques. Il suffit que l'es- I
oharre formée autour de l'aiguille soit suffisante, pour avoir une hémostase aussi bonne au pôle négatif qu'au pôle positif. On n'a pour s'en assurer qu'k varier les conditions d'électrolyse; par exem pie si l'on fait de 1'électrolyse bipolaire et que l'aiguille néga tive soit plus petite que la positive, l'hémostase sera plus facile ment obtenue au pôle- négatif qu'au pôle positif.
On est, assuré de l'hémostase quand il se produit au cours d'une électrolyse bipolaire des varlationsbrusques dans l'intensité du courant, ce que l'on observe par les oscillations de l'aiguille f du galvanomètre. J'ai donné en 1900 l'explioation dxi fait; il lndi que qu'alors, l'escharre étant complète l'hémostase est absolue si, en retirant 1'aiguille on n'arrache pas cette escharre.
j'ai pourquoi il convient dans les applications -J
ordinaires de^courant continu d'employer des électrodes ayant une ré siatance de même ordre que celle de la peau. On détermine d'autant moins d'effets sensitifs qu'il se produit moins d'électrolyse inters ticlelle.
Pour que la peau ne soitpas altérée dans une application de courant continu, il suffit de placer du feutre, de l'amadou, ou '
coton imbibé de liquide sous les électrodes métalliques. Le feutre ■ doit avoir une épaisseur telle que le courant ne puisse, pendant la durée de l’application, diffuser le caustique juscu'k la peau. On peut donc aborder, les conditions expérimentales étant fixées, ce pro blême résolu pratiquement depuis longtemps par les èlectro-thérapeu-