LIVRE II
que la valeur des vignobles (y prospérant avec plus de facilité) baissera. Déjà Caton (De re rustica) présentait l’ordre suivant pour le rendement du sol : terres à vigne, jardins arrosés, jardins plantés d’olives, prairies, champs, forêts, etc.
6° La rente des terres labourables elles-mêmes accuse en chaque pays de grandes différences par la raison que le cultivateur a dans leur exploitation une marge telle qu’il est capable de tirer encore quelque avantage de parcelles même très-éloignées et peu productives, tandis que dans des conditions opposées il aura recours à un mode d’exploitation énergique lui promettant de hauts revenus.
La valeur d’échange et le prix moyen des fonds de terre se déterminent d’après la rente foncière et le taux usuel de l’intérêt. En effet, quiconque veut placer une somme d’une manière avantageuse peut opter notamment entre le prêt à intérêt et l’achat de terres, et ses préférences seront pour le placement qui lui promettra les plus fortes recettes. A supposer, par ex. que les intérêts usuels fûssent sur le pied de 1/16, c’est-à-dire de 6 2/3 %, tandis que le prix des fonds de terre comporterait 20 fois la rente foncière, de manière que la somme employée à leur acquisition ne rapportât que 5 %, il serait plus avantageux de faire des prêts ; plus de capitaux seraient consacrés à cet usage qu’à l’achat de terres; le prix de ces terres, peu demandées, fléchirait et l’offre réitérée ferait tomber aussi le taux de l’intérêt jusqu’à ce que les deux modes d’emploi de la fortune présentassent à peu près les mêmes avantages. On verrait le même fait se produire de la façon inverse si les fonds de terre étaient assez bon marché pour qu’on pût avec la même somme d’argent se procurer plus de rente foncière que d’intérêts. Une baisse du taux de l’intérêt a donc pour effet de faire monter le prix des terres et vice versa, jusqu’à ce que la rente du sol soit approximativement dans la même proportion vis-à-vis de la somme d’achat que l’intérêt vis-à-vis
du capital avancé. Il n’y a toutefois pas à attendre une concordance exacte, qui fera défaut pour trois raisons : 1° la propriété foncière, qui présente une securité plus grande, sera toujours demandée davantage et sera, comparativement au taux de 1 interet, payee quelque peu plus cher; 2° diverses parcelles de terrain sont d’habitude vivement recherchées par des travailleurs des champs qui prisent grandement la terre pour les travaux dont elle leur fournira 1 occasion et pour les moyens d’alimentation qu elle leur permet d’en tirer ; 3° les divers cas de transaction offrent aussi fréquemment des circonstances parti culières, telles que par ex. des rapports personnels entre acheteurs et vendeurs qui élevent ou qui
abaissent les prix. , . ,, .. ,
* La rente de tout mode spécial d utilisation du sol aussi bien que de la surface entière est nécessairement très-inégale dans chaque pays , voire dans chaque rayon restreint du pays. Là où certains produits du sol ont le prix le plus élevé, les terres consacrées à leur obtention peuvent aussi rapporter la rente la plus haute, mais le montant moyen de la rente foncière de tout un district sera plus bas dans la mesure où il s’y rencontre aussi des terrains de moindre bonté ou situés à une plus grande distance, etc. Envisagée d’ensemble, la rente foncière doit s’élever avec la population et le bien-etre d un pays, quand la demande accrue de produits du sol oblige a faire face à l’excédant des besoins avec des frais de plus en plus considérables et à faire appel à des envois à grande distance; toutefois les progrès mentionnés plus haut dans les procédés de production et de transport n’interrompent pas rarement.la hausse suivie des prix des produits du sol et ont seulement cet effet que la rente des terres moins productives et plus éloignées est moins distancée qu’auparavant par le rendement des terres meilleures et plus voisines. Les variations dans les prix des substances brutes, par suite de la succession de bonnes, moyennes