LIVRE IL
des propriétaires du sol et du capital, des salariés et des entrepreneurs. N’a-t-on pas égard à la grandeur des revenus, exprimée en prix d’argent, mais à la façon dont toute la production de biens se répartit entre eux, on constate ce qui suit :
1° La rente du sol s’accroît sensiblement, par la raison qu’un accroissement de produits agricoles entraîne des frais de production plus élevés, et que par là s’augmentent les avantages que procure l’utilisation des fonds de terre plus féconds, plus voisins, etc.
2° Le salaire monte également, à cause tout au moins déjà du renchérissement des vivres; mais grâce à des circonstances favorables, il pourrait même monter au point de procurer aux travailleurs une jouissance de biens plus abondante.
3° Si maintenant une plus grande partie de toute la production de biens écheoit à ces deux branches du revenu, les possesseurs de l’avoir mobilier et les entrepreneurs devront se contenter d’une part moindre. Ces derniers ne sauraient élever le prix de vente de leurs produits dans la mesure exactement où se seront accrus leurs débours en rente foncière et en salaires, attendu que le revenu national ne suffit pas à leur procurer encore le même profit. Toutefois cet amoindrissement du profit industriel a encore une fois sa limite, qu’élève dans chaque industrie, à l occasion des entreprises du genre le plus modeste encore exigé, la nécessité pour ce profit de l’emporter tout au moins sur le revenu des ouvriers salariés. Si par suite d’un notable accroissement de la population, le salaire ne devait plus monter et devait même descendre, assurément l’affaiblissement du taux de l’intérêt et du profit ne serait pas aussi fortement marqué. En terminant ce sujet, rendons à Ricardo le témoignage qu’il est le premier à avoir entrepris de montrer que la difficulté croissante dans la production des substances alimentaires fait baisser le taux du profit. Nous disons le taux du profit, afin d’éveil-
DISTRIBUTION DES RICHESSES. oO/
1er l’idée d’un rapport et de prévenir la confusion du taux du profit industriel avec le montant absolu de celui-ci.