‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 125 sur 305 · flor · texte numérisé non relu

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Le produit net du travail agricole en France était évalué à 2,455 millions de francs par Arthur Young, à 1,200 millions par Lavoisier (1790), à 1,626 millions par une Commission (1815), à 1,344 millions par Chaptal (1818), à 2,300 millions par Lullinde Châteauvieux (1830), à 1,900 millions par Charles Dupin (1831).

Avec la seconde manière de calculer, signalée plus haut et qui éclaire davantage sur le rapport existant entre les divers groupes sociaux, on additionne le revenu net de toutes celles des classes populaires qui coopèrent par leur travail ou leur fortune (qu’elles l’emploient elles-mêmes ou l’abandonnent à d’autres pour que ceux-ci s’en servent) à l’obtention du produit brut et qui par conséquent y prennent part. La somme à laquelle on arrive de la sorte doit donner également le revenu net du peuple, parce que ce revenu va tout d’abord à ces classes. Les autres classes reçoivent leur revenu de celles-ci en échange de diverses prestations; aussi leur part ne peut-elle plus être mentionnée spécialement. Si par ex. un riche propriétaire foncier débourse annuellement 1,000 fr. pour divers services personnels et que là-dessus il reste à ceux qui les rendent un revenu net de 200 fr., ces 200 fr. sont déjà compris dans la rente foncière du propriétaire et ne peuvent pas, dans le calcul du revenu national net, faire l’objet d’un chef distinct. Que si le propriétaire foncier se procure moyennant 1,000 fr. pour ses courses

une voiture dont le fabricant réalise également 200 fr. de bénéfice net, on est en présence de deux masses de biens nouvelles, formées l’une par les produits du sol qui composent la rente foncière et l’autre par le véhicule. Ces deux produits doivent d’après leur prix être cotés à 2,000 fr., et comme il n’y a à retrancher que 800 fr. de frais de production (au sujet de la voiture), il reste l,200fr. de revenu net.

Quoi qu’il en soit, il y a donc pour notre calcul à faire état : 1° du revenu net de tous les entrepreneurs et salariés adonnés aux branches du travail substantiel et de l’activité commerciale, de cette activité qui, bien que médiatement, concourt d’une manière très-effective à la production et trouve sa rémunération dans les fruits de celle-ci ; 2° de la rente du sol; 3° du revenu net contenu dans la rente du capital. Mais pour ce 3e chef, il ne peut être question que de la rente des véritables capitaux employés dans des entreprises productives, et non de tout le revenu des capitalistes, car la rente d’approvisionnements d’usage prêtés ou loués doit être prise sur l’une ou l’autre des branches de revenu sus-énoncées ; c’est ainsi que les intérêts des dettes hypothécaires sont pris presque intégralement sur la rente du sol ou de propriétés bâties et les arrérages des emprunts d’État sur toutes les parties du revenu national net, et ce serait verser dans l’error dupli que de vouloir faire entrer l’un et l’autre dans le compte d’une manière distincte.

Des calculs comme ceux que nous visons en ce moment ont été poursuivis, notamment pour la Grande-Bretagne et l’Irlande, par Lowe, qui indiquait 255 millions de livres st. se réduisant à 251 millions après déduction des 4 millions dépensés à l’étranger. Cependant tout n’est pas que revenus nets dans son compte; exemple : 80 millions de salaire dans l’Irlande. De plus récentes recherches pour la France, organisées par Moreau de Jonnés et applicables à l’année 1836, fixent, sans offrir cependant

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