‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 131 sur 305 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

pas mieux que d’en obtenir la valeur en argent, sûr qu’ils sont de pouvoir acquérir avec cet argent tou ce qui est dans le commerce.

L’introduction de l’argent facilite donc singulière ment la circulation des biens; ce n’est qu’à partir d< cette introduction que commencent les rapports actifs, et il n’y a guère que des peuples incultes et misé râbles qui puissent se passer de monnaie.

La nature de la monnaie conduit aux conclusions suivantes, qui sont légitimées par l’expérience i° La monnaie demeure constamment dans la cir culation, sans se prêter jamais à des usages qu l’asservissent immédiatement à des Ans humaines, e c’est par là qu’elle se distingue de tous les autre biens en circulation, c’est-à-dire des marchandise; qui tôt ou tard parviennent entre les mains de possesseurs résolus à s’en servir.

Cependant la matière de la monnaie est elle-mêrm une marchandise, et le métal monnayé rentre dan la catégorie des marchandises dès qu’il est envoyé ou seulement destiné à la refonte : en un mot, ui changement de destination fait perdre à la monnaie son caractère et sa qualité.

2° En acceptant de l’argent contre une prestatioi quelconque, on a égard, non pas autant aux qualité, de la matière dont se compose l’argent qu’à la valeui de cet argent comparativement à d’autres biens, cai on ne le considère, en définitif, que comme un moyer d’acquérir.

3° L’introduction de la monnaie fait disparaître d< plus en plus les échanges de marchandises les une, contre les autres, et fait succéder dans la plupar des cas à un troc unique deux opérations séparée! qui, dans le but de nous procurer, à l’aide d’un hier déterminé, un bien que nous sollicitons, consisten à vendre tout d’abord celui-là contre de l’argent pour acheter ensuite celui-ci moyennant la monnaie ainsi obtenue.

La première introduction de la monnaie ne fui

DISTRIBUTION DËS RICHESSES.

'œuvre ni des dispositions impératives d’un gouverîement, ni d’une convention formelle parmi les îommes, car il semble impossible d’admettre qu’on lit possédé la notion de l’argent et connu ses avan- ,ages avant les données fournies par la pratique.

Nous devons donc supposer qu’une marchandise Généralement estimée et recherchée aura de plus en 3 lus fréquemment été admise dans les échanges par les personnes qui n’entendaient pas du tout en faire isage ; que de cette façon elle aura insensiblement icquis la nature de monnaie et fait apprécier, à la ongue, les services qu’en cette qualité elle pouvait rendre.

L’objet employé comme argent devait avoir une valeur généralement reconnue, et devait etre donné aussi bien que reçu pour le prix qui lui était attribué au marché en qualité de marchandise, afin que ceux auxquels on l’offrait comme une contre-valeur trouvassent déjà en lui-même une compensation suffisante à leur propre prestation et n’eussent aucune perte à redouter, même pour le cas où d’autres ne consentiraient pas immédiatement à recevoir cet argent.

* A ses débuts, l’argent obtint en meme temps la qualité d’un mesureur général des prix ( Preismaass , Vermœgensmesser) , c’est-à-dire d’un bien dont les quantités servirent à exprimer la valeur de tous les autres biens, de toutes les autres prestations. C’est en ce sens, déjà, que Galliani, le tout jeune et cependant si perspicace auteur du traité Délia monetct , distinguait entre la moneta reale et la moneta ideale kuna commune misura per conoscere il prezzo tl'ogni cosa ). C’est aussi en vertu de cet attribut que le comte de Soden applique à l’argent le nom de Ktemometer, qu’il serait peut-être plus exact de remplacer par celui de Ktematometer. .

A l’aide d’une pareille mesure, il devient bien plus facile de conserver en mémoire bon nombre de relations de prix et de les rapprocher entre elles, que s il

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