EFFETS DU CRÉDIT EN GÉNÉRAL
Le crédit est, en général, la confiance que nou; inspirons à d’autres, en ce qui concerne l’exécutior de nos engagements pécuniaires. Grâce au crédit nous sommes mis à même de nous procurer dans b commerce des biens et des services dont il ne noui faut pas aussitôt fournir la contre-valeur, etceteffe se produit non seulement dans les emprunts véritables que nous réalisons, mais encore à l’occasior de divers autres contrats, tels que ventes avec terni* pour le paiement du prix d’achat, locations, etc. etc. Les raisons pour lesquelles tel individu confie I tel autre une certaine quantité de biens et pour lesquelles ce dernier met à profit cette confiance son de nature variée et doivent être cherchées le plut souvent dans l’intérêt des deux parties. La base du crédit est dans cette conviction du créancier qu’il recevra satisfaction dans les termes de la convention intervenue. C’est pourquoi il faut que le débiteur ait non-seulement l’intention, mais soit aussi capable de remplir ses obligations ; que par conséquent, sous le premier rapport, ses qualités morales, et, sous le
second, sa situation de fortune et son genre d’inlustrie n’éveillent aucune inquiétude (1).
Le crédit des individus est en conséquence nécessairement fort inégal ; sur la surface d’un pays tout entier, il sera d’autant plus considérable que la oyauté courante, les habitudes économiques etl’adninistration de la justice offriront, en général, aux créanciers une plus grande sécurité.
Des auteurs déjà un peu anciens ont conçu des effets du crédit sur l’état économique d’un peuple me opinion exagérée, parce qu’absorbés dans la contemplation du ménage de certains particuliers )u de certaines classes de la société, ils ont perdu le vue les éléments et les conditions du revenu naional en bloc. Le crédit n’est pas une source de >iens. Bien qu’il procure à des particuliers le manienent des fonds d’autrui, qui leur sont nécessaires jour les entreprises qu’ils méditent, il ne saurait ependant pas augmenter la masse des capitaux de put un pays, à moins que par des emprunts à 'étranger ou par la substitution de monnaie de papier ■ ? de l’argent métallique ainsi rendu disponible, /effet du crédit se caractérise donc principalement ar la vivification de la circulation des biens et en articulier par la transmission plus facile et plus ouvent renouvelée des capitaux existants.
Les appréciations exagérées du crédit étant îême mises de côté, l’effet, que nous signalions ne lisse pas que de présenter de grands avantages. En ffet, il en résulte l'emploi le plus fécond possible de la
(1) L’essence du crédit consiste en ce qu’au lieu de -clamer de l’obligé un paiement actuel, on se contente e la probabilité d’un paiement futur. Quand cette exectative repose sur la personnalité du débiteur, le crédit 4 dit personnel. Un crédit fondé seulement sur la forme de l’emprunteur comporte des garanties pour le •éancier, sous forme de nantissements: c’est là le crédit tel.
fortune mobilière en ce que celle-ci parvient, grâc au crédit, entre les mains précisément de ceux qu ont le plus d’aptitude et de penchant à gérer de industries productives. Cette aptitude et ce goû font souvent défaut aux capitalistes et aux propriétaires eux-mêmes ; leurs épargnes demeureraient, ei conséquence, en partie improductives, ou seraien consommées ou s’engloutiraient dans des tentative: malheureuses si le crédit ne les faisait dériver ver: des hommes aussi éclairés qu’entreprenants et actifs
Et de même les capitaux se retirent des destinations moins lucratives pour se porter sur celles qu le sont davantage.
Ajoutons que la facilité de pouvoir, à tout momen et sans péril, faire le placement de ses économies quelque considérables ou quelque minimes qu’elle: soient , est un des plus puissants stimulants : l’épargne, et remarquons enfin que l’assistance di crédit permet de faire face à la circulation des bien; de tout un pays avec une quantité sensiblemen réduite de monnaies. Ces trois résultats expliquen suffisamment comment le crédit, tout en ne créait pas à lui seul des capitaux, peut cependant médiate ment concourir à l’agrandissement du capital dan un pays.
D’après ce qui précède, l’utilité économique di crédit est limitée à cette portion de la fortune mobi lière, que les propriétaires ne peuvent employer eux mêmes d’une façon productive ou bien ne peuvent oj ne veulent employer d’une façon aussi avantageus que d’autres. Une extension du crédit au-delà de sé bornes naturelles ne saurait avoir que des consé: quences pernicieuses, et ce serait par ex. abuser di crédit que de savoir se procurer des capitaux étran gers, sans mériter la confiance qu’on inspire et ei soustrayant ces capitaux à des usages meilleurs. Qui si le crédit peut élargir aussi la consommation improductive, c’est là un effet d’une utilité moindre lequel cependant, il faut bien le reconnaître, ne si
produit pas souvent, puisque la plupart des emprunts visent, grâce à la vigilance des prêteurs et à la volonté des emprunteurs, un but de production. Les nombreuses dettes hypothécaires des propriétaires fonciers semblent, sans doute, faire une exception à cette règle, en ce que les sommes prêtées sont loin d’être toujours employées à l’amélioration des terrains ; cependant il ne faudrait pas méconnaître qu’une grande partie de ces dettes provient originairement de partages héréditaires entre frères et sœurs et autres héritiers d’un précédent propriétaire dont le successeur indemnise ses co-ayants droit avec des sommes d’argent qu’il emprunte, mais dont les destinataires font généralement un emploi utile.