LIVRE II
curer sur le marché extérieur, moyennant 850 oi 800 fr., ou même moins, un lingot d’argent dont or venait demander à l’Hôtel des Monnaies de Paris la conversion en 1,000 fr. de pièces de 5fr., sans que la remise aux déposants de bons de monnaie reculant la délivrance des monnaies le plus possible, mitigeai suffisamment le tort fait à la valeur effective de notre approvisionnement métallique et à l’Etat lui-même, éventuellement tenu de rembourser à sa valeur normale la monnaie discréditée. Aussi des conférences monétaires tenues à Paris en 1874, 1875 et 1876, sous la présidence deM. Esquiroude Parieu, l’auteur bien connu du Traité des Impôts, vinrent-elles renfermer dans des limites très-étroites la frappe des pièces de 5 fr. elles-mêmes, dont l’émission n’avait encore été aucunement contrariée jusqu’ici, et la fixer au maximum de 120 millions de francs pour tous les Etats contractants. Et comme si on ne pouvait trop restreindre la circulation de l’argent, la Suisse a donne l’exemple d’une abstention complète quant à l’émission de pièces de 5 fr. Le gouvernement belge, de! son côté, s’était fait investir en 1873, par une loi prorogée depuis, de la fabrication de la monnaie, qui a été indéfiniment suspendue en 1877. Une loi du 5 août 1876, prorogée au commencement de 1878 jusqu’à la fin de mars 1879, n’est-elle pas venue à son tour décider chez nous que la fabrication des pièces de 5 fr. en argent, pour le compte des particuliers, pourrait être limitée ou suspendue par décret sans que celte fabrication ait été même reprise en fait depuis 1876?
Aux actes diplomatiques précités, il convient d’ailleurs d’ajouter la dernière convention monétaire, délibérée à Paris au cours de l’Exposition, sous la présidence du ministre des finances, M. Léon Say, et qui, signée le 5 novembre 1878, arrêta :
Art. 1er. — Les gouvernements de Belgique, de France, deGrèceetde Suisse s’engagent, pour l’année 1879, à ne pas fabriquer et à ne pas laisser fabriquer! des pièces d’argent de 5 francs.
Art. 2. — Le gouvernement italien est exceptionnellement autorisé à faire fabriquer, pendant l’année L879, une somme de 20 millions de francs en pièces l’argent de 5 francs.
Art. 3. — Les cinq gouvernements contractants s'engagent à ne pas délivrer de bons de monnaie l’argent pendant l’année 1879.
Art. 4. — La présente déclaration, exécutoire à )artir du 1er janvier 1879, sera ratifiée et les ratificaions en seront échangées aussitôt que faire se pourra. En foi de quoi, etc.
On le voit, insensiblement l’étalon unique et spécialement l’étalon en or, cet étalon pour lequel ont voté mesqueàrunanimitélesmembresd’uneconférenceinernationale monétaire ouverte à Paris en 1867, s’imdante dans la plupart des pays d’Europe. C’est un heu- •eux présage pour la réalisation finale de l’unité moîétaire, qui exigerait cependant, pour être une vérité complète, l’emploi en tous lieux de la même espèce de nonnaie et l’adoption uniforme d’un même mode de computation, tel que le système décimal, alors qu’à 'heure actuelle, rien que chez les Anglais et chez les Jlemands c’est encore le système duodécimal qui 'emporte. L’unification monétaire marquera la derdère étape des divers changements d’état, traversés >ar la monnaie qui a commencé par être féodale pour evenir nationale ensuite, et qui sur le point d’être ontinentale, en ce qui concerne l’Europe, s’apprête éjà au rôle de monnaie universelle. Ce mouvement es esprits aura été singulièrement favorisé par la >ropagation des doctrines économiques, parla liberté ommerciale, parles voies de fer, par les expositions niverselles; mais d’où qu’il parte et où qu’il s’aliaente, jamais on ne louera trop haut les avantages en retirer, surtout par la suite, pour les relatons commerciales, pour le calcul et la tenue des omptes, pour les changes, pour la comparaison plus acile des prix, pour les voyageurs délivrés de foule 'embarras et d’ennuis, pour les études de la jeunesse, >our les travaux de tous.