‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 151 sur 305 · DES BANQUES DE DÉPÔT · texte numérisé non relu

DES BANQUES DE DÉPÔT

On entend par banques de dépôt Hinterlegungs- Depositen-Giro-ou Umschreibebanken) des établissements commerciaux chez lesquels des sommes d’argent métallique sont déposées en lieu sûr par plusieurs participants, afin d’obvier aux paiements effectifs que ceux-ci pourraient avoir à opérer entre eux, à l’aide de simples écritures à passer dans des livres de compte. Le montant de la mise de chaque participant est, dans ces registres, porté à son crédit ; s’il a un paiement à effectuer, il charge tout simplement la banque de défalquer cette somme, c’est-à-dire de

la porter à son débit, et par contre, de la porter au crédit de la personne à qui il la destine. L ordre qu’on intime à la banque est donné par un écrit que le mandant remet en personne ou qu’il fait remettre par un tiers chargé d’un pouvoir spécial. Si 1 ordre dépasse le crédit, celui de qui il émané doit fouinir la différence, ainsi qu’une légère amende. Quand on n’est pas encore participant, on le devient soit par le versement d’une somme, soit en faisant transcriie sous son nom l’avoir ou partie de l’avoir d’un autre individu qu’on devra indemniser.

* Les avantages que procurent de pareilles banques consistent principalement à éviter aux intéressés : 4° les inconvénients de paiements répétés de sommes importantes, qu’il faudrait compter et empaqueter; 2° les frais et les périls du transport; 3° le frai, la détérioration et la perte des pièces de monnaie. Les espèces déposées sont à l’abri de tout changement et les sommes qu’elles expriment ont par conséquent une valeur métallique uniforme, tandis que les espèces en circulation sont variables et que souvent aussi l’une d’elles se trouve évincée par une autre. C’est surtout dans les petits Etats commerciaux, vers lesquels affluent en quantités notables des espèces monnayées étrangères, que l’avantage des dépôts se manifeste d’une façon bien sensible. Quand de pareils changements se produisent, la monnaie qui sert de base aux comptes de la banque doit gagner un agio ( Aufgeld ) contre les espèces en circulation, qui ont un contenu moindre.

C’est ainsi qu’à Venise les nouvelles monnaies en circulation ( moneta piccola corrente depuis 1750) rapportaient 54 p. 100 d’agio à l’encontre de la monnaie banquière, tandis que les monnaies plus anciennes avaient rapporté 20 p. 100; à Amsterdam, l’agio était d’environ 4 p. 100, et on a vu la monnaie courante de Hambourg comporter environ 23 p. 100 d’agio contre le Banco.

L’action des banques de dépôt, avec les avantages

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