LIVRE II
qui y sont inhérents, ne s’étend guère au-delà du rayon d’une ville déterminée, tant à cause des formalites qui se rattachent aux ordres des participants que parce que aussi la participation n’offre d’utilité que pour les paiements à faire au siège de ces banques. Les établissements en question ne paient pas d intérêts des sommes qu’on leur confie , vu qu’ils ne se livrent à aucune sorte de spéculation, et cela n’est d’ailleurs pas nécessaire, car ces sommes demeurent à la disposition des déposants et peuvent etre employées à leurs entreprises tout aussi bien que si elles se trouvaient entre les mains de chacun d eux. Les participants ne laissent dormir dans les caisses de la banque que les sommes en dehors desquelles ils ont encore suffisamment d’argent à leur disposition pour faire face aux paiements qui se présentent.
/. Pour qu’une banque de dépôt atteigne à la plus grande pureté et perfection possibles, elle doit remplir les conditions suivantes : 4° il faut que les sommes déposées, au lieu d’être employées à des spéculations, continuent à rester en caisse, à l’état de réserve, puisqu’autrement l’avoir, qui figurerait dans les registres de la banque, ne jouirait pas d’une sécurité complète, et que son titulaire aurait à compter désormais avec la prudence et la réussite de l’administration; 2° quiconque figure par son nom au crédit de la banque, pour des sommes quelconques, doit, contrairement à ce qui s’est longtemps passé à la banque vénitienne, pouvoir les retirer à sa guise, attendu que sans cette faculté, l’actif serait, à regarder de près, chose véritablement imaginaire ; — 3° la banque doit, dans ses comptes, se servir d’un mesureur de prix indépendant de la fabrication des espèces monétaires, n’estimant les versements qu’elle reçoit, aussi bien que les remboursements qu’elle opère, que d’après leur contenu métallique, et prenant en conséquence pour base de ses calculs un argent qui n’est pas une monnaie déterminée, mais
seulement une certaine masse métallique. Cette fixité de l’argent de compte, employé par la banque, offre au commerce des avantages tels qu’on s’en sert dans un rayon étendu et que des affaires affluent en nombre de plus en plus considérable vers le siège de cet établissement. Nous pouvons citer ici l’exemple relatif à la banque de Hambourg, qui comptait le thaler de banque à 528217 as hollandais de fin argent (ou 92084 thalers par marc de Cologne), parce que c’était là la moyenne entre le contenu primitif de l’ancien speciesthaler (540 as) et le thaler sensiblement plus léger , qui avait été fabriqué sous Charles VI (516 as). Le Danemarck et la Suède fabriquaient de ces thalers, tandis qu’on n’en fabriquait pas dans la ville même de Hambourg.
Toutes les banques de cette espèce, bien propres à désillusionner ceux qui ont salué dans l’avénement et le fonctionnement du check un concept et un instrument tout nouveaux, ont terminé leur carrière, et il n’y a, à notre connaissance, que celle de Hambourg qui leur ait survécu. Néanmoins on a dans les derniers temps su réaliser avec une sécurité qui n’est sans doute pas tout-à-fait absolue les avantages qu’elles avaient procurés, sans recourir à l’immobilisation d’une si grande réserve d’or et d’argent, et cela, à l’aide de maisons de banque particulières ou d’établissements financiers à émission, qui opéraient en même temps des virements entre les personnes avec lesquelles iis se trouvaient en rapport. Et en effet, ces virements peuvent facilement avoir lieu sans qu’il faille, à cet effet, une organisation toute spéciale. A supposer, par exemple, qu’il existe au profit de Z , aussi bien qu’au profit de X, un crédit à la maison de banque A, et que Z ait à faire un paiement à X, rien n’est plus simple pour la maison A , chargée par if défaire ce paiement, que de porter provisoirement cette somme au crédit de X .