‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 164 sur 305 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

être divisés en deux classes. Ceux qui sont capables de circuler aussi facilement que l’argent monnayé et de le remplacer sont de la monnaie de papier (Papiergeld, paper-money) ; lesautres, auxquels manque l’aptitude de rendre les services de l’argent, et qui, par conséquent, sont ordinairement, de même que les marchandises, acquis ou vendus moyennant de l’argent, peuvent être désignés sous le nom de billets-promesses ( Verschreïbungen, Effecte, Werth papier e).

La différence théorique aussi bien que pratique des deux sortes de papiers de crédit repose sur les circonstances suivantes :

1° Le papier-monnaie peut sans difficulté ni formalité être transmis par chaque possesseur à d’autres personnes, en ce qu’il est libellé, ainsi qu’on dit, « au porteur », tandis que les billets, les actions, les obligations privées et beaucoup d’obligations de l’État dénomment généralement un créancier déterminé et ne peuvent passer à un autre propriétaire sans une cessiçn écrite, ou même, comme pour ces obligations de l’État, sans une transcription dans les registres détenus par une autorité publique. Cette disposition, qui sans doute n’existe plus pour une partie des plus récentes obligations de l’État, s’oppose déjà à la facile circulation de ces titres à employer comme monnaie.

2° La monnaie de papier est tantôt émise par une personne dont la notoriété est si grande et qui jouit d’une telle confiance qu’on ne refuse pas de reconnaître à ses obligations la valeur de monnaie ; tantôt aussi elle est elle-même proclamée telle en vertu d’une loi.

Dans les billets-promesses, tantôt c’est la personnalité et la situation des émettants (débiteurs) qui sont inégales, tantôt ce sont au moins les conditions et les garanties offertes ; il se présente donc, parmi les billets-promesses existant dans un pays à une certaine époque, de nombreuses différences, et l’on

ne peut en aucune manière supposer d’une façon o'énérale que celui qui a à réclamer une somme d’argent soit prêt à admettre en son lieu et place tel titre quelconque et un titre d’une certaine catégorie.

3° Les billets-promesses rapportent soit des interets comme les obligations, soit une part dans les bénéfices comme les actions, soit au moins un escompte comme les billets. Il y a là un motif pour le propriétaire de ces titres de les conserver, et on se les procure souvent pour faire un placement avantageux de sommes disponibles. Le papier-monnaie, au contraire, ne rapporte pas d intérêts et emprunte précisément à cette circonstance sa rapidité circulatoire.

4° Des billets-promesses ont une échéance fixe ou bien exigent une dénonciation, ou bien n autorisent pas une demande de remboursement, et dans ce dernier cas, si l’on veut en faire de l’argent, doivent être vendus à des prix qui sont variables. La monnaie de papier est à tout moment remboursable, ou du moins elle est reçue par les caisses publiques.

Les billets-promesses qui se rencontrent d’une façon persistante chez un peuple y proviennent en grande partie de provisions de biens meubles, provisions entassées et prêtées au dehors sous forme d’argent ou employées de toute autre façon (1), et dont une partie cependant ne se rencontre plus en la possession des débiteurs consignés dans ces billets-promesses (2).

(1) Ce n’est pas le cas pour les dettes hypothécaires, qui tirent leur origine d’un partage et qui n’ont, par conséquent, pas été précédées d’une avance. .

(2) Des titres de créance portant intérêt, bien que formulés au porteur, ne sont cependant pas facilement utilisés comme argent, et sont, ainsi que les marchandises, échangés contre de l’argent, ne fût- ce qu’à cause de la bonification compliquée d’intérêts dont il faut tenir compte à chaque transmission ; que si, par suite de 1 ordre

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