‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 170 sur 305 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

1° Le remboursement de la monnaie de papier exig une réserve monétaire disponible, et une monnaie d papier remboursable est infiniment préférable à u papier non convertible à volonté, car chez ce der nier existe : a) le danger qu’une quantité immo deree en soit émise. L’expérience enseigne qu’on : trop souvent cédé à pareille tentation (1), et cett faute n’a jamais manqué d’entraîner des conséquences perturbatrices pour le commerce. Des dispo sitions extérieures pour obvier à de tels procédé n offrent pas de garantie suffisante, h) Même avei 1 intention sérieuse de ne pas émettre plus de monnaie de papier qu’il ne peut s’en maintenir à soi prix intégral, l’excès est cependant difficilemen évité quand toute la monnaie a passé à l’étrangei et quand, par conséquent, le signe récognitif le pim sûr et le plus évident, à savoir : le pair avec lf monnaie, ne subsiste plus. Le rapport de prix di papier contre des métaux monétaires bruts ne peu, pas toujours être reconnu (2), et quant au prix dd papier contre d’autres marchandises, il ne permel pas toujours de distinguer si la cause d’un change-* ment tient au papier même ou à telle marchandise en particulier, c) Quand la monnaie de papier commence une fois à baisser, soit par suite de sa surabondance, soit à cause de l’affaiblissement du crédit, c’est-à-dire quand les prix de toutes les

(1) Le gouvernement prussien, en n’augmentant passes bons du Trésor pendant la malheureuse guerre de 1806 et 1807, a donné cependant ainsi un exemple de modération qui lui fait honneur. î

, (1 2) A- l’époque où la Banque d’Angleterre était dispensee. de l’obligation du remboursement, il s’écoulait des mois entiers, . quelquefois même une année ou deux où 1 on ne pouvait parler d’aucun prix de l’or, parce que ce métal n’était pas demandé. La liste contenue dans l’ouvrage de Tooke ( Thoughts , I, lxv) ne fait mention, pendant les années 1806-1809, d’aucun prix de l’or brut.

marchandises montent à la fois, il devient difficile, là où toute la circulation est alimentée avec du papier, de mettre un terme à ce changement dans les prix et aux maux qui en résultent (1). Le retour même à la circulation monétaire est de nouveau lie à de sensibles inconvénients, et en effet, quand le prix de la monnaie de papier remonte à cause du remboursement qui s’opère de rechef, on observe

(1) La proposition de Ricardo, à savoir : « Que l’argent a rencontré son état le plus parfait quand il se compose exclusivement de papier, mais d’un papier égal en prix à la quantité monétaire qu’il annonce, » a soulevé les vives contradictions d’auteurs, tels que Ganilh et Sismondi, qui ont évoqué le souvenir des canons en papier des Chinois, rendant, aussi bien que la monnaie de papier, des services excellents jusqu’à l’heure du péril. Cependant, immédiatement avant cette proposition, Ricardo lui-même observe que cette faculté d’émission illimitée de monnaie de papier avait constamment tourné en abus, et qu’il n’existe pas de meilleur frein ni de meilleure mesure de surveillance que l’obligation du remboursement. — Chitti, l’auteur des crises financières et de la réforme du système monétaire (Bruxelles, 1839), propose de fabriquer une monnaie de papier qui ne soit pas. remboursable contre de l’argent métallique, mais qui soit ellemême mesureur de prix et moyen d’échange, et à la réception de laquelle les citoyens seraient contraints par cette circonstance qu’elle seule serait en circulation à côté de la menue monnaie, et qu’elle ne serait strictement émise que dans une certaine mesure. Au gouvernement le soin de lui conserver un prix uniforme, contre les métaux monétaires, en achetant ou en portant sur le marché, pour la revente, de l’or et de l’argent, aussitôt qu’une variation se manifeste dans un sens ou dans l’autre. Il résulte de cette analyse que l’argent de papier, imaginé par Chitti, s’appuie, non pas sur la monnaie, mais bien sur les métaux. Palhauf, lui aussi, dans son écrit allemand, intitulé : U Art de faire de V argent avec rien , ne demande comme unique espèce d’argent qu’un Volhsgeld (argent populaire) de papier, non remboursable.

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